Un an après le début de la crise sanitaire, l’industrie française semble avoir surmonté les perturbations engendrées par l’épidémie de Covid-19, même si des nuages assombrissent toujours l’avenir de certains secteurs. Le moral des chefs d’entreprise a ainsi retrouvé en avril son niveau d’avant la crise, selon l’Insee, s’améliorant dans toutes les principales branches industrielles. En mars, l’activité et l’emploi manufacturier avaient connu leur plus forte croissance depuis plus de 20 ans, selon une autre estimation du cabinet IHS Markit. « Il y a aussi eu en mars un record d’embauches de contrats de plus d’un mois dans l’industrie, ce qui est un signe d’une bonne activité industrielle », souligne Denis Ferrand, directeur général du cabinet Rexecode.
Selon la Banque de France, le taux global d’utilisation des capacités de production était même supérieur en mars à son niveau d’avant-crise, même s’il « reste dégradé » dans l’aéronautique et la métallurgie. Cette santé retrouvée tient à l’adaptation des entreprises industrielles face aux mesures sanitaires, mais aussi à un retour de la demande, notamment internationale, avec la reprise de l’économie en Asie et même aux États-Unis. « L’industrie est dynamique parce que la consommation des ménages a changé de nature. Elle s’est déportée vers plus de produits industriels », comme les biens d’équipement du foyer, puisqu’ils ne pouvaient plus consommer des loisirs ou d’autres services, explique aussi Denis Ferrand. Un phénomène qui sera toutefois, selon lui, « temporaire ».
Mais le directeur général de la Fédération des industries mécaniques (FIM), Philippe Contet, pointe « un sujet de préoccupation majeure sur lequel on ne voit pas le bout du tunnel, c’est la problématique de la disponibilité de matières ». Il évoque ainsi des délais d’approvisionnement de 10 à 16 semaines, voire plus, pour certaines qualités de métaux, entraînant des arrêts ponctuels de production.
Au 30 mars, près de 1,57 milliard de dollars de soutien à l’investissement ont été accordés à plus de 1 200 projets industriels, selon le décompte de Bercy.


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