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Politique - Communautés

Raï appelle les autorités à sortir de la politique des axes

« Il est temps pour l’État de réviser ses options, les développements en cours ayant montré qu’elles ne sont pas dans l’intérêt du pays, de son indépendance, de sa stabilité et de sa prospérité », souligne le patriarche maronite.

Raï appelle les autorités à sortir de la politique des axes

Le patriarche Raï a encouragé la population à se mobiliser dans le cadre d’un front d’opposition pacifique si la situation ne change pas. Photo ANI

Le patriarche maronite Béchara Raï a une nouvelle fois critiqué sévèrement la classe dirigeante, l’accusant de mener une « politique de la population brûlée », et dénonçant en des termes très durs son irresponsabilité et son adhésion à la politique des axes imposée par le Hezbollah, mais sans nommer ce dernier.

« Aux responsables qui bloquent la formation du gouvernement et le redressement de l’État, nous disons : nous avons connu la politique de la terre brûlée, mais aujourd’hui, nous sommes témoins de la politique de la population brûlée », a dénoncé le chef de l’Église maronite au cours d’une homélie incendiaire hier à Bkerké.

« Le monde entier nous attend pour pouvoir nous tendre la main et nous aider à redresser le pays, alors que vous, vous êtes plongés dans un jeu démoniaque fait d’égoïsme, d’erreurs, de mauvaises gouvernance et appréciation, de partage de parts, de préservation d’acquis et d’actions qui vont à l’encontre des aspirations du peuple », a déploré Mgr Raï.

Incisif, il a sans ambages tancé les dirigeants au pouvoir dans ce qui semble être une remontrance adressée principalement au président Michel Aoun, mais peut-être aussi au Premier ministre désigné Saad Hariri : « Il ne suffit pas de reconnaître votre impuissance et de mettre en avant vos prérogatives limitées pour justifier le surplace (dans la formation du gouvernement) en laissant les crises et les drames s’exacerber et l’effondrement du pays s’accélérer. Ce pays n’est pas une propriété privée pour que vous vous permettiez de le mettre en faillite et de le détruire », a-t-il martelé, allant jusqu’à les accuser implicitement de trahison. « Je me demande si vous n’avez pas été chargés de détruire notre pays », a lancé le patriarche en se demandant « comment expliquer sinon cet immobilisme alors qu’un règlement est possible ».

Dans la foulée, Mgr Raï a stigmatisé l’implication du Liban dans une politique des axes qui lui a valu un isolement mortel ainsi que son alignement sur celle que suit le Hezbollah, mais sans citer ce dernier. Ainsi, après avoir appelé l’État à se « mobiliser pour demander aux pays frères et amis d’aider le Liban le plus tôt possible, car le peuple ne peut plus supporter davantage d’humiliation », le chef de l’Église maronite a estimé que « cela suppose cependant que l’État soit celui du Liban et du peuple libanais, un État souverain détenant un pouvoir de décision libre et indépendant ». « Il est temps pour l’État de sortir du jeu des axes régionaux et de réviser ses options, dans la mesure où les développements en cours ont montré qu’elles ne sont pas dans l’intérêt du pays, de son indépendance, de sa stabilité et de sa prospérité », a fulminé le patriarche en insistant sur le fait que « cette politique des axes à laquelle le Liban a adhéré a détruit ses relations arabes et internationales ». Poursuivant sur sa lancée, il a affirmé : « Ce groupe politique a porté un coup à la réputation internationale du pays dont le nom, à un moment donné, était synonyme de créativité et de prospérité. »

Appel au soulèvement

Pour lui, « les solution restent possibles en dépit de la gravité de la crise ». « Sauf que certains empêchent la concrétisation de ces solutions, tout comme ils empêchent la formation d’un gouvernement. Quelqu’un veut cadenasser le pays et garder les clés pour lui. Ce pari est cependant erroné, car le Liban ne plie pas (…) et possède en dépit de l’effondrement un potentiel de sauvetage qui a cependant besoin d’un commandement sage, courageux et patriotique », a encore dit Mgr Raï qui a pratiquement appelé la population à se soulever de nouveau. « Si ce commandement n’est pas disponible, il est du devoir du peuple de s’organiser dans le cadre d’un mouvement pacifique d’opposition pour opérer le changement requis et restituer au Liban son identité, ainsi que sa neutralité active, ses amitiés et sa place au sein de la communauté internationale. »

Le chef de l’Église maronite a ensuite demandé au gouvernement d’expédition des affaires courantes d’« assumer ses obligations constitutionnelles en assurant à la population les denrées de première nécessité qui ont disparu du marché, en perquisitionnant les entrepôts, en démantelant les réseaux de contrebande et en contrôlant les voies de passage illégales aux frontières ».

Le patriarche maronite Béchara Raï a une nouvelle fois critiqué sévèrement la classe dirigeante, l’accusant de mener une « politique de la population brûlée », et dénonçant en des termes très durs son irresponsabilité et son adhésion à la politique des axes imposée par le Hezbollah, mais sans nommer ce dernier.« Aux responsables qui bloquent la formation du gouvernement et le redressement de l’État, nous disons : nous avons connu la politique de la terre brûlée, mais aujourd’hui, nous sommes témoins de la politique de la population brûlée », a dénoncé le chef de l’Église maronite au cours d’une homélie incendiaire hier à Bkerké.« Le monde entier nous attend pour pouvoir nous tendre la main et nous aider à redresser le pays, alors que vous, vous êtes plongés dans un...
commentaires (4)

Suite de mon commentaire interrompu : le Général de Gaulle raconte que pendant la seconde guerre mondiale, au cours d'une discussion avec Winston Churchill, ce dernier lui a dit "quand je serai obligé de choisir entre l'Europe et le grand large, sachez-le, je choisirai toujours le grand large". Quant à notre pays, s'il devait choisir entre les axes de l'Hinterland et leurs intrigues qui n'ont rien donné de bon pour le Liban d'un côté, et le large de l'autre côté, il choisirait le large.

Annie

19 h 51, le 14 juin 2021

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Commentaires (4)

  • Suite de mon commentaire interrompu : le Général de Gaulle raconte que pendant la seconde guerre mondiale, au cours d'une discussion avec Winston Churchill, ce dernier lui a dit "quand je serai obligé de choisir entre l'Europe et le grand large, sachez-le, je choisirai toujours le grand large". Quant à notre pays, s'il devait choisir entre les axes de l'Hinterland et leurs intrigues qui n'ont rien donné de bon pour le Liban d'un côté, et le large de l'autre côté, il choisirait le large.

    Annie

    19 h 51, le 14 juin 2021

  • Depuis l'indépendance en 1943, le Liban fut amené à conclure des traités, des ententes, des accords, avec les pays de l'Orient compliqué. Les résultats ont toujours été contraires aux attentes de notre patrie et aux espérances. Nous n'avons aucune intérêt à conclure des traités avec les axes régionaux. Le Liban est un pays souverain, démocratique, et laïc. A titre d'exemple, le General de Gaulle raconte que pendant la seconde guerre mondiale, Winston Churchill aurait dit au Général de Gaulle

    Annie

    19 h 44, le 14 juin 2021

  • Il n'y a qu'un seul axe, qui a détruit le pays.

    Esber

    16 h 35, le 14 juin 2021

  • Censurée sans avoir offensé qui que ce soit

    Sissi zayyat

    12 h 44, le 14 juin 2021

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