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Économie - Dans la presse

Au Liban, l’aide internationale amputée par les conversions en banque

Au Liban, l’aide internationale amputée par les conversions en banque

Le quartier de Gemmayzé, un mois après l’explosion du 4 août dernier le dévastant. Photo d’archives AFP

Au moins 250 millions de dollars en aide financière humanitaire à l’intention d’un million de réfugiés et de quelque 105 000 Libanais dans une situation de précarité auraient été absorbés par le secteur bancaire, selon une enquête menée par l’agence de presse Thomson Reuters Foundation. Un chiffre que l’on retrouve, selon l’article, dans un document interne des Nations unies et confirmé par de multiples sources.

Dans cet article publié hier, le journaliste Timour Azhari affirme que les bénéficiaires de l’aide versée par des agences onusiennes, comme le Programme alimentaire mondial (WFP) ou l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) ont reçu leurs versements en livres libanaises, à un taux de conversion fortement inférieur à celui du marché parallèle. Résultat :

une ponction pouvant aller jusqu’à plus de 50 % de la valeur de l’aide originelle destinée aux bénéficiaires.

À titre d’exemple, un porte-parole de l’Unrwa, agence de l’ONU dédiée principalement aux réfugiés palestiniens, estime la perte à environ sept millions de dollars depuis octobre 2020 en raison du choix du taux de change appliqué, soit entre le tiers et la moitié de l’aide qu’elle a distribuée durant cette période. De surcroît, les banques ne verseraient que quelque 100 000 livres libanaises (soit autour de 6,5 dollars au taux de change actuel, tournant autour des 15 000 livres le dollar sur le marché parallèle) aux bénéficiaires de l’allocation de 27 dollars versée par le WFP chaque mois.

Plus globalement, en 2019 et 2020, la somme captée par les banques équivaut à 200 millions de dollars. Et depuis le début de l’année 2021, ce chiffre s’élève à 40 millions de dollars.

Quant aux bailleurs de fonds, qui disent avoir conscience du problème, ils réfléchiraient à distribuer l’aide en devises, malgré les réticences de l’État libanais. « Nous sommes plus que prêts à investir et à aider les gens, mais nous avons besoin de savoir que nos partenaires sont crédibles et que l’argent de nos contribuables ne finira pas dans leurs poches », a déclaré un diplomate à Reuters, sous couvert d’anonymat.

La Banque Libano-Française, par laquelle transitent les quelque 400 millions de dollars du programme louise de l’ONU à l’intention des réfugiés syriens, n’a pas souhaité commenter l’affaire, invoquant des clauses de confidentialité avec les bailleurs de fonds. L’Association des banques libanaises (ABL) a, quant à elle, affirmé à Reuters qu’il revient aux donateurs et à la Banque du Liban de négocier le taux de change.

Ce n’est pas la première fois que la question des modalités de distribution de l’aide étrangère fait débat au Liban. Mi-mars, le Parlement avait approuvé un prêt de 246 millions de dollars de la Banque mondiale (BM) afin de financer la mise en place d’un filet de sécurité sociale. Un contentieux autour du taux de change adopté dans la distribution de l’aide avait alors éclaté. Les députés avaient ainsi annoncé que les paiements se feraient en livres libanaises au taux de 6 240 livres pour un dollar, alors que le taux de change sur le marché parallèle s’élevait à 8 000 livres pour le billet vert à l’époque.

Saroj Kumar Jha, directeur régional pour le Moyen-Orient de la BM, avait alors exprimé son souhait de voir l’aide versée en devises plutôt qu’en livres libanaises, invoquant la dépréciation rapide de la monnaie nationale.

Près de 50 % de la population libanaise vit sous le seuil de pauvreté, selon la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale. L’UNHCR affirme, elle, que neuf réfugiés syriens sur dix vivent en situation d’extrême pauvreté.


Au moins 250 millions de dollars en aide financière humanitaire à l’intention d’un million de réfugiés et de quelque 105 000 Libanais dans une situation de précarité auraient été absorbés par le secteur bancaire, selon une enquête menée par l’agence de presse Thomson Reuters Foundation. Un chiffre que l’on retrouve, selon l’article, dans un document interne des Nations...

commentaires (3)

sincerenent je pense que ces programmes d aide de l ONU pour les refugies Syriens.. ces aides profitent seulement aux syriens qui s enrichissent plus que les libanais et a la fin ils te diront pourquoi partir en Syrie alors qu ici au Liban on recoit toute cet argent cash et sans effort physique

Aly Fattah

05 h 17, le 19 juin 2021

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Commentaires (3)

  • sincerenent je pense que ces programmes d aide de l ONU pour les refugies Syriens.. ces aides profitent seulement aux syriens qui s enrichissent plus que les libanais et a la fin ils te diront pourquoi partir en Syrie alors qu ici au Liban on recoit toute cet argent cash et sans effort physique

    Aly Fattah

    05 h 17, le 19 juin 2021

  • chers lecteurs je vous prie de prendre note d'une verite que beaucoup ignorent : les agences int'l et autres ONG ont tres souvent parmi elles des crapules qui profitent largement de leurs aides financieres, en association avec les autochtones OF COURSE, toujours prets a s'associer a eux . et donc dans notre cas ces gens la auraient assure leurs direction que passer par les banques et LA CHOSE A FAIRE.... la suite mr Azhari l'a explique.

    gaby sioufi

    10 h 57, le 18 juin 2021

  • JE NE COMPREND PAS POURQUOI ON NE PEUT PAS DONNER AUX BENEFICIARES DE L'ARGENT CASH DANS LA DEVISE RECUE MOINS UNE COMMISSION BANCAIRE RAISONNABLE. LES BANQUES SONT MAINTENANT ENCORE ENTRAIN DE VOLER LEURS CLIENTS EN FAISANT DES PROFITS ENORMES SUR LEURS DOS. LA VERITE LE VOL DU PEUPLE EST DEVENU UNE PASSION DES DIRIGEANTS QUI NE COMPRENNENT PAS QUE UN JOUR CE PEUPLE POURRAIT PRENDRE SON SORT ENTRE SES MAINS ET DEVENIR IMPOSSIBLE A RETENIR

    LA VERITE

    01 h 30, le 18 juin 2021

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