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Économie - Monnaie

Galop d’essai pour la relance de Sayrafa, les zones d’ombre restent entières

Galop d’essai pour la relance de Sayrafa, les zones d’ombre restent entières

La plateforme de change Sayrafa, avec l’intégration des banques, aurait démarré hier, selon plusieurs sources bancaires, qui la qualifient toutefois de phase de « test technique » ou de « galop d’essai ». Photo João Sousa.

Test pour certaines sources bancaires, galop d’essai pour les autres... La plateforme de change Sayrafa, que les banques doivent en principe intégrer pour in fine limiter l’influence du marché parallèle sur le taux dollar/livre sur fond de crise et d’effondrement de la monnaie nationale, a entamé hier une nouvelle phase, en attendant un lancement généralisé qui tarde à se profiler.

« C’est une phase purement technique, avec un taux de change théorique qui évolue autour de 12 500 livres pour un dollar (soit comme sur le marché parallèle, NDLR) », a confirmé une source bancaire, rappelant qu’aucune véritable transaction n’était pour le moment enregistrée. Une autre évoque un lancement effectif avec une quinzaine de transactions enregistrées sur la journée, mais un engagement encore limité des banques et agents de change qui ont été invités, voire sommés d’y participer.

Le lancement de cette phase survient une grosse semaine après la publication par la Banque du Liban (BDL) de ses nouvelles modalités de fonctionnement (via la circulaire principale n° 157, et les intermédiaires n° 582 et n° 583, toutes passées en revue par le ministère des Finances) et alors que tous les participants se posent encore de nombreuses questions. « Nous avons demandé un certain nombre de précisions à la BDL depuis la mi-avril, période à laquelle des sessions de formation ont été organisées à l’intention de tous les acteurs devant se connecter à la plateforme. Mais nous n’avons toujours pas obtenu de réponse », indique une des sources interrogées. Elle souligne aussi que les agents de change sont « tout aussi perdus » que les banques sur la façon dont le marché va fonctionner. D’aucuns craignent également que la plateforme n’enchaîne pas sur un second faux départ après celui qu’elle a connu dans le sillage de son lancement en juin 2020, lorsqu’elle n’était réservée qu’aux agents de change. Une source financière croit enfin savoir que la seule question qui compte actuellement reste celle de l’approvisionnement du marché en dollars. « Certaines banques, y compris parmi les plus importantes en termes d’actifs et de dépôts, ne veulent pas avoir à vendre leurs propres dollars pour alimenter l’offre sur le marché. Elles attendent donc de savoir si la BDL va accepter de leur en vendre et à quel prix. Les choses sérieuses ne commenceront qu’à partir de ce point-là », anticipe-t-elle.

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Initialement réservée aux agents de change, Sayrafa a connu un cuisant échec lors de son lancement en juin 2020, les agents du marché parallèle – soupçonnés par certains experts de travailler main dans la main avec des institutions agréées pour manipuler le marché – ayant fermement gardé le contrôle des fluctuations du taux dollar/livre. À l’issue d’une nouvelle période de forte volatilité des taux en mars dernier, les autorités et la BDL se sont ensuite entendues pour demander aux banques de réaliser également des opérations de change via Sayrafa, avec l’espoir encore une fois affiché de parvenir à limiter l’influence du marché parallèle. Une mesure dont l’efficacité sera forcément limitée en l’absence d’une réforme profonde des finances du pays, en défaut de paiement partiel depuis plus d’un an.

Le taux dollar/livre sur le marché parallèle évoluait hier près de la barre des 12 600 livres pour un dollar, tandis que la parité officielle de 1 507,5 livres et le taux de 3 900 livres applicables pour les retraits des dollars bloqués en vertu de la circulaire n° 151 demeurent toujours en vigueur.


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