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Campus - Doctorants

Face aux crises, le CNRS-L adapte son soutien à la recherche

Le Conseil national de la recherche scientifique du Liban (CNRS-L) a élaboré une nouvelle stratégie visant à soutenir financièrement les doctorants libanais et, par là même, le secteur de la recherche.

Face aux crises, le CNRS-L adapte son soutien à la recherche

Tamara Elzein, directrice du programme des bourses doctorales au CNRS-L. Crédit photo Nabil Ismail

Les multicrises qui secouent le pays n’épargnent pas les acteurs de la recherche. Face aux difficultés financières rencontrées par les Libanais, le Conseil national de la recherche scientifique du Liban (CNRS-L) a initié une série de mesures, afin de soutenir l’appareil scientifique. « Depuis l’explosion du port de Beyrouth, nous avons intensifié nos contacts avec tous les partenaires étrangers pour solliciter leur soutien au domaine scientifique. Nous leur avons expliqué que les universités et le CNRS-L ont été touchés par les crises que traverse le pays, et que tout l’écosystème scientifique libanais risque de s’effondrer, et ce pendant de longues années. Nous n’avons pas été dans la gestion de l’instant uniquement. Nous avons voulu voir loin », confie Tamara Elzein, directrice du programme des bourses doctorales au CNRS-L.

Pour pouvoir maintenir un programme viable, le Conseil national de la recherche scientifique du Liban a ainsi révisé sa stratégie de financement doctoral. Puisqu’il est aujourd’hui « impossible de financer un doctorat avec uniquement une bourse locale », comme le rappelle Tamara Elzein, le CNRS-L appuie désormais et exclusivement les doctorants libanais qui poursuivent des thèses en cotutelle ou en codirection, à travers trois programmes, financés en partie par des institutions étrangères : le programme Safar mené en partenariat avec l’ambassade de France qui accorde 3 bourses par an pour les centres du CNRS-L ; le programme établi par le CNRS-L avec l’Université de Montpellier, à raison de 2 bourses par an et ouvert à toutes les institutions libanaises ; le programme mené avec l’Université du littoral Côte d’Opale, située à Dunkerque, et cela avec 4 bourses par an (également ouvert à toutes les institutions libanaises). Pour ces trois programmes, les études du doctorant sont ainsi financées par l’ambassade ou l’établissement partenaire sur la base des forfaits français, pour les 6 mois de son séjour en France, ainsi que par le CNRS-L qui couvrira son séjour d’études au Liban. Celui-ci prodiguera, pour les 6 mois passés au Liban, un montant de 7,5 millions LL, au lieu des 4,5 millions LL octroyés auparavant, dans une tentative de pallier l’impact de la dépréciation de la livre libanaise sur les cursus des doctorants. « Ce montant, qui peut être considéré comme modeste s’il est calculé en monnaie forte, reste cependant très utile car il est destiné à couvrir les dépenses du doctorant pendant les 6 mois passés au Liban et n’a pas vocation à servir pour le voyage et le séjour à l’étranger qui sont pris en charge par le partenaire », précise Tamara Elzein.

Outre ces trois partenariats et l’augmentation du soutien financier offert aux jeunes thésards, le CNRS-L a reconfiguré sa coopération avec l’Agence universitaire de la francophonie Moyen-Orient (AUF), par un nouveau programme intégré, intitulé « 3R Liban : Recherche. Réponses. Résilience ». « L’explosion du port de Beyrouth a révélé l’effondrement du système économique, monétaire, sanitaire, voire scientifique… Et puisque la recherche ne peut exister sans argent, l’idée du programme 3R est donc de financer des projets de recherche qui proposeraient des solutions en lien avec cet enchaînement de crises, tout en incluant le financement des doctorants impliqués dans les projets, d’où cet aspect intégré, disponible pour la première fois au Liban », souligne Tamara Elzein.

Des projets à impact national, visant la résilience du secteur scientifique

« Le programme 3R vise à soutenir des projets de recherche montés par des équipes libanaises qui souhaitent apporter une réponse à la crise multicouche ou multidimensionnelle que traverse actuellement le pays. L’AUF accorde une grande importance à la recherche scientifique et œuvre à travers son action à apporter un soutien à la résilience de l’appareil scientifique libanais », renchérit Mireille el-Rayess, responsable de projets à l’AUF. Ce qui distingue, par ailleurs, ce programme, c’est l’exigence que les projets de recherche retenus soient innovants et utiles, et qu’ils aient un impact national technologique, économique, social, entre autres, à court ou long terme. Pour ce faire, ils doivent formuler une réponse à la crise multiforme que traverse le Liban, se penchant sur l’un de ses aspects, qu’il soit économique, sanitaire, social, environnemental ou autre.

Ouvert aux établissements membres de l’AUF au Liban et à tous les champs disciplinaires, le nouveau programme soutient ainsi les projets de recherche et couvre les mobilités doctorales en partenariat international, offrant, annuellement, le financement de 5 projets de recherche incluant 5 bourses aux jeunes doctorants libanais. Les chercheurs intéressés par ce programme auront jusqu’au 24 mai pour soumettre leurs projets, sachant que le programme démarrera en septembre 2021.

L’un des objectifs du programme 3R Liban est de « lier la recherche aux vulnérabilités qui existent depuis plusieurs années mais qui ont explosé à l’été 2020. Il ne suffit pas que le projet de recherche nomme les causes, il faut qu’il propose des mécanismes de remédiation », insiste Tamara Elzein.

Ce que visent également le CNRS-L et l’AUF Moyen-Orient, selon Tamara Elzein, c’est le renforcement de la résilience de l’appareil scientifique national : celle des chercheurs qui, faute de moyens financiers, sont incapables de travailler ; celle des universités, en soutenant financièrement la recherche surtout lorsqu’elle tourne autour des préoccupations nationales, participant ainsi au maintien de la durabilité de leur écosystème scientifique ; celle du pays aussi, à travers la recherche sur les défis et l’émission de recommandations qui contribueraient à trouver les réponses adéquates.

La subvention 3R Liban atteint au total 24 000 € et 82 500 000 LL par projet

Le financement prodigué par le programme 3R Liban s’étalera sur une période de trois années consécutives. Le montant total de la subvention accordée par l’AUF atteint pour chaque projet les 24 000 € soit 8 000 € par an. Entre 3 000 à 5 000 euros de ce montant annuel permettent au doctorant d’effectuer 3 à 5 mois de son doctorat à l’étranger, la partie restante lui permettant d’acheter les produits nécessaires pour son travail au laboratoire à son retour au pays (en plus du billet d’avion vers le pays d’accueil étranger). « Lorsqu’un doctorant travaille dans un laboratoire dans l’une des universités au Liban, si le financement ne couvre pas une partie des consommables dont il a besoin, il ne peut pas avancer correctement. Car ici on importe tout en devises fortes de l’étranger », explique Tamara Elzein.

En outre, le montant total de la subvention du CNRS-L s’élève de 82 500 000 LL par projet, soit 27 500 000 LL par an. De ce montant annuel, 7 500 000 LL seront versés, chaque année, comme bourse forfaitaire, directement par le CNRS-L au doctorant pour son séjour au Liban. Le reste de l’enveloppe, à hauteur maximale de 20 000 000 LL par an, financera l’exécution du projet conformément aux dépenses éligibles du CNRS-L. « Le montant de 20 millions de livres libanaises permettra de couvrir les dépenses qui peuvent être payées dans la monnaie nationale, comme la rémunération d’un assistant ou le paiement des frais de terrain », ajoute Tamara Elzein. Le cofinancement par l’établissement bénéficiaire est requis, en parallèle, sous forme de contribution financière pour les établissements publics, ou d’annulation de la perception de droits de scolarité du doctorant pour les universités privées. Un cofinancement doctoral de la part de l’établissement d’accueil étranger est fortement encouragé.

Pour en savoir plus sur le projet 3R Liban ou pour présenter sa candidature :

http ://www.cnrs.edu.lb/english/fellowship-and-awards/scholarships/nouveau-programme--171-3r-liban--recherche-r233ponses-r233silience-187

https ://www.auf.org/moyen-orient/nouvelles/appels-a-candidatures/nouveau-programme-3r-liban-recherche-reponses-resilience/




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