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Politique - Frontière maritime

Cinquième round de pourparlers, ça coince déjà

Les deux parties se seraient quittées sans avoir fixé de nouvelle date de rencontre, selon notre correspondante à Baabda, Hoda Chédid. Mais des médias annoncent une réunion demain.

Cinquième round de pourparlers, ça coince déjà

La délégation libanaise quittant les lieux après la fin de la session de négociations. Photo ANI

Le cinquième round de pourparlers entre le Liban et Israël sur le tracé de leur frontière maritime commune, le premier après cinq mois d’interruption depuis décembre dernier, a duré cinq heures et demie, hier à Naqoura. Tout ce qui a filtré de cette rencontre placée sous l’égide des Nations unies, c’est que le médiateur américain, John Desrocher, « insiste pour que les négociations se limitent à la zone contestée de 860 km2 délimitée par la ligne 23 pour le Liban et la ligne 1 pour Israël ». Le médiateur invite donc le Liban et son voisin du sud « à respecter les lignes qu’ils ont enregistrées auprès des Nations unies » il y a une dizaine d’années. Au cœur de cette zone contestée, la ligne Hof, du nom du diplomate américain Frederic Hof (médiateur entre les deux parties entre 2010 et 2012), attribue au Liban 55 % de cette zone contre 45 % à Israël. Ce sont les informations rapportées hier après-midi au chef de l’État, Michel Aoun, par l’équipe de négociateurs libanais, de retour de Naqoura, selon un bref communiqué de Baabda.

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Le président, de son côté, a insisté pour que « le retour à la table de négociations se fasse sans conditions préalables, mais sur base du droit international ». Cette équipe est formée, rappelons-le, du chef de la délégation, le général Bassam Yassine, chef d’état-major adjoint pour les opérations au sein de l’armée libanaise, du colonel Mazen Basbous, anciennement adjoint du commandant des forces maritimes, de Wissam Chbat, président sortant du conseil d’administration de l’Autorité de l’énergie (LPA, principalement chargée de suivre le dossier des hydrocarbures offshore au Liban), et de Nagib Massihi, expert en droit international et spécialiste du dossier des frontières maritimes.

Sauf que l’armée libanaise espérait un redémarrage des négociations là où les pourparlers avaient été interrompus en décembre. Et ce sur base d’une zone supplémentaire de 1 430 km2 (en plus de la zone disputée) qu’elle estime revenir de droit au Liban, délimitée par la ligne 29 qui part de la pointe de Ras Naqoura. Une revendication technique qui prend sa source dans un rapport publié en 2011 par le United Kingdom Hydrographic Office, mais qui n’a été annoncée par les négociateurs libanais que fin 2020, poussant la partie israélienne à interrompre le processus. « Sur le plan technique, le dossier fait du surplace », observe le chercheur en politiques énergétiques Marc Ayoub. Aucune avancée technique n’a d’ailleurs été constatée dans les derniers jours. « La problématique liée au rocher Takhilit demeure sans réponse. Ce rocher d’une vingtaine de mètres de long revendiqué par Israël sera-t-il ou non pris en considération, ou même partiellement ? » demande Marc Ayoub.

Les contacts se poursuivent avec les Américains

Le Liban et Israël ne sont donc pas d’accord sur l’ampleur de la zone contestée. D’un côté, le président Aoun se réserve le droit de signer le décret amendant officiellement les revendications libanaises de 2011, sans pour autant passer à l’acte. D’un autre, la partie israélienne fait également de la surenchère, revendiquant une nouvelle ligne encore plus au nord, « sans fondement légal », selon les experts libanais. Quant au médiateur américain, il voit d’un mauvais œil les revendications libanaises et rappelle que la ligne Hof avait été acceptée par le président du Parlement, Nabih Berry, lors de sa préparation du dossier.

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Le flou règne donc sur la suite du feuilleton du tracé des frontières maritimes entre le Liban et Israël. Les négociations se poursuivront-elles ou non demain à Naqoura ? Alors que certains médias annoncent la tenue d’une sixième session, demain, notre correspondante à Baabda, Hoda Chédid, affirme que les deux parties se sont quittées sans avoir fixé de nouvelle date de rencontre. La délégation libanaise s’est abstenue, parce qu’elle réclame que la ligne 29 dont elle a présenté les documents soit prise en considération, explique-t-elle. « Il est certain que le commandant en chef de l’armée, Joseph Aoun, refusera de reprendre les pourparlers sur base de la zone des 860 km2 », assure une source informée. La délégation libanaise pourrait cependant proposer un compromis entre les lignes 23 et 29, affirme un proche de cette délégation. Entre-temps, précise Hoda Chédid, les contacts avec le médiateur américain se poursuivent, pour une reprise des négociations sans conditions préalables.


Le cinquième round de pourparlers entre le Liban et Israël sur le tracé de leur frontière maritime commune, le premier après cinq mois d’interruption depuis décembre dernier, a duré cinq heures et demie, hier à Naqoura. Tout ce qui a filtré de cette rencontre placée sous l’égide des Nations unies, c’est que le médiateur américain, John Desrocher, « insiste pour que les...

commentaires (2)

Aussitôt qu’un dossier aussi vieux soit il arrive sur le bureau de ce président on s’attend à un blocage intempestif avec toujours des prétextes aussi louches que le problème en soi sans qu’aucune solution intermédiaire ne soit proposée. Les banques, la poursuite des corrompus, le dossier EDL, la catastrophe du port, la formation du gouvernement et je peux épuiser mon quotas de caractères accordés pour les citer. Ce pays est foutu et nous sommes les premiers à blâmer. Les marchandages pour des buts personnels et mercantiles continuent au vu et au su de tout le monde et personne ne lève le petit doigt pour l’arrêter. On revient au même adage mine aanatarak y’a antar? Les libanais ne figurent nulle part dans toutes ces tractations qui se font pourtant sur leur dos pour encore plus les accabler mais ils se sont mis en mode pause et ont du mal s’en sortir par lassitude et par dégoût. Résultat, plus on attend plus ce fardeau sera écrasant alors du nerf!

Sissi zayyat

12 h 22, le 05 mai 2021

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Commentaires (2)

  • Aussitôt qu’un dossier aussi vieux soit il arrive sur le bureau de ce président on s’attend à un blocage intempestif avec toujours des prétextes aussi louches que le problème en soi sans qu’aucune solution intermédiaire ne soit proposée. Les banques, la poursuite des corrompus, le dossier EDL, la catastrophe du port, la formation du gouvernement et je peux épuiser mon quotas de caractères accordés pour les citer. Ce pays est foutu et nous sommes les premiers à blâmer. Les marchandages pour des buts personnels et mercantiles continuent au vu et au su de tout le monde et personne ne lève le petit doigt pour l’arrêter. On revient au même adage mine aanatarak y’a antar? Les libanais ne figurent nulle part dans toutes ces tractations qui se font pourtant sur leur dos pour encore plus les accabler mais ils se sont mis en mode pause et ont du mal s’en sortir par lassitude et par dégoût. Résultat, plus on attend plus ce fardeau sera écrasant alors du nerf!

    Sissi zayyat

    12 h 22, le 05 mai 2021

  • C'est comme ça que les choses se passent quand tout le monde pense qu'il a un droit de se prononcer sur les objectifs et les résultats des négociations : Le Président, le chef de l'armée, Bassil, un "proche de la délégation", certains politiciens, quelques journaux, dans les talk-shows, et bien d'autres. La délégation arrive à la table de négociation minée.

    Zovighian Michel

    08 h 06, le 05 mai 2021

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