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Nos Lecteurs ont la Parole

Les obsèques de la passion

Il est temps de susurrer les amers adieux aux oreilles cachetées des cieux sans nuages ni brumes ni orages… Adieu aux dates révolues où ces mots signifiaient bien quelque chose et retenaient tous les sens des méandres poétiques, et révérences aux « Chute et nausée » qui, de nouvelles littéraires, devinrent des nouvelles ressenties à chaque instant, chaque lever du jour, chaque soupir des vesprées chaudes et chaque graine de saletés partagées dans l’air des deltas non mathématiques.

Une amertume inégalable vit le jour, empêchant même à ma dextre alarmée l’écriture d’une silhouette de texte sur ce qui aurait été un jour… la beauté.

Évoquer la beauté sous les lampes éteintes – allumées au dernier moment, faisant naître sous le tissu protecteur de mes lèvres un semblant de rire spasmodique – était un acte de résistance qui se fracassa à l’ancre des navires de l’encre de mon stylo subordonné. Celui-ci, offusqué et horripilé, prit le fatal risque de décrire la salle à rangée triple, chaude comme géhenne, surveillée de deux femmes robotisées. Il ne put se plier ni supplier une seconde chance à l’imagination oublieuse ; il décrivit tout en s’armant du courage d’un samurai à la pointe d’accomplir le seppuku, et si température fut plus indulgente, il n’aurait jamais abandonné le papier de biffures plein trente minutes à l’avance. Puisque les louanges du beau ne peuvent pas être faites sous les « scotches architecturaux » en deçà des tables écrasantes de douleur. Les comparaisons rationnelles ne se font pas quand on est à deux doigts « d’être » un tableau de Schiele, de devenir « une charogne » d’un mur morcelé sur des respirations occises sous les éléments de constructions de la froidure polaire.

S’en défaire de tout ce poids, en plus de celui des grèves hivernales insensées, menées indûment, brouillant maîtres oppresseurs et chétifs apprentis, pour venir un jour après une bataille de longue haleine éclatée devant les stations pétrolières, écrire une dissertation sur la beauté! La beauté de quelle sottise?

La beauté des yeux cernés ? des anathèmes politiques ? Ou bien des paroles fortuites sur l’escalier universitaire me criant « Fuis ! » ? La beauté des promesses avortées au port des morts ? La beauté de graver les échelons de l’aliénation pour ne garder de l’humain que l’inhumain duquel on eût arraché et la flamme, et le schème derrière les carcéraux systèmes ?

La menace de quelques chiffres retient toutefois la main prisonnière, et les mirages d’un autre monde rend l’élan immonde et le ramène aux rives redoutées des dualismes que l’on se met à disséquer, dans une indifférence vampirique, sous la tête hâtivement gribouillée sur le mur d’un buste christique.

Et l’on signe enfin, meurtris d’apprentissage à cause de nos poches arachnéennes, en rêvant à un semblant de survivance… à une ombre de quête menée par les épées du vide vers les purs azurs.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Il est temps de susurrer les amers adieux aux oreilles cachetées des cieux sans nuages ni brumes ni orages… Adieu aux dates révolues où ces mots signifiaient bien quelque chose et retenaient tous les sens des méandres poétiques, et révérences aux « Chute et nausée » qui, de nouvelles littéraires, devinrent des nouvelles ressenties à chaque instant, chaque lever du jour,...

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