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Société - Justice

Ouverture d’enquêtes sur la torture et la sécurité alimentaire dans les prisons

Ouverture d’enquêtes sur la torture et la sécurité alimentaire dans les prisons

Les détenus de la prison de Roumié mangent-ils à leur faim ? Photo d’archives L’OLJ

Le procureur général près la Cour de cassation libanaise, Ghassan Oueidate, a annoncé hier avoir ordonné l’ouverture de deux enquêtes sur la situation générale dans les prisons du Liban, la première sur la pratique de la torture et l’autre sur la sécurité alimentaire.

Au commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, M. Oueidate a demandé de vérifier les conclusions d’un rapport d’Amnesty International daté du 23 mars sur « l’arrestation et la torture de réfugiés syriens » au Liban dans le cadre « d’investigations sur des affaires de terrorisme », et de les mesurer aux dispositions de la loi n° 65 du 20 octobre 2017 « qui sanctionne la torture et d’autres traitements inhumains », a annoncé le bureau du juge. Ratifiée en 2017, cette loi n’est toujours pas appliquée, accuse Amnesty.

L’ONG dénonce dans un rapport des détentions arbitraires et « des actes de torture » infligés à une vingtaine de réfugiés syriens, actuellement ou anciennement dans les prisons libanaises, dont des mineurs, fustigeant « des traitements cruels et discriminatoires ». Amnesty révèle qu’ils ont « subi des détentions arbitraires, des actes de torture aux mains des forces de sécurité libanaises ainsi que des procès inéquitables », pointant du doigt les centres de détention des Renseignements militaires, de la Sûreté générale et du ministère de la Défense. Certains détenus ont assuré avoir été suspendus par les poignets, d’autres rapportent des « passages à tabac au moyen de barres de fer, de câbles électriques et de tuyaux en plastique ».

« Quatre hommes ont affirmé avoir été battus sur leurs parties sensibles » (génitales), souligne encore le rapport, et quatre détenus ont raconté « s’être évanouis » sous l’effet des coups. « Les détenus ont dit avoir subi certaines des techniques de torture couramment utilisées dans les prisons syriennes », déplore l’ONG.

Selon les investigations conduites par Amnesty International entre juin 2020 et février 2021, ces actes de torture ont notamment été perpétrés par les autorités libanaises pour obtenir des aveux forcés. Dans un cas précis, un ordre de renvoi forcé en Syrie a été émis, en violation du principe de non-refoulement qui en droit international interdit aux États de renvoyer toute personne vers un endroit où elle courrait un risque réel de subir de graves violations des droits humains.

Les repas à la prison de Roumié

Sur un autre plan, le procureur Oueidate a demandé à la direction générale des Forces de sécurité intérieure un rapport « détaillé » sur la sécurité alimentaire à Roumié, la plus grande prison du pays, après des informations parues dans des médias et selon lesquelles les prisonniers « ne mangeaient pas à leur faim ».

Toutefois, selon le responsable d’une organisation d’aide aux détenus qui a requis l’anonymat, ces informations ont été « exagérées dans l’intention de faire pression sur les commissions parlementaires et leur arracher une loi d’amnistie générale ». Aux détenus se plaignant de ne pas recevoir un troisième repas le soir, cette source précise que de tout temps, seuls deux repas, le matin et à midi, sont servis dans la prison. Et de reconnaître l’existence de restrictions budgétaires, induisant que certaines denrées, comme la viande, ont diminué dans les plats. « Mais n’est-ce pas ce qui se passe dans tout le pays ? » ajoute-t-elle. Selon le responsable cité, les prix des denrées de première nécessité en vente dans la « boutique » de la prison (riz, lentilles, cigarettes, etc.) n’ont pas subi d’augmentations. « Au contraire, elles sont vendues meilleur marché qu’au-dehors », assure cette source, qui rappelle qu’en tout état de cause, « les détenus de Roumié vivent dans des conditions difficiles en raison de la surpopulation carcérale et des mauvaises conditions d’hygiène que cela entraîne, de la pandémie de coronavirus et de la tyrannie de certains caïds, qui imposent leur loi à l’intérieur de la prison ».

Toutefois, le communiqué de M. Oueidate précise que le nombre de détenus à la prison de Roumié est à son plus bas niveau depuis des années, en raison des instructions visant à limiter les arrestations aux cas les plus urgents, à accélérer les procédures de remise en liberté et à procéder à des interrogatoires par visioconférences, pour éviter les cas de contamination par le Covid-19.


Le procureur général près la Cour de cassation libanaise, Ghassan Oueidate, a annoncé hier avoir ordonné l’ouverture de deux enquêtes sur la situation générale dans les prisons du Liban, la première sur la pratique de la torture et l’autre sur la sécurité alimentaire.Au commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, M. Oueidate a demandé de vérifier les conclusions...

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