Ali Hassan Khalil s’adressant à des élus à Baalbeck-Hermel. Photo ANI
Dans une violente diatribe qui semble principalement viser le camp du président de la République Michel Aoun et celui du Premier ministre désigné Saad Hariri, l’ancien ministre Ali Hassan Khalil, député Amal et proche collaborateur du président du Parlement Nabih Berry, a lancé hier : « Nous aurions cru qu’en des circonstances aussi exceptionnelles, ceux qui sont directement concernés par la formation du gouvernement donneraient la priorité à l’intérêt du pays plutôt qu’à leurs intérêts propres. Malheureusement, ce qui s’est passé ces deux derniers jours nous pousse au désespoir, face à des comportements qui continuent d’empêcher la mise en place du gouvernement et par conséquent la reprise économique dans le pays. »
L’ancien ministre, qui s’exprimait au cours d’une rencontre avec des élus de Baalbeck-Hermel dans la Békaa, faisait référence à une réunion vendredi à Baabda entre le Premier ministre désigné Saad Hariri et le président de la République Michel Aoun, qui a montré que les deux parties campaient sur leurs positions concernant la formation du gouvernement, que leurs querelles incessantes retardent depuis des mois. « Le président Berry a fait un effort exceptionnel au cours des dernières semaines en vue de rapprocher les points de vue, a-t-il poursuivi. Il a essayé de lancer une initiative qui allierait le droit des groupes parlementaires à choisir des noms de ministrables, afin de respecter l’équilibre politique et la représentativité, avec le droit du Premier ministre désigné de proposer également les noms qu’il juge adéquats. Un choix basé sur la compétence dans le cadre de ce qu’on appelle l’initiative française. »
Et l’ancien ministre d’ajouter : « Nous savons que les gouvernements constituent le centre de décision politique dans le pays, mais face à l’insistance de la communauté internationale en faveur d’un cabinet de spécialistes non partisans, nous avons, mus par le sens des responsabilités, accepté cette formule et promis de faciliter au maximum la formation du cabinet. Malheureusement, il y a ceux qui veulent consacrer le principe de tiers de garantie (ou tiers de blocage au sein de l’équipe ministérielle), comme il y a ceux qui désirent garder par calcul le contrôle sur le gouvernement. À tous ceux-là, nous rappelons les circonstances socio-économiques dramatiques dans lesquelles vit la population, une population qui a raison d’en avoir ras le bol de nos dissensions politiques. »
« La situation du pays ne supporte pas de débat sur les prérogatives constitutionnelles, a-t-il poursuivi. Celui qui veut sa place à la table du débat national devrait tout d’abord faire preuve d’un sens des responsabilités, en contribuant à une feuille de route qui sortirait le pays de la crise, et commencerait par une solution politique et la formation d’un gouvernement. »


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"... Malheureusement, il y a ceux qui veulent consacrer le principe de tiers de garantie (ou tiers de blocage au sein de l’équipe ministérielle), comme il y a ceux qui désirent garder par calcul le contrôle sur le gouvernement ..." - comme il y a ceux qui insistent pour avoir le ministère des finances. Il ne faut pas oublier que c'est cet élément qui a déclenché tout ce blocage...
17 h 56, le 15 février 2021