La double explosion meurtrière au port de Beyrouth, le 4 août 2020, a engendré des dégâts de près de 300 millions de dollars, selon les estimations de la Banque mondiale. Photo Anwar Amro/AFP.
Depuis la double explosion meurtrière du port de Beyrouth le 4 août dernier, les propositions de reconstruction, incluant de nouveaux aménagements, pleuvent, qu’elles proviennent des Français, des Allemands, des Russes ou des Libanais. C’est d’ailleurs un projet national porté par le président du syndicat des entrepreneurs de travaux publics, Maroun Hélou, et le président sortant de l’opérateur du terminal conteneur de Tripoli, Antoine E. Amatoury, qui a été approuvé la semaine passée par la direction du port. Une information relayée dans la presse et que L’Orient-Le Jour a pu confirmer hier via une source proche du dossier.
Toutefois, il faut encore que le ministre sortant des Travaux publics et des Transports, Michel Najjar, donne son accord, ce qui ne risque pas d’arriver. Il a en effet indiqué dans la presse que cette responsabilité requiert un gouvernement de plein pouvoir. Or, les négociations pour la formation d’un nouveau cabinet sont toujours dans l’impasse, onze mois après la démission du gouvernement de Hassane Diab dans le sillage de la double explosion.
Les auteurs de ce plan envisagent de reconstruire le port durant une période de trois ans en sollicitant des entrepreneurs locaux plutôt que des compagnies étrangères et en finançant les travaux à partir des revenus du port générés pendant la période indiquée. Le but affiché est de ne pas contracter de dettes supplémentaires, alors que le Liban a fait défaut en mars 2020 sur sa dette libellée en devises, le volume de sa dette étant insoutenable. Elle s’est établie à 96,8 milliards de dollars à fin février, selon les derniers chiffres disponibles.
Les détails du plan n’ont pas encore été dévoilés, mais ses auteurs avaient affirmé en avril dernier avoir projeté l’avenir du port sur 25 ans, pour une enveloppe de 30 milliards de dollars. Le plan envisage de limiter les travaux dans un premier temps à une zone de 800 000 m² sur les 1,2 million que compte la zone portuaire. Le reste de la superficie pourra être utilisé à d’autres fins lucratives.
Le port de Beyrouth a connu une baisse de revenus de 6,2 % à fin mars en glissement annuel, et la double explosion a engendré des dégâts de près de 300 millions de dollars, selon les estimations de la Banque mondiale.


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"Les auteurs de ce plan envisagent de reconstruire le port durant une période de trois ans en sollicitant des entrepreneurs locaux plutôt que des compagnies étrangères et en finançant les travaux à partir des revenus du port générés pendant la période indiquée". Espérons que ce projet sera validé plutôt qu'une vente aux chinois comme le Pirée ou Hambantoura au Sri Lanka.
07 h 17, le 13 juillet 2021