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Moyen-Orient - Reportage

Les Libyens reprennent espoir avec un gouvernement unifié

Mercredi dernier, Abdel Hamid Dbeibah, désigné Premier ministre début février, a obtenu la confiance du Parlement dans le cadre d’un vote qualifié d’« historique ».

Les Libyens reprennent espoir avec un gouvernement unifié

Le Premier ministre libyen Abdel Hamid Dbeibah est accueilli à son arrivée à Tripoli, Libye, le 11 mars 2021. Photo Reuters

« Cette fois semble la bonne » : Salah peut désormais espérer comme tous les Libyens, de Tripoli à Benghazi, épuisés par dix ans de chaos et de divisions, voir son pays réconcilié, après la mise en place d’un gouvernement unifié.

« Je suis très optimiste ! », lance dans un grand sourire ce commerçant quadragénaire, barbe légère argentée et cal sur le front, déambulant dans un centre commercial de Tripoli. « Nous avons besoin d’unité, nous sommes tous des frères, il ne faudrait plus que l’on soit divisés. » Comme beaucoup de ses compatriotes, Salah a suivi à la télévision la séance ayant permis au gouvernement de transition de Abdelhamid Dbeibah d’obtenir mercredi la confiance du Parlement. Ce vote a été salué comme « historique », pour un cabinet né d’un processus politique parrainé par l’ONU, après l’échec de nombreuses tentatives de règlement ces dernières années. Le gouvernement doit contribuer à sortir le pays d’une décennie de chaos en unifiant ses institutions et en le menant jusqu’à des élections fin décembre. Le gouvernement doit prêter serment lundi. Février 2011, dans l’élan des printemps arabes et grâce à l’appui de l’OTAN, les Libyens ont eu raison en quelques mois de Mouammar Kadhafi, le « Guide de la Jamahiriya » qui régnait sur le pays depuis 1969. La Libye est depuis divisée et minée par les rivalités entre les principales régions, les luttes de pouvoir, le poids des milices et les ingérences étrangères, aux dépens d’une population exsangue privée des immenses ressources énergétiques du pays. Les infrastructures sont à plat, l’économie en lambeaux, les services défaillants.

« Sage décision »

Le nouveau gouvernement d’unité devra « en priorité se pencher sur le quotidien des citoyens, régler les problèmes de coupures d’électricité et les pénuries de liquidité. La vie doit revenir à la normale », souligne Salah. Partout à Tripoli, d’interminables files d’attente s’étirent devant les guichets bancaires, des dizaines d’automobilistes piétinent des heures durant devant les stations d’essence. Le dinar a baissé, les prix de l’immobilier ont flambé, les coupures d’électricité sont quotidiennes. En temps de coupure, la ville vibre au vrombissement des générateurs. Les ossatures rouillées d’immenses grues trônent sur les carcasses de bâtiments inachevés, envahis par les herbes folles, témoins d’une économie à l’arrêt. « Le nouveau gouvernement permettra, si Dieu le veut, d’unifier les institutions », espère Nader Mansouri, 46 ans, sous un soleil frais, avec en arrière plan le port de Tripoli. « Il lui faut maintenant régler la crise à laquelle sont confrontés les citoyens, le manque de liquidités, les coupures de courant, la campagne de vaccination anti-Covid », dit-il. Pour ce fonctionnaire tripolitain, « le plus important est de réussir à organiser des élections en décembre. Il y a des ingérences étrangères, il faut en finir maintenant ». Miftah al-Malis, 36 ans, voit dans le vote de confiance une « sage décision », car « le peuple libyen est fatigué, lassé. Le conflit a trop duré et il n’a pas lieu d’être ». Lui aussi est « optimiste » et souhaite voir « les Libyens s’unir ».

« Nouvelle phase »

L’heure est aussi à l’optimisme à Benghazi (Est), la grande ville de la Cyrénaïque située à quelque 1 000 kilomètres de la capitale. C’est ici qu’a commencé le printemps libyen il y a dix ans. Le berceau de la révolution a particulièrement pâti des violences qui ont suivi, vivant au rythme des attentats, des combats et des assassinats. Dans la vieille ville, des murs grêlés et des bâtiments défigurés rappellent que la guerre est passée par là. « C’est une lueur d’espoir qui se profile à l’horizon », veut croire Oussama al-Werfalli, un entrepreneur quinquagénaire installé à Benghazi, « fatigué d’une situation qui a conduit à la détérioration des conditions de vie de tous les Libyens. C’est aussi le cas de Sayida al-Sarrawi, qui espère voir« une nouvelle étape, sans les divisions dont les citoyens ont souffert pendant des années. Nous voulons une Libye sans guerre et sans conflit ».

Source : Hamza MEKOUAR/AFP

« Cette fois semble la bonne » : Salah peut désormais espérer comme tous les Libyens, de Tripoli à Benghazi, épuisés par dix ans de chaos et de divisions, voir son pays réconcilié, après la mise en place d’un gouvernement unifié.
« Je suis très optimiste ! », lance dans un grand sourire ce commerçant quadragénaire, barbe légère argentée et cal sur le front, déambulant dans un centre commercial de Tripoli. « Nous avons besoin d’unité, nous sommes tous des frères, il ne faudrait plus que l’on soit divisés. » Comme beaucoup de ses compatriotes, Salah a suivi à la télévision la séance ayant permis au gouvernement de transition de Abdelhamid Dbeibah d’obtenir mercredi la confiance du Parlement. Ce vote a été salué comme « historique », pour un cabinet né...
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