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Économie - Monnaie

Le taux de change pour les transferts humanitaires a été relevé en mai

Le taux de change pour les transferts humanitaires a été relevé en mai

Des petits réfugiés syriens, dans un camp en bordure de Beyrouth. Photo d\'archives AFP

Les conditions de déboursement de l’aide humanitaire en espèces distribuée via la plateforme LOUISE se sont temporairement améliorées. Le taux de change préférentiel proposé par la Banque du Liban (BDL) aux agences de l’ONU et plusieurs ONG utilisant cet outil centralisé de distribution de l’aide « en cash » est passé à 12 000 livres pour un dollar en mai, contre 6 240 livres depuis février.

Cette révision des conditions de décaissement a permis « de tirer pleinement parti de la valeur des contributions des donateurs », estime le Programme alimentaire mondial (PAM) dans un rapport sur son activité au Liban le mois dernier, publié dimanche. En chute libre depuis le début de la crise il y a près de deux ans, la monnaie locale a connu une forte période de volatilité ces derniers mois, passant de près de 9 000 livres le billet vert début février à plus de 12 300 livres début mai, avant de dépasser, en juin, la barre des 15 000 livres.

Les agences de l’ONU – le PAM, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et le Fonds pour l’enfance (Unicef) – sont les principales organisations à utiliser la plateforme LOUISE. Leurs aides financières, mensuelles ou ponctuelles, bénéficient aujourd’hui à plus d’un million d’individus, dont majoritairement des réfugiés syriens mais aussi des Libanais et des réfugiés palestiniens.

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La part des contributions en dollars prélevées par le système bancaire au moment de la conversion – soit la différence entre le taux du marché parallèle et le taux de décaissement des aides –, au détriment des programmes d’assistance, pourrait toutefois repartir à la hausse en juin, alors que l’écart entre le nouveau taux préférentiel et celui du marché noir s’est creusé.

Si le PAM assure dans son rapport que le taux sera désormais « réévalué tous les 15 jours », il ne précise pas selon quel mécanisme et aucun nouveau taux n’a, pour le moment, été annoncé. « Les agences de l’ONU ne négocient pas directement avec la BDL mais avec le fournisseur de services financiers de LOUISE – la Banque Libano-Française – qui ensuite s’adresse à la Banque centrale », explique un acteur du secteur, qui préfère rester anonyme. « Au final, c’est la BDL qui décide », ajoute-t-il.

Les écarts de taux de change ont occasionné des pertes colossales de 200 millions de dollars en 2019 et 2020 pour les programmes des agences de l’ONU mis en œuvre via LOUISE, d’après des calculs publiés par la Fondation Thomson Reuters à la mi-avril. Ces pertes ont également déjà atteint 40 millions de dollars au cours des quatre premiers mois de l’année, sur un budget annuel moyen d’environ 400 millions de dollars.

Les agences de l’ONU mais aussi les ONG sont, en conséquence, de plus en plus frileuses à l’idée de continuer à octroyer de l’assistance en livres libanaises. Pionnière des trois agences, l’Unicef en particulier a considérablement réduit la voilure de ses programmes dispensés via LOUISE. « Seuls 5 000 enfants ciblés par l’Unicef continuent de recevoir ces transferts », explique Sarah Hague, directrice des politiques sociales de l’Unicef au Liban. L’agence distribue ainsi désormais la majeure partie de son aide en espèces en devise. « Le coordinateur résident de l’ONU au Liban a donné son feu vert pour un essai de notre nouveau programme “Haddi”, dans le cadre duquel les familles de plus de 50 000 enfants recevront à partir du 28 juin une aide mensuelle directe en dollars, via une société de transfert d’argent. »


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