La Banque centrale européenne présidée par Christine Lagarde a ouvert un nouveau chapitre de son histoire hier avec la refonte de plusieurs axes stratégiques, fruit d’une révision en profondeur qui l’occupait depuis début 2020.
Quelles sont les mesures nouvelles qui ont vocation à s’appliquer ?
Contrainte par son mandat unique qui est de garantir « la stabilité des prix » en zone euro, la BCE traduisait cela depuis dix-huit ans par la recherche d’un taux d’inflation « inférieur, mais proche de 2 % » en zone euro, niveau censé favoriser l’investissement et l’emploi. La BCE visera désormais une inflation de « 2 % » sur le moyen terme, ce qui se lit de façon symétrique : des écarts positifs ou négatifs par rapport à l’objectif sont jugés « indésirables » dès qu’ils s’inscrivent dans la durée.
Les taux directeurs, confirmés en tant que « principal instrument de politique monétaire » de la BCE, pourraient poser un défi à la politique monétaire à conduire dès lors qu’ils parviennent à un niveau « plancher ». Ils sont actuellement à des niveaux historiquement bas. Cela signifie qu’une nouvelle baisse des taux pour stimuler l’économie n’aurait pas d’effet positif sur les prix. Pour contourner cet obstacle, la BCE pourra mener une « politique monétaire particulièrement vigoureuse », usant d’autres leviers à sa disposition : communication sur son action future de politique monétaire (« forward guidance »), achats d’actifs massifs de dette publique et privée sur les marchés et opérations de refinancement bon marché à l’adresse des banques, comme elle le fait du reste depuis 10 ans pour conjurer la période de basse inflation.
Poussée régulièrement par des ONG et autres représentants de la société civile à participer à la lutte contre le changement climatique, la BCE va « verdir » ses décisions de politique monétaire. Les modèles macroéconomiques utilisés pour les prévisions de la BCE vont incorporer les effets du changement climatique pour les économies et sa base de données sur le sujet va être musclée.
Calibrée pour rassurer les acteurs de marché, truffée de jargon et parfois pimentée de querelles entre clans opposés, la communication des gardiens de l’euro « sera revue pour refléter la nouvelle stratégie de politique monétaire ». De nouveaux formats de communication, plus ramassés et illustrés, seront diffusés en visant le grand public, et ce « pour veiller à ce qu’il puisse comprendre les activités de la BCE et ait confiance en elle ».
Contrainte par son mandat unique qui est de garantir « la stabilité des prix » en zone euro, la BCE traduisait cela depuis dix-huit ans par la recherche d’un taux d’inflation « inférieur, mais proche de 2 % » en zone euro, niveau censé favoriser l’investissement et l’emploi. La BCE visera désormais une inflation de « 2 % » sur le moyen terme, ce qui se lit de façon symétrique : des écarts positifs ou négatifs par rapport à l’objectif sont jugés...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine