Des centaines de femmes ont manifesté hier dans le nord-est de la Syrie sous contrôle kurde pour dénoncer les « crimes d’honneur » et les violences dont elles sont victimes, après les meurtres de deux adolescentes tuées par des proches à quelques jours d’intervalle. Brandissant les drapeaux d’une association féministe kurde, certaines manifestantes défilant dans les rues de la ville de Hassaké avaient revêtu des tee-shirts sur lesquels était écrit « Non à la violence ». Les participantes se sont notamment rassemblées devant le domicile d’une adolescente de 16 ans, tuée la veille par son père, selon des témoignages locaux. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, la victime a été étranglée par son père qui la gardait enfermée après qu’elle avait été violée il y a plus d’un an. « Nous condamnons ces actes commis au nom des traditions ou de la religion, ou pour “laver la honte” », a fustigé Evin Bacho, militante de l’association féministe Kongra Star. « Le meurtre est un crime de non-honneur », « Arrêtez de tuer les femmes », pouvait-on lire sur certaines pancartes. La semaine dernière, le meurtre d’une autre adolescente par ses proches, rapporté dans les médias, avait provoqué l’émoi. Le mot-dièse arabe « la fille de Hassaké » a été très repris sur les réseaux sociaux. Des vidéos présentées comme montrant son exécution par balle ont circulé en ligne. L’Observatoire a confirmé l’assassinat, mené par plusieurs hommes armés appartenant à la tribu de la jeune fille après qu’elle a tenté de s’enfuir avec un partenaire.
Moyen-Orient - Violence
Des centaines de Syriennes manifestent après des « crimes d’honneur »
OLJ / le 07 juillet 2021 à 00h00


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