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Lifestyle - Coolitude

Six merveilles architecturales bâties par des femmes

Après les sept merveilles du monde antique, en voici six autres, plus récentes et d’autant plus particulières qu’elles portent l’empreinte d’exceptionnels talents féminins. À célébrer durant ces derniers jours du mois de mars consacré aux femmes.

Six merveilles architecturales bâties par des femmes

Le magnifique château de Chenonceau. Guillaume Souvant/AFP/ Getty Images

Aujourd’hui, le meilleur de l’architecture mondiale se conjugue aussi au féminin. De la regrettée Zaha Hadid, consacrée starchitecte pour ses œuvres impressionnantes bousculant l’ordre établi, à la Française Charlotte Perriand, à l’honneur d’une rétrospective à la Fondation Louis-Vuitton en 2019, en passant par la Japonaise Kazuyo Sejima, lauréate du Pritzker Prize pour sa conception du musée contemporain du XXIe siècle à Kanazawa au Japon, et l’Allemande Anna Heringer, qui a créé de nouveaux styles concentrés sur les matériaux durables. Toutes ces figures portent haut l’art féminin dans l’architecture d’hier et d’aujourd’hui. Une occasion de rappeler que d’autres qui les ont précédées dans ce domaine ont été, dans l’ombre, de véritables bâtisseuses. Dans le cadre du Mois de la femme, le magazine mensuel de la Smithsonian Institution leur consacre d’ailleurs une étude fort intéressante baptisée « Six Wonders Built by Pioneering Women Architects ». On y apprend d’abord que le machisme a joué un grand rôle pour étouffer les talents de ces dames en utilisant moult subterfuges, bien qu’elles aient rompu plus d’une barrière et défié les normes pour faire jaillir leur créativité.

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Par exemple, en 2014, la BBC a diffusé un documentaire en trois parties intitulé The Brits Who Built the Modern World, mettant en vedette des architectes de renom, comme Richard Rogers, Norman Foster, Nicholas Grimshaw, Terry Farrell et Michael Hopkins. Avec une omission de taille, puisque le nom de Patty Hopkins, épouse de Michael Hopkins et cofondatrice de Hopkins Architects, connue pour ses importantes œuvres, parmi lesquelles l’opéra de Glyndebourne dans le Sussex et le Frick Chemistry Laboratory à Princeton University, avait été discrètement supprimé. Lucy Mori, consultante auprès de l’Architect’s Journal, avait ainsi réagi : « Je suis choquée de voir que la contribution des femmes à l’architecture a été encore une fois reniée, et plus particulièrement dans le cadre de ce programme d’histoire populaire. Cette action s’appuie sur un fait qui n’est un secret pour personne : historiquement, l’apport des femmes a été effacé du domaine architectural. » Réparant cette erreur dans son édition de mars, le magazine du Smithsonian braque les projecteurs sur six imposants monuments à travers le temps marqué par les femmes : le château de Chenonceau au bord de la Loire, le siège de l’Unesco à Paris, la villa Benedetti à Rome, le Royal Shakespeare Theatre Stratford-upon-Avon en Angleterre, le Hearst Castle en Californie et l’hôtel La Fayette dans l’État de New York. Arrêt sur trois de ces pionnières.

Le premier escalier droit de Catherine Briçonnet

Le château de Chenonceau, l’un des joyaux des châteaux de la Loire, est l’œuvre d’une femme de l’époque. En 1523, Thomas Bohier, un bourgeois de Tours récemment anobli, acquiert en Touraine ce qui n’était alors qu’un manoir et un moulin délabrés. Dans son ouvrage Women in Architecture from History to Future, Ursula Schwitalla précise que c’est son épouse, Catherine Briçonnet, qui a supervisé le projet de rénovation avec l’ajout d’un pavillon, en l’absence de son mari. Bien qu’elle ait pris en charge l’édifice dans sa totalité, elle est surtout connue pour sa conception d’un escalier intérieur menant au deuxième étage. Il s’agit en effet du premier escalier droit de l’histoire de France, alors que seuls des escaliers en colimaçon étaient utilisés auparavant. Briçonnet était si fière de son travail sur la maison et le pavillon qu’elle avait fait graver au-dessus de la porte de la cour cette inscription : « S’il est construit, on se souviendra de moi. »

Le siège de l’Unesco, inauguré à Paris en 1958, également surnommé l’« étoile à trois branches ». Thomas Samson/ AFP/ Getty Images

Plautilla Bricci, la seule architecte italienne des années 1660

Un siècle plus tard, plus précisément en 1663, une femme, Plautilla Bricci, est chargée de construire la villa Benedetti (également connue sous le nom de villa Vascello) à Rome. Après s’être mise à la peinture, elle délaisse ses pinceaux en annonçant : « À présent, je veux bâtir. » Elle devient la première femme architecte professionnelle en Italie. Bricci a conçu cette villa en forme de bateau baroque avec des murs incurvés, des loggias, des stucs élaborés et un espace intérieur couvert de fresques, dont certaines ont été peintes par elle-même. Bien que sa réputation d’architecte ne soit plus à faire, lorsque son commanditaire publie une description du bâtiment en 1677, il attribuera le travail au frère de Plautilla Bricci, car il était encore impensable à l’époque de reconnaître une femme architecte.

Beverly Loraine Greene, première architecte afro-américaine primée

Née à Chicago en 1915, Beverly Loraine Greene a pavé la voie aux femmes noires architectes. Après avoir achevé sa spécialisation, elle devient la première femme de sa communauté à décrocher une licence en architecture dans l’État de l’Illinois en 1942. Elle grimpe rapidement les échelons et, dès 1945, collabore avec des icônes modernistes comme Marcel Breuer. Tous deux travailleront avec deux autres cabinets d’architecture pour concevoir le siège de l’Unesco en forme de Y à Paris. Le bâtiment, inauguré en 1958 et surnommé l’« étoile à trois branches », est célèbre pour sa méthode de construction révolutionnaire : l’édifice est soutenu par 72 colonnes en béton.


Aujourd’hui, le meilleur de l’architecture mondiale se conjugue aussi au féminin. De la regrettée Zaha Hadid, consacrée starchitecte pour ses œuvres impressionnantes bousculant l’ordre établi, à la Française Charlotte Perriand, à l’honneur d’une rétrospective à la Fondation Louis-Vuitton en 2019, en passant par la Japonaise Kazuyo Sejima, lauréate du Pritzker Prize pour sa...

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