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Économie - Mercosur

Le ministre brésilien des AE fustige certains « groupes d’intérêt » de l’UE

Des « groupes d’intérêt » dans l’Union européenne utilisent l’environnement comme « prétexte » pour retarder la ratification d’un accord commercial avec le Mercosur, a déclaré le ministre brésilien des Affaires étrangères, Ernesto Araujo. Après la signature de l’accord UE-Mercosur en 2019 suite à 20 années de négociations, des pays « se sont soudainement aperçus que certains intérêts étaient touchés » et « ces groupes d’intérêt se sont servis du thème de l’environnement pour retarder cet accord », a assuré M. Araujo. L’accord signé avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) vise à créer un marché de 750 millions de consommateurs avec les 27 pays de l’UE. Mais le processus de ratification s’est ralenti depuis la multiplication des incendies dans l’Amazonie. La France et l’Allemagne notamment ont déploré le manque d’engagement du Brésil de Jair Bolsonaro pour la défense de l’environnement. M. Araujo a expliqué que l’accord « affecte aussi des intérêts du Brésil », dans le vin par exemple. « Le Brésil, comme les grands producteurs que sont l’Argentine et l’Uruguay, a fait des sacrifices pour accommoder ce secteur, où les intérêts sont énormes en France et dans d’autres pays européens », a-t-il indiqué. « Il est important de démythifier l’idée que cet accord contribuerait à la destruction de l’Amazonie. »

Pour débloquer la ratification de l’accord, l’UE a proposé le mois dernier une déclaration conjointe complémentaire sur des engagements en matière de développement durable, notamment la réduction de la déforestation de l’Amazonie. « Nous sommes d’accord sur le principe d’une sorte d’engagement supplémentaire », a dit M. Araujo, mais « il est important que ce soit (...) avec une réciprocité ». En janvier dernier, le président français Emmanuel Macron avait déclaré que l’Europe devait réduire sa dépendance au soja brésilien qui « cautionne la déforestation de l’Amazonie ». Son homologue brésilien avait rejeté des « idioties », tandis que le vice-président Hamilton Mourao accusait M. Macron de se faire l’écho des « intérêts protectionnistes des agriculteurs français ». « Depuis le début des discussions dans les années 90, il y a eu une grande résistance de la part de la France, a poursuivi le chef de la diplomatie. Il y a, pas seulement en France, un manque de compréhension de la réalité de l’environnement au Brésil. » Un rapport officiel français estimait fin 2020 que l’accord augmenterait de 25 % la déforestation au Brésil. 


Des « groupes d’intérêt » dans l’Union européenne utilisent l’environnement comme « prétexte » pour retarder la ratification d’un accord commercial avec le Mercosur, a déclaré le ministre brésilien des Affaires étrangères, Ernesto Araujo. Après la signature de l’accord UE-Mercosur en 2019 suite à 20 années de négociations, des pays « se sont...

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