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Économie - Monnaie

La BDL étudie des pistes pour faire baisser le taux dollar/livre

La BDL étudie des pistes pour faire baisser le taux dollar/livre

Selon le ministre des Finances, Ghazi Wazni, les réserves de la Banque du Liban n’atteignent désormais plus que 16 milliards de dollars, contre 17,5 milliards en août dernier. Photo João Sousa

Le conseil central de la Banque du Liban (BDL) va étudier « dans les prochaines 24 heures » plusieurs projets de solution qui devraient « permettre de faire baisser le taux de change de la livre libanaise », extrêmement volatil ces derniers jours et qui a atteint mardi le taux record de 15 000 livres pour un dollar.

Cette annonce a été faite hier par le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, à l’issue d’une réunion avec le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, sans donner de précision sur la nature de ces propositions. Le gouverneur s’est ensuite entretenu avec le Premier ministre désigné, Saad Hariri, sur « la situation financière et économique » du pays. Aucune des sources contactées n’a pu expliciter de quelles propositions il pourrait s’agir. Toutefois, depuis hier après-midi, la livre s’apprécie, passant de 15 000 livres pour un dollar mardi à près de 13 000 livres hier soir, sans raison apparente et sur fond de manifestations organisées par des citoyens totalement exaspérés par la crise que le pays traverse depuis plus d’un an et demi.

Réserves obligatoires

Le taux de change sur le marché noir est essentiellement déterminé par l’offre et la demande de monnaies, qui dépend de la confiance des agents dans l’une ou l’autre des monnaies en question, comme c’est le cas avec la livre libanaise, mais aussi de la masse monétaire en circulation. Cette dernière a augmenté de 198 % à fin 2020 en glissement annuel pour atteindre 299 242 milliards de livres. Elle a été évaluée à 35 980,786 milliards de livres, selon le dernier rapport de la BDL couvrant la période allant jusqu’au 15 mars.

En octobre, la BDL a essayé de réduire la masse monétaire en circulation à travers la circulaire intermédiaire n° 573, qui modifiait les modalités des mécanismes de subvention de l’achat de dollars mis en place depuis environ un an pour les importateurs de certains produits stratégiques. Une tentative peu fructueuse au final en raison de la résistance des agents économiques – notamment les hôpitaux – à toute restriction sur la circulation des espèces.

Au-delà de la maîtrise du taux de change, la BDL doit également composer avec la fonte de ses réserves en devises, qui lui permettait avant la crise de soutenir le taux dollar/livre et qui lui sert depuis octobre 2019 à financer les mécanismes de subventions mis en place pour certaines importations. Ces réserves comprennent une portion de réserves obligatoires déposées par les banques et qui doivent s’élever à 15 % du total des dépôts en devises de leurs clients. Le gouverneur a annoncé à plusieurs reprises depuis l’été dernier que la BDL n’utiliserait pas ses réserves obligatoires, estimées en août à 17,5 milliards de dollars, pour continuer de financer ses mécanismes de subventions.

Le Premier ministre sortant Hassane Diab a déclaré dans une interview donnée hier au média égyptien Sabah el-Kheir que le montant des réserves obligatoires recalculé en tenant compte de la baisse des dépôts s’élevait désormais à 15 milliards de dollars, ce qui laissait donc selon lui 2 milliards pouvant encore être utilisés par la BDL pour maintenir ses mécanismes de subventions. Des propos en léger décalage avec ceux tenus la veille par son ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, qui a déclaré à Bloomberg que les réserves totales de la BDL n’atteignaient que 16 milliards de dollars, dont uniquement 1 à 1,5 milliard de dollars pouvant être utilisé pour les subventions.

Il reste que les montants dépassant le ratio des réserves obligatoires doivent normalement être restitués aux banques, qui ne semblent pas, selon nos informations hier soir, avoir été informées d’une éventuelle décision concernant leur utilisation par la BDL.


Le conseil central de la Banque du Liban (BDL) va étudier « dans les prochaines 24 heures » plusieurs projets de solution qui devraient « permettre de faire baisser le taux de change de la livre libanaise », extrêmement volatil ces derniers jours et qui a atteint mardi le taux record de 15 000 livres pour un dollar.
Cette annonce a été faite hier par le...

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