Le Groupe d’action financière (GAFI) a annoncé hier avoir placé Haïti, Malte, les Philippines et le Soudan du Sud sur la liste « grise » des pays soumis à une surveillance accrue, à l’issue de son assemblée plénière. Le GAFI a par ailleurs retiré le Ghana de cette liste « grise » des pays qui ne font pas assez contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme ou la prolifération des armes de destruction massive, selon un communiqué de cet organisme intergouvernemental qui regroupe 37 États, la Commission européenne et le Conseil de coopération du Golfe. « Lorsque le GAFI place une juridiction sous surveillance accrue, cela signifie que le pays s’est engagé à résoudre rapidement les manquements stratégiques identifiés dans des délais impartis et peut se voir imposer des contrôles supplémentaires », explique le communiqué.
Malte avait fait l’objet d’une évaluation en 2019 dont le rapport final avait souligné « un grand nombre de problèmes importants » dans ce pays membre de l’Union européenne, a indiqué le président du GAFI Marcus Pleyer lors d’une conférence de presse. Depuis, « Malte a fait des progrès significatifs dans un certain nombre de domaines, mais de graves problèmes persistent » sur des affaires de blanchiment d’argent, a-t-il détaillé.
Concernant le Pakistan, qui est sur la liste grise, le GAFI a relevé des progrès sur 26 des 27 sujets du plan d’action adopté par ce pays, mais non sur celui concernant « les enquêtes, et la poursuite devant les tribunaux des dirigeants et commandants de groupes considérés comme terroristes par l’ONU ». Le GAFI à l’inverse a félicité le Ghana qui « avait été placé sur liste grise en 2018 et a fait beaucoup d’efforts pour améliorer ses contrôles », selon Marcus Pleyer. Il a loué les efforts du pays africain en matière de supervision bancaire, ainsi que la fourniture d’informations « rapides et exactes » sur les bénéficiaires effectifs des sociétés.
Par ailleurs, le GAFI a estimé que l’île Maurice et le Botswana avaient tous deux « largement achevé leurs plans d’action au niveau technique » et devraient bientôt recevoir des équipes du GAFI qui vérifieront « le plus tôt possible » sur le terrain les progrès accomplis. M. Pleyer a dit espérer pouvoir publier les résultats de ces investigations en octobre.
Au total, 22 pays se trouvent désormais soumis à une surveillance renforcée, contre 19 lors de la précédente mise à jour de la liste en février. La liste noire des pays à « risque élevé » reste la même, comprenant l’Iran et la Corée du Nord.


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