Le chef du groupe parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, à Charqiyé (Liban-Sud), le 28 juin 2021. Photo ANI
Alors même que la formation du gouvernement semble toujours au point mort, le chef du groupe parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a réitéré hier son appel aux responsables politiques à « faire des concessions pour former un gouvernement, qui est la porte d’entrée aux élections législatives ». En plein effondrement, le Liban attend un cabinet depuis plus de dix mois.
« Le Hezbollah, la résistance et son peuple sont désireux d’accélérer la formation d’un gouvernement qui restaure l’État, son système économique et bancaire et sa capacité à faire face aux défis », a-t-il affirmé au cours d’une cérémonie de commémoration d’un tragique accident de voiture la semaine dernière à Charqiyé (Liban-Sud). Une femme et ses quatre filles y avaient perdu la vie, leur véhicule en ayant percuté un autre alors que la famille faisait le tour des stations-service à la recherche d’essence.
Le député a critiqué « ceux qui continuent de se disputer alors que les files d’attente s’allongent devant les stations-service, les hôpitaux, les pharmacies », en référence aux responsables politiques. « Personne ne s’attend, au Liban, à ce que soit formé un gouvernement angélique. Quelle que soit la forme que prendra le prochain cabinet, il ne pourra pas faire de miracles », a estimé M. Raad, dont le groupe fait partie de la majorité parlementaire. « Alors, pourquoi vous disputez-vous ? Pourquoi ne faites-vous pas de concessions ? » a-t-il demandé. « Qu’ils arrêtent de mentir aux Libanais quand ils disent que le retard dans la formation du cabinet est dû à la question de la nomination de deux ministres », a encore lancé le député.
Le chef de l’État Michel Aoun – dont le camp est allié au Hezbollah – et le Premier ministre désigné Saad Hariri, empêtrés dans des rivalités politiques et personnelles depuis des mois, se disputent sur la forme du cabinet et la nomination des ministres chrétiens. Appelé à jouer un rôle de médiateur par Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre et gendre du président, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah l’a poliment remis à sa place vendredi et rappelé certaines lignes rouges à ne pas franchir dans le cadre de leur alliance politique.
« Nous vous appelons tous à faire des concessions afin de permettre la mise en place du cabinet qui est la porte d’entrée aux élections législatives », a encore lancé Mohammad Raad, dénonçant ceux qui veulent ouvrir « dès maintenant la bataille pour les élections législatives qui auront lieu dans environ dix mois ». L’année prochaine, en 2022, doivent se tenir des élections présidentielle, législatives et municipales au Liban.
De son côté, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora a déclaré au journal al-Joumhouria que « l’État libanais aujourd’hui est pris en otage par le Hezbollah ». « Le parti se cache derrière le président de la République pour ne pas former de gouvernement », a affirmé hier M. Siniora, l’un des faucons du courant du Futur. « Sa préoccupation est de maintenir le Liban en souffrance, comme au Yémen et en Irak, et de l’utiliser pour renforcer le pouvoir de négociation de l’Iran face aux États-Unis » dans le dossier du nucléaire, a-t-il dénoncé.


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Voyons comme si votre idiot utile pouvait vraiment empêcher la naissance d’un gouvernement si vous le vouliez bien. De qui se moque t’on?
16 h 50, le 29 juin 2021