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Politique - Formation du gouvernement au Liban

Hariri de Baabda : Il y a aujourd'hui une opportunité qu'il faut saisir

Une nouvelle réunion se tiendra lundi entre le chef de l'Etat et le Premier ministre désigné.

Hariri de Baabda :  Il y a aujourd'hui une opportunité qu'il faut saisir

Le président de la République, Michel Aoun (g), s'entretenant avec le Premier ministre désigné, Saad Hariri, le 18 mars 2021 à Baabda. Photo Twitter/Présidence libanaise

Au lendemain de l'appel lancé par le président Michel Aoun au Premier ministre désigné Saad Hariri pour former "immédiatement" le gouvernement ou "céder sa place", ce dernier s'est rendu au palais de Baabda et s'est entretenu avec le chef de l'Etat pour la 17e fois depuis sa nomination le 22 octobre 2020. Si, à l'issue de l'entretien, le Premier ministre désigné n'a pas annoncé une percée concrète au niveau du dossier gouvernemental, il a tout de même évoqué une "opportunité qu'il faut saisir" et signalé qu'une nouvelle réunion aura lieu avec le président lundi.

"J'ai évoqué avec le président ma vision pour la formation d'un gouvernement composé de 18 ministres experts et j'ai écouté les remarques du chef de l'Etat, a annoncé Saad Hariri à sa sortie du palais présidentiel. Nous nous sommes entendus sur une nouvelle réunion lundi afin de répondre à des questions essentielles pour arriver à la formation d'un cabinet le plus tôt possible". "Le but essentiel de tout gouvernement est de mettre un terme à l'effondrement, a souligné le Premier ministre désigné. Il faut regagner la confiance de la communauté internationale". Selon lui, "la situation économique ne justifie pas la dépréciation actuelle de la livre libanaise. C'est plutôt l'absence d'horizon qui a mené à cela. Ce nouveau gouvernement aura donc pour but de mettre un terme à tout cela et arrêter l'effondrement". Et de conclure : "Les Libanais ont été hier témoins d'échanges acerbes entre le président et moi-même et je suis venu aujourd'hui pour réduire cette tension et calmer le jeu. Je resterai franc avec vous : il y a une opportunité une opportunité qu'il faut saisir et il y a une possibilité que nos discussions aboutissent lundi", a conclu M. Hariri.

Quant à la présidence de la République, elle s'est contentée de brièvement citer dans un tweet le Premier ministre désigné. "Nous nous sommes mis d'accord pour nous réunir à nouveau lundi, et il y aura des réponses quant à la possibilité de former un gouvernement le plus tôt possible", a écrit Baabda en citant Saad Hariri. Selon des sources du palais citées par notre correspondante Hoda Chedid, "aucune mouture complète n'a été proposée pour davantage de discussions lundi, la réunion d'aujourd'hui n'ayant pas permis d'aboutir à des résultats concrets". Selon ces sources, l'atmosphère "n'était pas tendue" entre les deux hommes.

Abbas Ibrahim poursuit sa médiation
Le Premier ministre désigné était arrivé à la réunion avec une enveloppe blanche en main, selon Hoda Chedid, sans que l'on puisse savoir ce qu'elle contenait. Dans un communiqué publié en matinée pour annoncer le rendez-vous de M. Hariri à Baabda, le palais présidentiel avait lancé une pique au Premier ministre désigné. "La présidence de la République compte sur le sens des responsabilités du Premier ministre désigné afin qu'il soit porteur d'une vision pour la formation d'un gouvernement qui respecte les équilibres, le Pacte national, et le critère de spécialisation, en tirant ainsi les leçons des cinq mois écoulés depuis sa désignation", a écrit Baabda.

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En amont de l'entretien Aoun-Hariri, le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, qui mène une médiation pour tenter de rapprocher les vues des protagonistes, s'était rendu aujourd'hui au palais de Baabda, avant de se réunir avec le président du Parlement, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné.

Mercredi soir, dans un discours télévisé adressé aux Libanais, le président Aoun a appelé le Premier ministre désigné à choisir entre deux options : se rendre au palais de Baabda afin de former "immédiatement un gouvernement" en accord avec la présidence ou "céder la place à une autre personne capable" de mener à bien cette mission. Le chef de l'Etat a également accusé M. Hariri d'avoir fait perdre "un temps précieux" aux responsables dans la mise sur pied de la nouvelle équipe, ce qui a "entraîné le pays dans une voie sans issue", alors que le Liban souffre d'une crise multiforme de plus en plus aiguë. Saad Hariri avait immédiatement réagi hier au discours du président Aoun, se disant disposé à s'entretenir avec lui, mais l'appelant toutefois à "prévoir une présidentielle anticipée" si le chef de l'Etat s'avère incapable de signer le décret de formation d'un cabinet de technocrates non-partisans.

Depuis sa désignation, Saad Hariri ne parvient pas à former son cabinet, en raison de désaccords persistants avec le président Aoun sur la forme du futur cabinet, la répartition des portefeuilles et la nomination des ministres. Les deux responsables ferraillent notamment sur la question de l'octroi du tiers de blocage au président et à la formation qu'il a créée, le Courant patriotique libre (CPL). C'est aussi autour du ministère de l’Intérieur que le bras-de-fer se poursuit entre les camps, aucune des deux parties ne souhaitant lâcher ce portefeuille stratégique à l’aune de trois consultations électorales prévues pour 2022 (municipales, législatives et présidentielle). La bataille se focalise également autour du portefeuille de la Justice, dont l’attribution dépend étroitement de celle de l’Intérieur. Jusque là, les différentes initiatives lancées pour tenter de rapprocher les points de vue ont toutes échoué et les deux principaux protagonistes ne se sont plus vus depuis plus d'un mois.

Sauf que la pression monte sur les deux responsables, que ce soit sur le terrain au Liban ou au niveau de la diplomatie occidentale. Au cours de ce mois, les Libanais ont exprimé leur colère quotidiennement dans les rues du pays, face à la dépréciation toujours plus rapide de la monnaie nationale qui avait atteint il y a quelques jours le seuil record de 15.000L.L, mais aussi des annonces concernant la baisse des subventions, l'hyperinflation et l'incurie des dirigeants. Et sur le plan international, le président français Emmanuel Macron a estimé jeudi qu'"il faudra dans les prochaines semaines changer d'approche et de méthodes" sur le Liban.  La veille, une source diplomatique française avait indiqué qu'Européens et Américains doivent accroître les "pressions" sur la classe politique libanaise pour obtenir la formation d'un nouveau gouvernement et cela pourrait in fine aussi passer par des "sanctions". Le président français s'est fortement impliqué, en vain jusqu'à présent, pour tenter de débloquer la crise politique au Liban. L'arrivée d'une nouvelle administration à Washington change un tout petit peu la donne même si les Américains restent très hostiles à tout échange avec le Hezbollah, très puissant sur l'échiquier politique libanais et allié de Michel Aoun.



Au lendemain de l'appel lancé par le président Michel Aoun au Premier ministre désigné Saad Hariri pour former "immédiatement" le gouvernement ou "céder sa place", ce dernier s'est rendu au palais de Baabda et s'est entretenu avec le chef de l'Etat pour la 17e fois depuis sa nomination le 22 octobre 2020. Si, à l'issue de l'entretien, le Premier ministre désigné n'a pas annoncé une...

commentaires (13)

"Hariri de Baabda" en français on dirait "depuis Baabda" cette faute déjà très présente au sein des dépêches de l'agence nationale d'information libanaise et dans l'Orient Le jour malgré une tentative d'amélioration de l'écrit depuis quelques temps...

WEHBE Rouba

13 h 46, le 19 mars 2021

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Commentaires (13)

  • "Hariri de Baabda" en français on dirait "depuis Baabda" cette faute déjà très présente au sein des dépêches de l'agence nationale d'information libanaise et dans l'Orient Le jour malgré une tentative d'amélioration de l'écrit depuis quelques temps...

    WEHBE Rouba

    13 h 46, le 19 mars 2021

  • Des opportunités, comme celle d'aujourd'hui, se présentent à la pelle, déjà le premier ministre le 9 décembre a déclaré ce qui suit: J'ai présenté au président Aoun une mouture d'un cabinet de 18 ministres spécialistes et non partisans. Le président m'a promis d'étudier cette formule, le climat est positif.. on sait ce qu'il est advenu de toutes ces propositions et ces doubles enveloppes blanches qu'il présentait... Quant au gendre le 10 décembre il a déclaré qu'il ne souhaitait pas participer à un gouvernement hariri, autre proposition, même effet dévastateur. Existe t il, au Liban, un pénaliste capable de dénicher un texte de loi qui permette de poursuivre devant la communauté des nations , toute cette classe politique, pour non assistance à peuple en danger.. On serait pret à parier 250 piastres que lundi il y aura une nouvelle pierre d'achoppement quant à la composition du gouvernement à venir.. et dire qu'ils se gaussent de la naïveté des gens qui célèbrent la baisse du dollar à 12000 LL...

    C…

    23 h 03, le 18 mars 2021

  • Il faut arrêter cette comédie, ce soit disant président ne fait que ridiculiser le poste en bloquant tout alors qu’il devrait être celui qui facilite tout, et tout ca pour nous imposer son gendre non personne ne veut même à l’intérieur de son propre parti. Il est temps de reformer l’élection présidentielle; je suis pour que n’importe quel Libanais puisse être candidat quel que soit sa communauté, et que l’élection se fasse au suffrage universel à un tour avec possibilité que les libanais exilés (par la faute de nos politiciens) puisse voter dans les ambassades, au moins on aura un président issu du peuple et non des magouilles de tel ou tel groupe parlementaire. De Gaule a bien fait ça en imposant le Vème République alors que la IVème République ressemblait au spectacle qu’on a chez nous. Merci de publier

    Liban Libre

    21 h 37, le 18 mars 2021

  • LA SEULE OPPORTUNITE DEVRAIT ETRE L,ACCEPTATION PAR LE BEAU-PERE ET SON GENDRE, DETESTE PAR LA MAJORITE DES CHRETIENS ET PAR TOUS LES SUNNITES ET LES DRUZES ET LES LIBRES CHIITES, DE LA FORMATION DU GOUVERNEMENT DE 18 MINISTRES NON PARTISANS PROPOSE PAR LE PREMIER MINISTRE SAAD HARIRI POUVOIR QUE LUI A OCTROYE LE PARLEMENT QUI L,A CHOISI ET LA CONSTITUTION DE TAEF QUE LES AUTRES VEULENT VIOLER ,

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    20 h 58, le 18 mars 2021

  • Prochaine réunion lundi? Bien sûr, le week end, c'est sacré, on n'y touche pas. On se repose et on festoie : caviar et champagne?

    Politiquement incorrect(e)

    20 h 33, le 18 mars 2021

  • Devant l'obstruction exercée à l'encontre de Saad Hariri, Premier Ministre désigné par l'assemblée Nationale, il est normal que ce dernier proclame immédiatement son gouvernement de 18 ministres experts sans tenir compte de qui que ce soit, y compris de qui vous savez. Ce droit lui a été accordé par les accords de Taëf, et il est temps qu'il l'applique envers et contre tous.

    Honneur et Patrie

    18 h 09, le 18 mars 2021

  • il a tout de même évoqué une "opportunité qu'il faut saisir"....bon, super et excellent...analysons de près les opportunités : pour ceux de la chiasse politique: opportunités de s'acheter des propriétés pour des miettes ou même de se les approprier sans même déverser un centime...pour le peuple de cette pauvre patrie, l'opportunité est d'éviter le Covid en mourant de faim...bien sûr les canards boiteux qui déambulent au rythme du hezb auront toujours le plaisir, l'opportunité et le choix de se faire flinguer en syrie, irak ou yemen bien rassasié de miettes et de riz Iranien...un avenir brillant pour nous tous...merci jeddo et sheikh...

    Wlek Sanferlou

    18 h 03, le 18 mars 2021

  • Ils n’ont pas eu le temps de faire le tour du sujet unique qui est de former un gouvernement sans la participation d’aucun parti ou de vendu? Ils nous prennent pour des bœufs. Peut être le sommes-nous puisque nous acceptons de les regarder encore et toujours jouer avec nos vies sans broncher. C’EST DU DÉLIRE.

    Sissi zayyat

    17 h 41, le 18 mars 2021

  • Ils se foutent de la gueule du peuple libanais et du monde entier. Qu’ils nous montrent ce qu’ils sont capables de faire après avoir fait crever les citoyens. Autre que de les mettre à genoux et les laisser mendier la dernière miette de pain comme Lazare ?? Sont-ils réellement capables de relever le pays ? Ceux-là même qui l’ont fait sombrer au plus bas des égouts ??

    Khoury-Haddad Viviane

    17 h 38, le 18 mars 2021

  • Encore une tabkhet bahes.طبخة بحص Rien ne va sortir de ces reunions. Un vrais cirque. Encore une fois le mieux serait que Hariri presente son gouvernement et si Aoun le rejette, il devrait se retirer. Que fera Aoun? Qui va-t-il nommer? d'autant plus que le Hezb lui-meme a besoin de Hariri (allez savoir pourquoi?)....

    IMB a SPO

    17 h 24, le 18 mars 2021

  • En fait hier Aoun a sommé Hariri de se rendre immédiatement à Baabda pour... fixer une nouvelle réunion pour lundi. Et c'est reparti comme en 14 ! Go pour une nouvelle série de réunions, prenez tout votre temps, rien ne presse et tout va très bien. Que pouvons-nous attendre de ces deux pantins ? C'est comme ça qu'ils comptent "regagner la confiance de la communauté internationale" ? La communauté internationale n'est pas si patiente qu'ils ne le croient, elle va tout simplement nous laisser tomber et nous démerder tout seuls.

    Robert Malek

    17 h 18, le 18 mars 2021

  • Malgré les comportements et attitudes immatures/irresponsables de Baabda/CPL à l’égard d’Hariri, il reste digne et calme. Il se met au dessus des attaques personnelles... J’espère qu’il va tenir tête et former une équipe cohérente et capable de mettre en place les réformes demandées par la communauté internationale. C’est la seule issue pour sauver le pays de la misère.

    Alexandre Husson

    17 h 03, le 18 mars 2021

  • On dirait qu 'on est entrain de vivre plus dans un casino que dans un pays. L'arrivée de M .Hariri à Baabda fera baisser le cout du dollar dans les deux prochains jours et lundi si rien ne va plus il s 'envolera de nouveau . Triste pays .

    Antoine Sabbagha

    16 h 57, le 18 mars 2021

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