Rechercher
Rechercher

Campus - ENTREPRENEURIAT

Incubée au Liban, une start-up ougandaise veut connecter agriculteurs et acheteurs

Farmiket ambitionne d’étendre son activité d’ici à cinq ans dans toute l’Afrique de l’Est, puis de s’ouvrir à l’ensemble du continent. Et envisage même un bureau à Beyrouth.

Incubée au Liban, une start-up ougandaise veut connecter agriculteurs et acheteurs

Les quatre entrepreneurs veulent faciliter une agro-industrie compétitive grâce au soutien du marché, à l’assurance qualité et à l’ajout de valeur avec des normes et pratiques éthiques. Crédit photo Eclas Studio et Tyson Photography

Lancée officiellement le 12 mars dernier dans le cadre du concours organisé par le Centre de recherche et d’innovation (CRInn) de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), la plate-forme Farmiket est l’une des quatre idées retenues par le Fonds d’entrepreneuriat social soutenu par la Fondation Mastercard. Développée par quatre Ougandais, des chercheurs et anciens du programme de bourses de la Mastercard Foundation Scholars de l’AUB, cette start-up vise à fournir un soutien au marché ougandais en reliant les agriculteurs aux acheteurs.

Bien qu’ayant des formations et des sensibilités différentes, Ronald Mukunde, spécialisé en ingénierie civile, Esther Kumago, formée à l’administration de l’éducation et des politiques éducatives, Gadson Assimwe, expert en ingénierie d’irrigation, et Penelope Suzan Kemanzi, spécialisée dans les médias et la communication, sont complémentaires. Ils partagent les mêmes valeurs et portent la même philosophie, voire la même vision stratégique. Déterminés à faire une différence et à améliorer le monde qui les entoure, ils s’engagent surtout à « redonner à la communauté », comme l’affirme Esther Kumago, PDG et cofondatrice de Farmiket. Les quatre entrepreneurs ont décidé d’unir leurs savoir-faire, connaissances et compétences pour résoudre l’un des problèmes sociaux urgents de leur collectivité en apportant une solution efficace qui contribuerait à créer des marchés équitables pour les agriculteurs locaux afin qu’ils s’engagent dans l’agriculture commerciale, réduisent les niveaux de pauvreté et génèrent des emplois pour la population ougandaise. Leur vision consiste en effet à faciliter une agro-industrie compétitive grâce au soutien du marché, à l’assurance qualité et à l’ajout de valeur avec des normes et pratiques éthiques.

Interrogée sur l’idée de cette initiative, Esther Kumago rappelle que « l’agriculture est l’épine dorsale de l’économie en Ouganda ». Un constat qui a suscité l’intérêt des quatre entrepreneurs pour ce secteur qui est une composante intégrante de l’avenir du pays. « Le concept est venu tout naturellement lorsque nous nous sommes tous rendu compte qu’il existe une faille entre agriculteurs et acheteurs, qu’il était nécessaire de la combler en créant une plate-forme qui permettrait de réduire le gaspillage alimentaire, de gérer les opérations liées à la collecte de la récolte, au transport, au conditionnement et à la livraison rapide des produits », explique-t-elle. L’idée consiste donc à opérer d’abord à petite échelle, en facilitant l’accès aux « petits exploitants agricoles qualifiés » aux points de vente. Ceci en leur garantissant une livraison rapide de leur récolte aux vendeurs et l’accès des acheteurs à des produits de qualité tout en leur permettant d’acheter des fruits et légumes, bio, frais et abordables sur les marchés locaux de leur région.

Bénéficiant d’un accompagnement, de mentorat et de plusieurs missions conseil tout au long de cette aventure entrepreneuriale, les start-upeurs avouent avoir beaucoup appris lors de ce processus, plus particulièrement comment devenir « résilients » et des « créateurs d’emplois et non pas simplement demandeurs d’emplois ». Ils accordent une attention toute particulière à la création d’opportunités ainsi qu’à l’implication des jeunes. Selon Ronald Mukunde, directeur du développement commercial à Farmiket, toute stratégie devrait tenir compte d’une vue d’ensemble pour y inclure le développement durable. « Nous avons par le biais d’un simple code USSD (Unstructured Supplementary Service Data, une fonctionnalité des réseaux téléphoniques mobiles, NDLR) permis aux agriculteurs d’indiquer leur endroit, leur produit, la quantité et le prix de l’unité », ajoute-t-il.

Si Farmiket opère actuellement en Ouganda, l’équipe voit déjà plus loin. Elle ambitionne d’étendre son activité d’ici à cinq ans dans toute l’Afrique de l’Est, puis de s’ouvrir à l’ensemble du continent. Et envisage même d’ouvrir un bureau à Beyrouth. Cependant, elle doit d’abord consolider ses acquis.


Maha Haidar-Makki, directrice du Mastercard Foundation Scholars Program à l’AUB qui mise sur des acteurs doués en mesure d’introduire le changement dans la société. Photo DR

Soutien par le CRInn tout au long du processus

Regroupant au départ 20 idées, le concours organisé par le Centre de recherche et d’innovation de l’AUB s’est achevé avec la sélection de cinq équipes finalistes qui ont dû soutenir leur projet devant un jury, explique Maha Haidar-Makki, directrice du Mastercard Foundation Scholars Program à l’AUB. « Farmiket est l’une des quatre idées retenues ayant bénéficié d’un montant de 17 000 dollars pour se lancer », dit-elle. « Destiné à accompagner les jeunes entrepreneurs et les aider à concrétiser leurs idées novatrices en les transformant en start-up et entreprises, le CRInn soutient les lauréats tout au long du processus en leur prodiguant suivi et mentorat individuel, conseil financier, encadrement par de nombreux professionnels et consultants », ajoute-t-elle, soulignant à l’occasion que le programme de la Fondation Mastercard qui s’appuie sur de vastes partenariats avec des universités de par le monde, notamment en Afrique, Europe, et en Amérique, plaide en faveur d’un leadership éthique et mise sur des professionnels novateurs, des acteurs doués en mesure d’introduire le changement dans la société.




Lancée officiellement le 12 mars dernier dans le cadre du concours organisé par le Centre de recherche et d’innovation (CRInn) de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), la plate-forme Farmiket est l’une des quatre idées retenues par le Fonds d’entrepreneuriat social soutenu par la Fondation Mastercard. Développée par quatre Ougandais, des chercheurs et anciens du programme de...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut