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Société - Coronavirus

Quarante décès en 24h, un 2e lot de vaccins Pfizer arrive au Liban

Le pays enregistre également 2.323 nouveaux cas de contamination.

Quarante décès en 24h, un 2e lot de vaccins Pfizer arrive au Liban

Une jeune femme masquée se présentant devant un soignant dans un centre de vaccination contre le coronavirus, au Liban. Photo João Sousa

Alors qu'un deuxième lot de vaccins Pfizer/BioNTech est arrivé samedi au Liban, le pays a enregistré 40 décès et 2.323 nouvelles contamination au cours des dernières 24h, selon le bilan publié samedi soir par le ministère de la Santé. Le taux de propagation par rapport au nombre de tests effectués au cours des 14 derniers jours est de 18,7%, un chiffre en baisse depuis plusieurs jours mais qui reste quand même élevé. Au total, 353.371 personnes ont contracté le virus depuis février 2020, parmi lesquelles 4.297 sont décédées, alors que 264.894 ont été guéries. Parmi les cas toujours actifs, 2.194 personnes sont hospitalisées, dont 930 en soins intensifs. 

Pour tenter de freiner la prolifération du virus, le Liban a entamé il y a une semaine sa campagne de vaccination. Ainsi, les premières 28.500 doses du vaccin Pfizer/BioNTech, arrivées la semaines dernière, ont été distribuées dans des centres de vaccination agréés. Le pays a également reçu aujourd'hui un 2e lot de 31.500 doses de ce même vaccin. L'avion de la Middle East Airlines en provenance de Bruxelles a atterri à 17h à l'aéroport de Beyrouth, avec les vaccins à bord. Le ministre sortant de la Santé Hamad Hassan a en outre annoncé vendredi la signature d'un contrat pour l'importation d'un million et demi de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford. Des doses de ce vaccin et du russe Spoutnik V devraient être réceptionnées dans les prochaines semaines. M. Hassan a parallèlement commencé à étudier le dossier des vaccins chinois. 

"Au cours des deux derniers jours, le premier groupe du personnel soignant palestinien de l'hôpital Mahmoud Hamchari et des Palestiniens travaillants dans le secteur de la santé dans tous les camps du Liban ont été vaccinés", a affirmé de son côté le directeur de l'établissement, le Dr Riyad Abou el-Aïnaïn, selon notre correspondant au Liban-sud Mountasser Abdallah. "Ce processus se poursuivra la semaine prochaine", a-t-il ajouté. 

Facteur efficace et comportement préventif

Dans ce contexte, le ministre sortant de la Santé a affirmé que "la campagne de vaccination a prouvé, une semaine après son lancement, qu'elle était menée de manière efficace et systématique, malgré des violations dans certains centres, rapidement traitées". "Le vaccin fournit un facteur efficace supplémentaire pour faire face à l'épidémie en plus du comportement préventif", avait-il estimé dans un entretien accordé vendredi soir à la chaîne al-Mayadeen, pour marquer la première année après l'apparition du virus au Liban. "Dans la période à venir, plusieurs types de vaccins seront disponibles, et ils seront gratuits pour les Libanais", a-t-il ajouté, réaffirmant l'adoption des principes de justice et de transparence. "Le Liban recevra 250.000 vaccins Pfizer d'ici la fin mars, pour en fin de compte réceptionner 1.100.000 doses de ce vaccin", a-t-il ajouté.

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Quant au directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, le Dr Firas Abiad, il a rappelé sur son compte Twitter que "la vaccination n'en est qu'à ses débuts et que les approvisionnements en vaccins sont limités pour l'instant". "Le vaccin n'aura d'effets sur la courbe des contaminations que plus tard", a-t-il jugé, tout en fondant ses espoirs sur "la vaccination des personnes à risque". Pendant la première phase de la campagne, le personnel médical et les personnes âgées de plus de 75 ans doivent être vaccinés. 

Mois de mars difficile

"A partir de lundi, le Liban entrera dans la deuxième phase d'assouplissement d'un confinement inégalement respecté. L'ouverture du secteur commercial a été avancée d'une semaine. Pourtant, les indicateurs montrent que la transmission communautaire est toujours élevée, notamment dans les régions qui ont peu respecté le bouclage, et alors que les hôpitaux sont presque saturés", a poursuivi Firas Abiad.

En effet, le ministre sortant de l'Économie Raoul Nehmé avait annoncé vendredi que les commerces rouvriraient le 1er mars et non le 8 mars comme le plan de déconfinement l'avait initialement prévu. "Dans les régions où les restrictions étaient peu respectées, comme le Akkar et la région de Baalbeck-Hermel, la hausse des cas de Covid-19 est claire. A Beyrouth et au Mont Liban, on a observé une nette amélioration. Vont-ils maintenir leur avantage ou connaître une hausse des cas ?", s'est en outre interrogé le responsable. "L'ouverture des écoles facilitera la transmission communautaire", s'est-il cependant inquiété. "Sans soutien financier, prolonger le confinement ou le faire appliquer dans des zones dévastées économiquement était difficilement atteignable", a estimé le médecin. "Sans mesures préventives, le mois de mars sera difficile", a-t-il enfin prédit. 

De son côté, le ministre sortant de l'Éducation Tarek Majzoub a annoncé que le retour à un système mixte mi-présentiel mi-distanciel ne sera pas lancé dans la deuxième phase de déconfinement progressif du pays, alors que les écoles sur tout le territoire sont complètement fermées depuis début janvier. Il a aussi demandé au ministre sortant de la Santé de réévaluer l'ordre des priorités de la campagne de vaccination, pour que le secteur de l'éducation vienne après celui de la santé.

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Le Liban a entamé le 8 février son déconfinement progressif, après trois semaines de bouclage strict. Le couvre-feu total reste en vigueur, mais certains secteurs ont pu rouvrir leurs portes, notamment les magasins d'alimentation et les banques. Ce déconfinement progressif s'étend sur quatre phases de deux semaines chacune. La première phase devra donc se terminer dimanche soir. Ce déconfinement a été entamé malgré des statistiques toujours élevées en matière de contaminations et décès. Le nombre d'hospitalisations reste aussi relativement élevé, alors que les hôpitaux du pays, qui souffrent déjà des retombées de la grave crise économique et financière que subit le pays, sont toujours à la limite de la saturation. Une situation aggravée par le nouveau différend entre les hôpitaux et les assurances à propos de l'augmentation des tarifs pour les patients disposant d'une assurance à cause de la dévaluation de la livre libanaise. "Si ce différend n'est pas réglé, nous connaîtrons un chaos dans le milieu hospitalier et un effondrement des assurances", a mis en garde le président de la Commission parlementaire de la santé, Assem Araji.


Alors qu'un deuxième lot de vaccins Pfizer/BioNTech est arrivé samedi au Liban, le pays a enregistré 40 décès et 2.323 nouvelles contamination au cours des dernières 24h, selon le bilan publié samedi soir par le ministère de la Santé. Le taux de propagation par rapport au nombre de tests effectués au cours des 14 derniers jours est de 18,7%, un chiffre en baisse depuis plusieurs jours...

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