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Moyen-Orient - Nucléaire

« Panne de courant » suspecte en Iran au lendemain du lancement de nouvelles cascades de centrifugeuses

Première visite du nouveau chef du Pentagone en Israël.

« Panne de courant » suspecte en Iran au lendemain du lancement de nouvelles cascades de centrifugeuses

Hassan Rohani a inauguré samedi la nouvelle usine d’assemblage de centrifugeuses de Natanz, en même temps qu’il donnait l’ordre de mettre en service ou de tester trois nouvelles cascades de centrifugeuses. Photo Reuters

Une « panne de courant », dont les autorités iraniennes ont estimé qu’elle relevait d’un acte de « terrorisme antinucléaire », s’est produite hier dans l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, dans le centre de l’Iran, selon l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA).

L’« accident » – d’abord rapporté par l’agence de presse officielle Fars, citant le porte-parole de l’OIEA Behrouz Kamalvandi – survient au lendemain du lancement, au complexe Chahid-Ahmadi-Rochan de Natanz, l’un des principaux centres du programme nucléaire de la République islamique, de nouvelles cascades de centrifugeuses. Ces dernières sont interdites par l’accord sur le nucléaire iranien de 2015.

« Nous avons eu un accident dans une partie du circuit électrique de l’usine d’enrichissement à Chahid-Ahmadi-Rochan. Il y a une panne de courant (...) mais nous n’en connaissons pas la cause », a déclaré M. Kamalvandi dans un entretien par téléphone à la télévision d’État, laissant entendre que le courant n’avait pas été rétabli à la mi-journée. M. Kamalvandi n’a pas précisé si l’électricité était coupée uniquement dans l’usine d’enrichissement ou dans d’autres installations du centre nucléaire de Natanz. « Heureusement, nous n’avons eu ni morts, ni blessés, ni pollution. Il n’y a pas de problèmes particuliers. L’accident fait l’objet d’une enquête », a-t-il déclaré à la télévision, ajoutant n’avoir « pas plus d’informations pour le moment ».

« Cet incident, survenu (au lendemain) de la Journée nationale de la technologie nucléaire et alors que l’Iran s’efforce de contraindre les Occidentaux à lever les sanctions, est très suspect de sabotage ou d’infiltration », a estimé sur Twitter le député Malek Chariati, porte-parole de la commission parlementaire de l’Énergie.

Cyberopération israélienne ?

« On estime que le défaut dans le circuit électrique de Natanz est le résultat d’une cyberopération israélienne », a twitté de son côté un journaliste de la radiotélévision publique israélienne, Amichai Stein, sans que rien ne permette d’étayer ces propos.

Une accusation confirmée durant la journée par les autorités iraniennes. « La République islamique d’Iran, tout en condamnant cette action futile, souligne la nécessité pour la communauté internationale et l’Agence internationale de l’énergie atomique de faire face à ce terrorisme antinucléaire », a déclaré le chef de l’OIEA, Ali-Akbar Salehi.

Début juillet, une usine d’assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz avait été gravement endommagée par une mystérieuse explosion. Les autorités ont conclu à un « sabotage » d’origine « terroriste », mais n’ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête. L’agence officielle IRNA avait alors mis en garde Israël et les États-Unis contre toute action hostile à l’égard de l’Iran.

Samedi, le président Hassan Rohani a inauguré à distance la nouvelle usine d’assemblage de centrifugeuses de Natanz, en même temps qu’il donnait l’ordre de mettre en service ou de tester trois nouvelles cascades de centrifugeuses. Ces nouvelles centrifugeuses offrent à l’Iran la possibilité d’enrichir plus vite et en plus grande quantité de l’uranium, dans des volumes et à un degré de raffinement interdits par l’accord conclu en 2015 à Vienne entre la République islamique et la communauté internationale.

Les États-Unis ont dénoncé cet accord unilatéralement en 2018, sous la présidence de Donald Trump, rétablissant dans la foulée les sanctions américaines qui avaient été levées en vertu de ce pacte.

Discussions à Vienne

En riposte, l’Iran s’est affranchi, depuis 2019, de la plupart des engagements-clés qu’il avait pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires. Des discussions sont en cours à Vienne entre la République islamique et les autres États parties à l’accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) sur la façon de réintégrer les États-Unis au sein de ce pacte et de ramener l’Iran au respect total de ses engagements.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, et M. Rohani a répété samedi que toutes les activités nucléaires de son pays étaient purement « pacifiques ».

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui voit dans la République islamique une menace existentielle contre son pays, accuse Téhéran de chercher à se doter en secret de l’arme atomique. « Un accord avec l’Iran qui ouvrirait la voie aux armes nucléaires (...) ne serait d’aucune façon contraignant pour nous », a affirmé mercredi M. Netanyahu à propos des discussions de Vienne.

Le Premier ministre israélien est un ennemi de la première heure de l’accord de Vienne, dont il a toujours affirmé qu’il n’offrait pas de garanties de sécurité suffisantes pour Israël, où le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, est arrivé hier pour discuter du dossier nucléaire iranien. Il s’agit de la première visite d’un haut responsable de l’administration du président Joe Biden à l’État hébreu. M. Austin a été accueilli par son homologue israélien Benny Gantz au ministère de la Défense à Tel-Aviv, peu de temps après avoir atterri. « Nous allons travailler de concert avec notre allié américain afin de nous assurer que tout accord avec l’Iran protégera les intérêts vitaux du monde et des États-Unis, en évitant une dangereuse course à l’armement dans notre région, et protégera l’État d’Israël », a affirmé M. Gantz à la fin de leur entretien, selon un communiqué de son bureau. « Téhéran représente aujourd’hui une menace stratégique pour la sécurité internationale, pour le Proche-Orient et pour l’État d’Israël », a-t-il ajouté. Durant son séjour de deux jours, le secrétaire américain doit aussi rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et visiter la base aérienne de Nevatim (Sud).

Source: AFP


Une « panne de courant », dont les autorités iraniennes ont estimé qu’elle relevait d’un acte de « terrorisme antinucléaire », s’est produite hier dans l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, dans le centre de l’Iran, selon l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA).L’« accident » – d’abord rapporté par l’agence...

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