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Économie - Carburant

Georges Brax propose un plan de réduction des subventions sur l’essence

Cela fait des mois que les relations entre la filière et la BDL se compliquent au gré des difficultés liées au processus de déblocage des subventions devant financer le carburant importé.

Georges Brax propose un plan de réduction des subventions sur l’essence

Les files d’attente aux stations-service n’ont eu de cesse de s’agrandir cette semaine. Photo Mohammad Yassine

Chaque jour qui passe voit s’allonger les files d’attente de véhicules devant les rares stations-service qui ont encore de l’essence en stock et qui se font de plus en plus rares depuis quelques semaines.

Une situation liée aux retards désormais récurrents de la Banque du Liban (BDL) dans le déblocage des crédits devant régler les commandes des importateurs de carburant (essence, diesel ou mazout, gaz domestique). Le processus qui s’inscrit dans le cadre du mécanisme de subvention de facto dont ils bénéficient depuis le début de la crise que traverse le pays.

À travers le mécanisme, la BDL vend à ces importateurs 90 % des devises nécessaires pour régler leurs commandes auprès de leurs fournisseurs sur la base du taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar, à charge pour les acteurs de la filière de fournir eux-mêmes les 10 % restants, un dispositif censé limiter l’impact de la dépréciation de la livre (14 700 livres pour un dollar hier) sur les prix du carburant.

Constatant la baisse sévère des réserves de devises de la Banque centrale qui servaient jusqu’à présent à financer ce mécanisme, la BDL et les autorités ont annoncé à plusieurs reprises la nécessité de le rationaliser, sans qu’un calendrier clair n’ait encore été établi. Un créneau sur lequel s’est positionné hier le porte-parole des propriétaires de stations-service du pays, Georges Brax, en proposant de lever progressivement ce mécanisme d’ici au début de l’automne avec certains aménagements.

Plan à court terme

Le syndicaliste mise sur ce plan à court terme qui s’étend sur quatre mois au cours desquels il appelle l’État à réduire de 22 points de pourcentage par mois la proportion des factures de carburant couvertes par le mécanisme de subvention, soit un total de 88 % d’ici à la fin de la période retenue. En pratique, si ce plan est appliqué à partir de début juillet, cela voudrait dire que la BDL ne couvrirait plus que 68 % des factures publiées sur ce mois, 46 % en août, 24 % en septembre et 2 % en octobre. Les prix évolueront alors à la hausse en suivant globalement ce rythme, sauf si la chute du taux dollar/livre s’accélère pendant cette période, ce qui est très probable vu que les importateurs devront se tourner vers le marché intérieur pour se fournir en dollars « frais ». Georges Brax demande en outre à ce que les autorités mettent en place dès le deuxième mois une carte d’approvisionnement sur le modèle de celle évoquée depuis près d’un an par le gouvernement en coopération avec la Banque mondiale. Le dispositif devra d’abord être voté par le Parlement avant d’être mis en œuvre sur le terrain. Il consiste à distribuer un certain montant par mois en devises à une majorité de familles libanaises. La distribution de cette carte doit justement permettre de limiter l’impact de la hausse des prix de l’essence liée à la baisse des subventions sur le pouvoir d’achat des ménages tout en injectant quelques dollars sur le marché.

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Le porte-parole du syndicat appelle en parallèle à ce que la BDL ne tarde plus à ouvrir des lignes de crédit demandées par les importateurs de carburant dans le cadre du mécanisme de subvention existant pour limiter les problèmes d’approvisionnement des stations-service, ainsi que la panique des automobilistes. Il appelle de plus les ministères de l’Énergie, de l’Économie, et les forces de sécurité à redoubler d’efforts pour appréhender les contrebandiers qui font transiter une partie importante du carburant importé au Liban vers la Syrie, pays en conflit sanctionné par les États-Unis et où le prix de l’essence est sensiblement plus élevé qu’au Liban. Des contrebandiers qui sont, selon lui, déjà « très connus », ce qu’ont confirmé à L’Orient-Le Jour ces derniers mois deux sources proches du dossier, sans pour autant donner de détails permettant de les identifier.

L’ensemble du plan proposé par Georges Brax devrait coûter, en tout et sur les quatre mois, 750 millions de dollars en subventions pour le carburant, de l’argent qui sera « au moins » compensé « en entier » par les expatriés et les touristes attendus cet été au Liban en dépit du contexte de crise. « Ceux qui ont dépensé des dizaines de milliards de dollars provenant de l’argent des déposants peuvent bien dépenser quelques millions pour sauver la saison estivale », a-t-il ironisé, sans toutefois fournir plus de détails sur la source de ses données et ses calculs. Les subventions sur le carburant coûtent 225 à 250 millions de dollars par mois selon les différentes estimations, ce qui constitue selon nos calculs une facture totale allant de 900 millions à un milliard de dollars sur 4 mois. En termes de quantités, celles importées grâce aux subventions sont à 10 % constituées de gaz, le reste étant à peu près réparti équitablement entre essence et diesel.

Réponse de la BDL

Georges Brax a conclu son propos en pointant du doigt l’inertie du gouvernement et en lui suggérant de faire en sorte que les financements des mécanismes de subventions soient assurés et activés sans retard, tant qu’ils seront maintenus. Il a ajouté que sans ces nouveaux stocks à décharger des navires, « les quantités de carburant disponibles sur le territoire libanais sont limitées et ne tiendront pas longtemps ». Un constat confirmé par des sources au sein de plusieurs sociétés importatrices de carburant, qui ont rapporté qu’au moins un des dix acteurs en place dans le pays, Total, attendait que la BDL leur envoie son préaccord pour payer des chargements déjà arrivés au Liban et avaient quasiment vidés ses réserves stockées dans le pays. « Total a un bateau de 20 000 tonnes qui peut être déchargé dès samedi si ce pré-accord est émis (aujourd’hui) », a précisé une des sources.

Le dernier développement sur ce dossier est tombé – comme souvent ces derniers temps – en fin d’après-midi. Suite à une réunion entre le gouverneur de la BDL et le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, ce dernier a assuré que les importations d’essence, de diesel et de gaz avaient augmenté de « près de 10 % depuis le début de l’année » comparé à la même période en 2019, dernière année où l’activité économique avait un rythme à peu près normal. Le ministre, cité dans un communiqué publié par la banque centrale, n’a toutefois pas délimité avec précision la période prise en compte, ni fourni le total des quantités importées. Il a reconnu cependant que les quantités stockées auprès des sociétés importatrices de pétrole, soit 66 millions de litres d’essence et 109 millions de litres de mazout, ne permettaient d’assurer les besoins du pays que pendant « 10 jours à deux semaines ». La BDL a, elle, assuré qu’elle était « prête à ouvrir des lignes de crédit » du moment que l’argent déboursé n’était pas ponctionné sur les réserves obligatoires des banques, qui, à 15 milliards de dollars, selon une estimation de Hassane Diab en mars, constitueraient aujourd’hui la quasi-totalité des réserves de devises restantes à la BDL.

Les rédacteurs du communiqué ont enfin spécifiquement reproché à Medco de ne pas avoir déchargé « deux cargaisons de carburant d’une valeur totale de 28 millions de dollars » pour lesquels « la BDL avait donné son accord il y a deux mois. » Contactée, une source au sein de Medco a confirmé avoir bien reçu le « pre-appoval » (pré-accord) pour deux navires d’environ 24 000 tonnes d’essence et de diesel chacun. « Le premier navire a déchargé sa cargaison le 25 mai après 7 jours d’attente. Le second est arrivé il y a 3 jours et Medco attend que la BDL effectue le paiement pour les quantités transportées sur le premier navire et qui ont été déchargées et distribuées le 25 mai, avant d’entamer le déchargement et la distribution aux consommateurs du second navire », a-t-elle exposé évoquant une « confusion entre les pré-accords et les paiements/règlements effectifs » des quantités importées.

Cela fait des mois que les relations entre la filière du carburant et la BDL se compliquent au gré des complications liées au processus de déblocage des subventions devant financer le carburant importé, en particulier car la BDL les accuse de mener des opérations de contrebande vers la Syrie. Des difficultés similaires ont été rapportées par les autres filières bénéficiant des mécanismes de subvention, à l’image des importateurs de denrées alimentaires (qui bénéficient d’un mécanisme de subvention différent sur certains points, qui font état de retards répétitifs « depuis des mois »). Les importateurs de médicaments ont, pour leur part, récemment critiqué une mesure imposée le 7 mai par la banque centrale les obligeant à obtenir les pré-accords, avant même d’effectuer leurs commandes. Une mesure que la BDL semble avoir appliquée aux commandes déjà effectuées. Si rien de concret n’a pour l’instant fuité concernant les subventions sur le blé, le président du syndicat des ouvriers de compagnies pétrolières, Walid Dib, a, lui, considéré hier appeler jeudi à une prise de décision ferme de la part de l’État avant que le secteur « n’appartienne au passé ».


Chaque jour qui passe voit s’allonger les files d’attente de véhicules devant les rares stations-service qui ont encore de l’essence en stock et qui se font de plus en plus rares depuis quelques semaines.
Une situation liée aux retards désormais récurrents de la Banque du Liban (BDL) dans le déblocage des crédits devant régler les commandes des importateurs de carburant (essence,...

commentaires (1)

savez vous que le retard a decharger ces navires citernes coute des MILLIONS DE $ verts ? oui des millions qd on sait que ca devient le standard . y aurait il la magouille entre certains a la BDL les agences maritimes representants ces navires &/ou les importateurs de fuels, essence QUE JE N'EN SERAIS PAS SURPRIS. AU CONTRAIRE CA APAISERAIT MA CONSCIENCE CONVIANCUE QUE C'EST A ROUMIEH QUE `L'ON DOIT IMPERATIVEMENT VOIR DEBARQUE KELLON-Y COMPRIS LEURS FONCTIONNAIRES AU SEIN DE L'ADMINISTRATION PUBLIQUE MAIS AUSSI LES CORRUPTEURS

Gaby SIOUFI

11 h 12, le 11 juin 2021

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Commentaires (1)

  • savez vous que le retard a decharger ces navires citernes coute des MILLIONS DE $ verts ? oui des millions qd on sait que ca devient le standard . y aurait il la magouille entre certains a la BDL les agences maritimes representants ces navires &/ou les importateurs de fuels, essence QUE JE N'EN SERAIS PAS SURPRIS. AU CONTRAIRE CA APAISERAIT MA CONSCIENCE CONVIANCUE QUE C'EST A ROUMIEH QUE `L'ON DOIT IMPERATIVEMENT VOIR DEBARQUE KELLON-Y COMPRIS LEURS FONCTIONNAIRES AU SEIN DE L'ADMINISTRATION PUBLIQUE MAIS AUSSI LES CORRUPTEURS

    Gaby SIOUFI

    11 h 12, le 11 juin 2021

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