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Culture - Talent

Réya Wahhab, des racines et des ailes

Elle s’est formée à la composition au prestigieux Berklee College of Music à Boston, avant de prendre, fin 2019, la direction de Los Angeles, la capitale mondiale de l’industrie musicale, où elle participe à plusieurs projets de partitions pour le cinéma. Rencontre (téléphonique) avec une ambitieuse qui n’oublie toutefois pas ses racines.

Réya Wahhab, des racines et des ailes

Réya Wahhab au violon dans le cadre du Folk Festival au Berklee Performance Center. Photo DR

Elle a beau se trouver à des milliers de kilomètres du Liban, Réya Wahhab porte sa terre natale dans son cœur. Un fuseau horaire de 10 heures d’écart et des journées harassantes de travail ne l’empêchent pas de s’informer au détail près des derniers développements sur la scène libanaise. La jeune violoniste, compositrice, arrangeuse et chef d’orchestre a, d’ailleurs, suivi avec ferveur le mouvement de révolte du 17 octobre 2019 depuis Los Angeles où ses collaborations à des projets de bandes originales de films et de séries l’ont menée. À défaut d’y participer sur place, elle a composé plusieurs morceaux symphoniques dédiés au pays du Cèdre, dont seul le premier, intitulé October 17 Rises*, a pu être enregistré en studio avant l’irruption de la pandémie du coronavirus. « Il a été repris sur les réseaux sociaux de quelques ONG libanaises, dont Beit el-Baraka, pour leurs campagnes de levée de fonds », signale, avec bonheur, la toute jeune compositrice. Laquelle reste déterminée à sortir un album en hommage au Liban dès que la situation sanitaire lui permettra d’enregistrer avec tout un orchestre les pièces restantes. « Il comprendra une élégie aux victimes de l’explosion du port de Beyrouth, une rêverie sur le Liban du futur et un morceau chargé de colère – la mienne comme celle de tous mes compatriotes qui n’en peuvent plus de la corruption », énumère-t-elle. Peut-être aussi Roots (« Racines »), petite mélodie nostalgique qu’elle avait composée lors de sa première année au prestigieux Berklee College of Music, aux États-Unis, où l’on retrouve ce qui semble faire sa signature musicale : une certaine fusion, brassant partitions classiques orchestrales et notes orientales. Un peu dans la veine d’un Simon Shaheen, avec qui elle s’est produite en concert avec son ensemble Qantara, ou encore Marcel Khalifeh et Charbel Rouhana, dont elle revendique les influences mêlées.

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« J’aime combiner des styles musicaux que l’on n’a pas l’habitude d’écouter ensemble », reconnaît la toute jeune compositrice, dont le curriculum vitae déroule, déjà, des collaborations avec des pointures de l’industrie du cinéma et de la musique aux États-Unis. Des professionnels reconnus dans le milieu, à l’instar du compositeur primé Saul Simon MacWilliams (avec qui elle a travaillé sur la bande-son d’Anonymous Sister, documentaire couronné d’un Emmy Award de la réalisatrice Jamie Boyle) ; de la célèbre batteuse et compositrice de jazz Terri Lyne Carrington, lauréate de plusieurs Grammy Awards, dont elle a orchestré l’une des compositions Geri Rigged ; du fameux réalisateur de documentaires Peter Kunhardt, titulaire de quatre Emmy ; ou encore de la réalisatrice et productrice américaine d’origine indienne Smriti Mundha (nominée pour l’oscar du meilleur court-métrage documentaire en 2020 pour St. Louis Superman), dont elle vient d’achever l’orchestration de sa série à paraître Bollywood Project.

Et la voilà qui se lance dans une nouvelle collaboration avec Saul Simon MacWilliams pour la composition de la musique d’une microsérie de documentaires pour HBO et Netflix, dont le premier est consacré à Barak Obama. Un beau palmarès pour Réya Wahhab qui n’évolue que depuis un peu plus d’un an à Los Angeles.


Réya Wahhab, aussi habile de l’archet que de la baguette... Photo DR


Une ambition libanaise

Si elle a pu tisser en si peu de temps un tel networking, c’est grâce à ses études à Berklee où l’a menée son talent. Et sa détermination. Car si elle a toujours aimé, dit-elle, « la musique et le cinéma », elle s’est appliquée à tout faire pour arriver à y faire carrière. Des années de Conservatoire national, d’abord, pour apprendre à maîtriser le violon, choisi à l’âge de 8 ans par identification avec sa professeure de musique. « Violoniste, elle a eu un rôle déterminant dans mon parcours. Elle a été mon premier modèle et c’est elle qui a décelé mon oreille musicale », raconte la jeune musicienne.

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Quelques années plus tard, c’est Corpse Bride, un film de Tim Burton, qui déclenchera son désir de devenir compositrice de musique de film. À cet effet, elle commence par décrocher un diplôme d’études audiovisuelles (TV/films) à la Lebanese American University (LAU), avant de s’envoler, en 2016, pour le Berklee College of Music de Boston pour suivre le cursus de composition pour films dispensé par cette prestigieuse école de musique. Fin 2019, elle en sort auréolée d’une réputation de talentueuse arrangeuse. Et de musicienne aux multiples cordes... Travailleuse acharnée, la jeune femme confie vouloir acquérir le maximum d’expérience à l’étranger, dans cette Mecque du cinéma et de l’industrie musicale qu’est Los Angeles, avant de retourner un jour mettre ses notes, ses rythmes et ses mélodies sur les images des films made in Lebanon. « Quoi que je fasse, mon but est de porter haut le nom du Liban », affirme, d’un ton résolu, la talentueuse Réya Wahhab.

Retenez bien son nom. Il pourrait bien être celui de la première « compositrice » de musiques de films libanais. De niveau international, bien entendu !

*Accessible sur YouTube (Réya Music), Spotify, Anghami parmi d’autres plate-formes musicales. 


Elle a beau se trouver à des milliers de kilomètres du Liban, Réya Wahhab porte sa terre natale dans son cœur. Un fuseau horaire de 10 heures d’écart et des journées harassantes de travail ne l’empêchent pas de s’informer au détail près des derniers développements sur la scène libanaise. La jeune violoniste, compositrice, arrangeuse et chef d’orchestre a, d’ailleurs, suivi...

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Los Angeles...."la Mecque du cinéma"? ça ne va pas du tout ensemble,,, Choisissez une autre métaphore, OrientleJour!

Marie Claude

16 h 36, le 27 février 2021

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Commentaires (1)

  • Los Angeles...."la Mecque du cinéma"? ça ne va pas du tout ensemble,,, Choisissez une autre métaphore, OrientleJour!

    Marie Claude

    16 h 36, le 27 février 2021

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