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Politique - Décryptage

Une nouvelle initiative de Berry... qui attend le retour au Liban de Hariri

Ce n’est pas par hasard que le président de la Chambre Nabih Berry a parlé d’une possibilité de former un gouvernement au cours des prochaines semaines et, en tout cas, avant la fin du mois de juin.

Selon des sources concordantes qui suivent le dossier gouvernemental, si le Liban ne se dote pas d’un nouveau gouvernement avant le début de l’été, il devra se contenter du cabinet démissionnaire présidé par Hassane Diab jusqu’à l’automne au moins, pour que le paysage régional et international ait le temps de se clarifier après les derniers affrontements entre Israéliens et Palestiniens, les développements dans les relations syro-arabes et les négociations entre la communauté internationale et l’Iran, surtout après l’élection présidentielle dans ce pays.

Mais en automne, il ne sera plus question de former un gouvernement de spécialistes pour mettre en place les réformes structurelles nécessaires. La priorité sera alors de former un gouvernement de transition chargé de préparer les élections municipales, législatives et présidentielle à partir du mois d’avril 2022. Ce gouvernement devrait donc avoir une durée de vie limitée, puisque après les législatives il sera contraint de démissionner. Le scénario de 2005 pourrait alors être repris, c’est-à-dire la formation d’un gouvernement de transition dont les membres ne devraient pas être candidats aux législatives, comme ce fut le cas à l’époque du gouvernement présidé par Nagib Mikati.

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Les milieux proches de Aïn el-Tiné estiment qu’il faudrait tout faire pour éviter un tel scénario. C’est pourquoi Nabih Berry serait prêt à relancer une nouvelle médiation pour rapprocher les points de vue entre le chef de l’État et le président du Conseil désigné. Il a été encouragé en ce sens par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours, mais aussi par le patriarche maronite Béchara Raï et par un climat européen favorable à une reprise des contacts entre les protagonistes.

Pour les milieux proches de Aïn el-Tiné, la possibilité de relancer une médiation entre Michel Aoun et Saad Hariri est confortée par le fait qu’au cours de la semaine précédente, les deux responsables ont compris qu’ils sont condamnés à devoir s’entendre car ni le chef de l’État ne peut pousser le Premier ministre désigné vers la sortie – même si la vacance se prolonge jusqu’à la fin du mandat – ni ce dernier ne peut pousser le premier vers la démission. À cet égard, la lettre présidentielle au Parlement a confirmé cette situation. Bien que les milieux de Baabda affirment qu’en utilisant ce procédé constitutionnel le chef de l’État n’avait en tête que de faire bouger les choses, alors que les milieux proches du Premier ministre désigné y ont vu une tentative de retirer le mandat parlementaire donné à Saad Hariri pour former le gouvernement, la décision des députés, à l’issue de la séance de samedi dernier, a confirmé le partenariat obligatoire entre le président de la République et le président du Conseil désigné dans le processus de formation du gouvernement. Mais cela ne signifie pas pour autant que Saad Hariri peut se contenter de sillonner le monde sans lancer la moindre initiative pour tenter de former le gouvernement. Même le patriarche maronite, qui était plutôt favorable à ses prises de position, l’a pressé dans son homélie de dimanche dernier soit de former le gouvernement, soit de renoncer à cette mission. Ce qui est interprété comme une injonction directe d’agir pour éviter la prolongation de la période de vacance gouvernementale. Pour rappel, le patriarche maronite avait lancé une initiative il y a trois semaines dans laquelle il avait suggéré au président de la République et au Premier ministre désigné de lui remettre, chacun de son côté, une formule de 24 ministres, pour pouvoir trouver par la suite un compromis entre les deux moutures. Michel Aoun s’était exécuté mais pas Saad Hariri. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le cardinal Raï a changé de ton à son égard dans sa dernière homélie.

Aujourd’hui, en accord avec le patriarche, c’est Nabih Berry qui compte prendre le relais. Son idée principale est de partir de l’accord sur un cabinet de 24 membres, basé sur la formule des trois tiers, un tiers au chef de l’État, un tiers au président du Conseil et un tiers au tandem chiite Amal et Hezbollah. Mais cette formule, aussi équitable soit-elle, ne règle pas le problème des 2 ministres chrétiens qui ne font pas partie de la quote-part présidentielle (sept dont celui du Tachnag, plus un druze choisi par Talal Arslane), sachant qu’il reste encore deux ministres chrétiens choisis par Sleiman Frangié, et un troisième par le PSNS. Nabih Berry compte donc proposer au chef de l’État et au Premier ministre désigné de choisir en commun ces ministres sur la base de deux listes que chacun préparerait de son côté. Il s’agit en quelque sorte de la formule du patriarche maronite adaptée aux conditions actuelles. À cet égard, les milieux proches du président de la Chambre estiment qu’il n’y a pas de solution miracle et que si les intentions de part et d’autre sont bonnes, les personnalités acceptées par les deux camps peuvent être facilement trouvées et pourraient s’engager à ne pas présenter leur démission du gouvernement, sous n’importe quelle condition, pour ne pas assurer ainsi indirectement le tiers de blocage à une quelconque partie. Il faut préciser que le tiers de blocage permet de contrôler le sort du gouvernement, car si le tiers plus un des ministres s’en vont, le gouvernement est considéré comme étant démissionnaire...

Toujours selon les milieux proches de Aïn el-Tiné, Nabih Berry aurait sondé les Français et les Égyptiens avant de se préparer à relancer son initiative et il aurait reçu des encouragements pour agir au plus vite. Des messages ont été ensuite envoyés à Saad Hariri pour qu’il écourte son séjour à l’étranger et les proches du Premier ministre désigné assurent qu’il sera à Beyrouth au cours des prochains jours...

Ce n’est pas par hasard que le président de la Chambre Nabih Berry a parlé d’une possibilité de former un gouvernement au cours des prochaines semaines et, en tout cas, avant la fin du mois de juin.
Selon des sources concordantes qui suivent le dossier gouvernemental, si le Liban ne se dote pas d’un nouveau gouvernement avant le début de l’été, il devra se contenter du cabinet démissionnaire présidé par Hassane Diab jusqu’à l’automne au moins, pour que le paysage régional et international ait le temps de se clarifier après les derniers affrontements entre Israéliens et Palestiniens, les développements dans les relations syro-arabes et les négociations entre la communauté internationale et l’Iran, surtout après l’élection présidentielle dans ce pays.
Mais en automne, il ne sera plus question de...
commentaires (2)

Si vous saviez comme on se fout de savoir ce que Ain El Tineh ou la banlieue sud où tous ces gens là pensent ou ne pensent pas vous serez soulagée enfin puisque vous n’aurez plus rien à écrire et nous aussi par la même occasion.

Sissi zayyat

16 h 04, le 28 mai 2021

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Commentaires (2)

  • Si vous saviez comme on se fout de savoir ce que Ain El Tineh ou la banlieue sud où tous ces gens là pensent ou ne pensent pas vous serez soulagée enfin puisque vous n’aurez plus rien à écrire et nous aussi par la même occasion.

    Sissi zayyat

    16 h 04, le 28 mai 2021

  • Tiens ça faisait longtemps que Mme Haddad ne s’était pas adonnée à son sport favori qui est de donner systématiquement raison au président Aoun et d’accabler Saad Hariri et l’accuser de tous les maux du pays.

    Lecteur excédé par la censure

    08 h 19, le 28 mai 2021

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