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Politique - Bkerké

L’initiative de Raï gagne en audience sur les plans interne et international

Riyad « restera toujours l’ami le plus proche du peuple libanais et de ses institutions constitutionnelles », souligne, du siège patriarcal, l’ambassadeur Walid Boukhari.

L’initiative de Raï gagne en audience sur les plans interne et international

Le patriarche maronite recevant hier l’ambassadeur saoudien Walid Boukhari. Photo ANI

L’appel de Bkerké à la tenue d’une conférence internationale parrainée par l’ONU pour sortir le Liban de sa crise constitutionnelle semble gagner en audience sur les plans interne et international. De retour au Liban après une absence remarquée de deux mois, interprétée par la communauté politique locale comme une sorte de « désintéressement » de l’Arabie saoudite du sort du Liban, l’ambassadeur saoudien au Liban, Walid Boukhari, s’emploie activement à renouer le fil de ses entretiens avec la classe politique, dont le Premier ministre désigné, Saad Hariri, est toujours exclu pour le moment.

Du siège patriarcal de Bkerké où il s’est rendu hier, le diplomate a renouvelé l’attachement de son pays à l’unité nationale, à la paix civile et à l’accord de Taëf. « Les prises de position nationales du patriarche retiennent l’attention de la communauté nationale, mais aussi au niveau international », a-t-il affirmé, avant de souligner « la nécessité d’une application correcte de l’accord de Taëf (1989) garant de l’unité nationale et de la paix civile au Liban ». « L’Arabie saoudite souhaite que le Liban retrouve son lustre d’antan et son rôle pionnier, a poursuivi M. Boukhari. Le royaume restera toujours l’ami le plus proche du peuple libanais et de ses institutions constitutionnelles. » Et d’ajouter : « La mémoire politique du pays témoigne que le peuple libanais ne se fatigue jamais de lutter pour la préservation de son vivre-ensemble dans l’unité. »

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De son côté, le patriarche Béchara Raï l’a assuré de son attachement aux accords de Taëf et à la paix interne, assurent des sources informées, ajoutant que son appel en faveur de la tenue d’une conférence internationale pour régler la crise du Liban, sous l’égide de l’ONU, n’est pas de nature belliqueuse. Dans une homélie récente, le chef de l’Église maronite avait affirmé qu’une conférence internationale parrainée par l’ONU est désormais indispensable pour « sauver » le Liban, et l’empêcher « de sombrer dans l’obscurantisme et de capituler devant des projets transnationaux contraires à l’essence du Liban ». Le siège patriarcal « s’est toujours efforcé d’accorder la priorité aux solutions civilisées, politiques et diplomatiques, non aux solutions militaires », a-t-il tenu à rappeler.

On ignore si l’initiative de sortie de crise lancée l’été dernier par le chef de l’État français, Emmanuel Macron, a figuré au menu des entretiens entre M. Boukhari et le patriarche, mais certains observateurs n’ont pas manqué de relever que l’un des premiers diplomates rencontrés par M. Boukhari à son retour au Liban a été l’ambassadrice de France, Anne Grillo. Il s’était également rendu mercredi à Dar el-Fatwa pour s’entretenir avec le mufti de la République, le cheikh Abdel Latif Deriane.

Le drame du 4 août

Le dossier de la double explosion du 4 août au port de Beyrouth et de l’enquête ouverte à ce sujet a également figuré hier à l’ordre du jour des entretiens du patriarche Raï. Ce dernier a reçu en effet le général Tony Saliba, directeur général de la Sécurité de l’État. L’officier devait être interrogé par le magistrat Fadi Sawan en décembre 2020, mais son témoignage avait été reporté à une date ultérieure, après le recours en suspicion légitime d’incompétence contre le magistrat instructeur de la Cour de justice. Un face-à-face était prévu entre le général Saliba et le major Joseph Naddaf, un officier sous ses ordres détenu dans cette affaire. Ce dernier avait assuré avoir adressé plusieurs lettres à son supérieur hiérarchique pour le mettre en garde contre la capacité de nuisance du nitrate d’ammonium qui a provoqué le drame du 4 août.

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Le chef de l’Église maronite a reçu également hier les anciens députés Farès Souhaïd (Rencontre de Saydet el-Jabal) et Ahmad Fatfat (Rencontre de l’initiative nationale). Les deux hommes l’ont informé de leur intention de faire front commun et de se rendre la semaine prochaine en délégation au siège patriarcal pour proclamer leur appui à ses prises de position.Pour les deux hommes, la décision, annoncée jeudi, de dessaisir le magistrat Fadi Sawan de l’enquête sur la double explosion du 4 août signe l’échec de l’appareil judiciaire libanais à faire la lumière sur une cause nationale entre toutes. Un échec qui s’inscrit dans une longue série d’enquêtes sur des crimes jamais élucidés ou restés impunis, allant de l’assassinat du pilote d’hélicoptère Samer Hanna (abattu en 2009 d’une balle dans la tête par un combattant du Hezbollah) à celui de l’intellectuel et activiste opposant au Hezbollah, Lokman Slim.

Selon des visiteurs de Baabda cités par notre chroniqueur politique Philippe Abi-Akl, après le dessaisissement de Fadi Sawan, qui a été remplacé hier par le juge Tarek Bitar (voir par ailleurs), le patriarche Raï est « plus que jamais convaincu qu’une conférence internationale parrainée par l’ONU est la seule voie de sortie de crise, tout comme cela a été le cas pour mettre fin à la guerre civile (1975-1990) ou mettre fin à la guerre israélienne de juillet 2006 grâce à la résolution 1701 du Conseil de sécurité ». « Du reste, ajoutent les visiteurs cités, l’initiative française n’est-elle pas une forme d’internationalisation ? » Et d’insister sur le fait qu’on ne se dirige pas vers une Assemblée constituante, mais vers une réaffirmation des deux grandes constantes du Liban : l’accord de Taëf et le respect de la Constitution.

« L’initiative du chef de l’Église maronite passe par un attachement aux instances constitutionnelles libanaises, arabes et internationales, et ne vise ni à modifier le régime ni le partenariat islamo-chrétien », insistent encore les visiteurs de Bkerké précités.


L’appel de Bkerké à la tenue d’une conférence internationale parrainée par l’ONU pour sortir le Liban de sa crise constitutionnelle semble gagner en audience sur les plans interne et international. De retour au Liban après une absence remarquée de deux mois, interprétée par la communauté politique locale comme une sorte de « désintéressement » de l’Arabie saoudite...

commentaires (3)

UNE CONFERENCE INTERNATIONALE SOUS L,EGIDE DE L,ONU SUR LE LIBAN POUR DISCUTER DE SON CADRE DE PAYS DU VIVRE ENSEMBLE ET DE LA PRESENCE NEFASTE DES MERCENAIRES IRANIENS SUR SON SOL EST UNE NECESSITE ABSOLUE ET UN DEVOIR INTERNATIONAL.

SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

19 h 37, le 20 février 2021

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Commentaires (3)

  • UNE CONFERENCE INTERNATIONALE SOUS L,EGIDE DE L,ONU SUR LE LIBAN POUR DISCUTER DE SON CADRE DE PAYS DU VIVRE ENSEMBLE ET DE LA PRESENCE NEFASTE DES MERCENAIRES IRANIENS SUR SON SOL EST UNE NECESSITE ABSOLUE ET UN DEVOIR INTERNATIONAL.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    19 h 37, le 20 février 2021

  • Riyad « restera toujours l’ami le plus proche du peuple libanais et de ses institutions constitutionnelles », souligne, du siège patriarcal, l’ambassadeur Walid Boukhari. Très drôle venant d'un pays qui prend en otage le premier ministre d'un pays souverain. Ah oui c'est en Iran que Saad était retenu

    Zorkot Mohamed

    15 h 40, le 20 février 2021

  • Voilà une bonne claque infligée au CPL et à ses deux leaders qui prétendent défendre les chrétiens. Le chef de l’église reçoit leurs ennemis jurés et leur envoie un message on ne peut plus clair. Les pays arabes et l’Arabie Saoudite œuvrent avec le dignitaire maronite pour la paix du pays alors que les vendus continuent à braire leur attachement aux fossoyeurs pour le détruire. Voyons ce qu’ils auraient à redire.

    Sissi zayyat

    11 h 31, le 20 février 2021

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