L’Agence nationale d’information (ANI, officielle) a rapporté hier que le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, n’a finalement pas comparu comme il devait le faire devant la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun. Elle devait l’auditionner dans le cadre de poursuites lancées contre lui pour des faits relevant du blanchiment d’argent et du transfert (supposément illégal) de fonds à l’étranger, a rappelé l’agence. L’audience a été ajournée à la semaine prochaine.
En poste depuis 1993 et devenu malgré lui un des symboles de la crise qui ravage le Liban depuis un an et demi, Riad Salamé est visé par plusieurs procédures judiciaires, au Liban comme à l’étranger.
Fin janvier, Ghada Aoun avait notamment lancé des poursuites à son encontre pour « négligence professionnelle et abus de confiance » dans la gestion des dollars subventionnés, ayant entraîné un gaspillage des fonds publics. Les dollars subventionnés désignent ici ceux qui étaient un temps vendus par la BDL aux agents de change agréés au taux de 3 700 livres pour un dollar pour les revendre à 3 900 livres à certaines catégories de clients et de transactions définies en accord avec les autorités. Fin février, le syndicat des agents de change a indiqué que la BDL ne fournissait plus de « dollars subventionnés » à certains bureaux.
Parallèlement, Riad Salamé fait aussi l’objet depuis mi-janvier d’une enquête en Suisse pour « blanchiment d’argent aggravé en lien avec de possibles détournements de fonds au préjudice de la Banque du Liban », selon les termes employés par le ministère public helvète. De son côté, le média Daraj, qui a consacré plusieurs enquêtes visant le gouverneur et ses actifs notamment à l’étranger, a indiqué que sa fortune s’élèverait à « environ 4 milliards de dollars, dont la majorité se retrouve à l’étranger », en citant une « source diplomatique occidentale ». Contactée, la BDL n’a pas souhaité faire de commentaires.
Par ailleurs, dans une autre affaire impliquant Riad Salamé, son avocat Chawki Kazan a fait appel hier de la décision du juge d’instruction du Mont-Liban, Ziad Mkana, de rejeter le recours pour vice de forme présenté par son client dans le cadre de la plainte déposée par le collectif « Mouttahidoun ». Suite à cela, une audience avait été fixée le 7 mai, date qui est pour l’instant maintenue en attendant le résultat de cet appel. Sont aussi impliqués Maya Dabbagh, présidente de la Commission de contrôle des banques (CCB), Michel Mecattaf, propriétaire d’une agence d’importation de dollars et Abdel-Rahman Fayed, un agent de change.
En poste depuis 1993 et devenu malgré lui un des symboles de la crise qui ravage le Liban depuis un an et demi, Riad Salamé est visé par plusieurs procédures judiciaires, au Liban comme à l’étranger.
Fin janvier, Ghada Aoun avait notamment lancé des poursuites à son encontre pour « négligence...


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