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Moyen-Orient - Israël

Des appels à « vivre ensemble » après les violences dans la ville judéo-arabe de Lod

Début mai, la tension est montée dans cette cité populaire, dans la foulée des heurts à Jérusalem et du début du conflit avec le Hamas à Gaza.

Des appels à « vivre ensemble » après les violences dans la ville judéo-arabe de Lod

Une voiture calcinée à Lod, le 23 mai 2021, après les heurts entre Arabes et juifs. Gil Cohen-Magen/AFP

À Lod, ville « mixte » du centre d’Israël qui a été le théâtre de violents affrontements communautaires ces dernières semaines, des habitants juifs et arabes tentent de rétablir le dialogue, même si pour certains « rien ne sera plus comme avant ».

Des habitants bouleversés par ces violences ont mis sur pied le groupe WhatsApp « Pashut Dai » (« Ça suffit » en hébreu), qui rassemble une centaine de personnes, arabes et juives, dont Pnina Rintsler, une dramaturge qui a fondé un théâtre dans cette ville située près de Tel-Aviv. « Nous sommes tous tristes après ce qu’il s’est passé », confie Pnina, longs cheveux bruns et bouclés. « Mais il faut qu’on se parle pour ne plus avoir peur les uns des autres », poursuit cette femme juive de 42 ans.

Début mai, dans cette cité populaire de 80 000 habitants, la tension est montée entre jeunes Arabes et des groupes de juifs dans la foulée de heurts opposant police israélienne et Palestiniens à Jérusalem, et au début du conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

Fusillades, voitures en flammes, commerces saccagés, synagogues incendiées : un Arabe et un juif sont morts à Lod. Et les violences ont gagné d’autres villes judéo-arabes du pays comme Acre ou Ramle, pourtant souvent portées en étendard de la cohabitation.

« Voisins »

« Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse en arriver là », se désole Ikram Mansour, 48 ans. « On a grandi ensemble, Arabes et juifs, on vit dans les mêmes immeubles », raconte cette mère de famille arabe qui a rejoint le groupe WhatsApp dans l’espoir de raviver la flamme de la coexistence.

Les Arabes israéliens, qui représentent environ 20 % de la population israélienne et environ un tiers de celle de Lod, sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d’Israël en 1948. Des observateurs ont attribué le récent accès de violence à un élan de solidarité de cette communauté avec les Palestiniens de Gaza et de Jérusalem-Est, territoire occupé et annexé par Israël depuis 1967.

« Il y a toujours eu des tensions entre les communautés dans les villes mixtes », relève Amnon Be’eri-Sulitzeanu, codirecteur d’Abraham Initiatives, une association basée à Lod qui œuvre au rapprochement entre juifs et Arabes israéliens. « Mais sans entraver jusque-là les relations plutôt cordiales entre voisins, explique-t-il. Cette fois, c’est monté d’un cran. »

Selon Thabet Abou Rass, un Arabe israélien qui codirige l’association, des facteurs endogènes ont accru ces tensions, notamment l’implantation ces dernières années de groupes de juifs nationalistes, accusés par les Arabes de Lod de chercher à « judaïser » la ville.

Dans la foulée des évènements qui ont embrasé les villes mixtes, l’organisation a lancé une campagne nationale prônant le « vivre-ensemble ». Des photos montrant des juifs et des Arabes complices dans la vie de tous les jours sont diffusées dans la presse écrite et dans des spots vidéo sur les réseaux sociaux et à la télévision. Mais pour faire progresser l’égalité entre juifs et Arabes qui se disent fréquemment victimes de discrimination, une campagne d’affichage ne suffit pas, insiste M. Abou Rass. « Il faut mettre en place des politiques publiques plus inclusives », qui prennent davantage en compte la minorité arabe, dit-il.

Rétablir la confiance

À Lod, le calme est revenu, mais la plaie reste ouverte et des signes des violences sont encore tangibles, comme les traces d’incendie sur les trottoirs du quartier de Ramat Eshkol. « On a traversé une période difficile, mais c’est tranquille maintenant », confie Adil Nofal, 17 ans. Le lycéen arabe, qui vit dans un immeuble jauni, typique de ce quartier défavorisé, dit aimer « la ville, ses gens et sa mixité ».

« Mes voisins juifs sont comme des frères », lance-t-il. Mais pour Tsour, un passant juif d’une cinquantaine d’années, « rien ne sera plus comme avant ». « Avant, j’achetais des pitas dans les boulangeries arabes et je mangeais très souvent dans leurs restaurants, mais là, je n’en ai plus envie, quelque chose est cassé », dit-il.

Pour Pnina, qui a animé cette semaine un groupe de parole des membres du groupe Whatsapp, « ça ne sert à rien de s’accuser mutuellement et de chercher à savoir qui a commencé ». « Il faut voir comment on avance », dit-elle, ajoutant songer à monter une pièce réunissant juifs et Arabes. « Mais si on ne se parle pas, on n’ira nulle part (...) c’est le seul moyen de rétablir la confiance. »

Alexandra VARDI/AFP

Trois Palestiniens tués dans des échanges de tirs avec les forces israéliennes à Jénine
Trois Palestiniens ont été tués tôt hier en Cisjordanie occupée lors d’échanges de tirs avec les forces israéliennes qui menaient une opération pour arrêter des personnes recherchées dans la ville de Jénine, un des fiefs historiques de la contestation palestinienne. Les forces spéciales israéliennes menaient une opération à Jénine pour traquer deux Palestiniens soupçonnés d’avoir déjà tiré sur des soldats israéliens, quand l’un des deux suspects a ouvert le feu en direction des forces israéliennes. Les forces israéliennes ont répliqué aux tirs en tuant l’un des deux hommes et blessant l’autre grièvement, selon une source sécuritaire israélienne. Puis des officiers palestiniens postés dans un commissariat local situé à proximité ont tiré en direction des forces israéliennes, qui ont « répliqué » en tuant deux d’entre eux, selon la même source.

À Lod, ville « mixte » du centre d’Israël qui a été le théâtre de violents affrontements communautaires ces dernières semaines, des habitants juifs et arabes tentent de rétablir le dialogue, même si pour certains « rien ne sera plus comme avant ».Des habitants bouleversés par ces violences ont mis sur pied le groupe WhatsApp « Pashut Dai »...

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Pauvres Palestiniens ils ne savent pas à qui ils ont à faire , Israel est devenu la premiere puissance du moyen orient

Eleni Caridopoulou

21 h 57, le 11 juin 2021

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Commentaires (1)

  • Pauvres Palestiniens ils ne savent pas à qui ils ont à faire , Israel est devenu la premiere puissance du moyen orient

    Eleni Caridopoulou

    21 h 57, le 11 juin 2021

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