Le patriarche Raï reçu hier par le président Aoun au palais de Baabda. Photo Dalati et Nohra
Le patriarche maronite, Béchara Raï, a appelé hier le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à « hâter, le plus vite possible, la formation du gouvernement avec le président de la République ». Il s’exprimait à l’issue d’un entretien avec le président Michel Aoun à Baabda, qui avait pour but d’informer ce dernier de la teneur des discussions qui ont eu lieu à Rome avec le pape François dans le cadre de la journée de prière pour le Liban organisée le 1er juillet au Vatican. « Je voulais lui dire que le discours du pape François constitue, pour les chefs des Églises, une feuille de route que nous œuvrerons à concrétiser », a déclaré M. Raï. Ce jour-là, le souverain pontife avait adressé un message d’espoir aux Libanais, les suppliant de ne pas se décourager, tout en enjoignant les dirigeants politiques à œuvrer pour trouver des solutions à l’effondrement actuel.
Interrogé par les journalistes sur ce qu’il dirait à Saad Hariri, Mgr Raï a répondu : « Je lui dirai de hâter, le plus vite possible, la formation du gouvernement avec le président de la République, dans le respect de l’esprit de la Constitution, car avec chaque jour de retard, le navire sombre de plus en plus, et nous nous retrouvons victimes de cette impasse. Ces propos, je les lui ai dits il y a un moment, et je les répète aujourd’hui. »
Le patriarche a dans ce contexte rappelé que lui-même, « ainsi que la classe au pouvoir, appelons à un gouvernement d’experts non partisans », conformément à la feuille de route française, restée lettre morte jusque-là. « Toute solution passe par la formation d’un gouvernement », a-t-il insisté. « Nous en sommes arrivés là, aujourd’hui, à cause de l’absence d’un gouvernement. Cela endommage l’économie, le commerce, le tourisme (...), et le pays se meurt. »
Dans ses propos, Mgr Raï semble avoir adopté un ton plus conciliant envers le président Aoun, après l’avoir accusé il y a quelques jours de « violer la Constitution, à l’instar de tous les autres dirigeants ». Interrogé sur ce point par les journalistes, le prélat maronite a tenté de minimiser la portée de ses critiques. « Les journaux semblent s’être focalisés sur l’expression “Il (le président Aoun) viole la Constitution” », a-t-il regretté. « J’avais dit que tout le monde violait la Constitution. Mais personne n’est concerné par le pays plus que le président de la République », s’est défendu Mgr Raï.
Enfin, le patriarche maronite a semblé donner du crédit à la thèse selon laquelle le Liban serait victime d’un plan international qui le viserait. « J’ai évoqué lors de mon homélie dominicale, avant mon départ pour Rome, un tel plan, en indiquant qu’il semblerait qu’il vise le Liban. Je ne serai pas étonné de voir qu’un tel plan existe » pour porter atteinte au Liban, a-t-il affirmé, en réponse aux journalistes.


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Par pitie que Rai ne se mele pas de politique. Il va tout foirer!
02 h 52, le 08 juillet 2021