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Économie - Réglementation

La BDL veut contrôler la redistribution par les banques des aides financières en devises

La BDL veut contrôler la redistribution par les banques des aides financières en devises

La mesure de la BDL viserait à renforcer la transparence du processus de redistribution des aides et de limiter les abus. Photo João Sousa

Dans une décision du 29 janvier dernier – mais qui n’a été transmise à certaines banques que cette semaine –, la Banque du Liban (BDL) a annoncé la mise en place d’un mécanisme de suivi de la redistribution des aides financières accordées par les différentes organisations, gouvernementales ou non, qui ont déployé des dispositifs de soutien dans le pays, ciblant les réfugiés ou les ressortissants libanais.

Très succincte, la circulaire intermédiaire n° 579 appelle en effet les établissements bancaires du pays à faire remonter à la Commission de contrôle des banques (CCB) tous les montants en devises versés ou déposés par lesdites organisations. Le texte exige également que les banques communiquent le taux dollar/livre utilisé pour les cas où les aides versées ont été converties dans la monnaie nationale avant d’être décaissées. Contactée, une source bancaire a confirmé que la mesure n’était pas rétroactive, mais a affirmé attendre les directives de la CCB pour connaître les modalités et la fréquence auxquelles les banques devaient faire remonter ces informations.

Méthode dissuasive

Selon une autre source proche du dossier, la mesure vise à renforcer la transparence du processus de redistribution de ces aides et de limiter les abus. « Les modalités de redistribution sont généralement définies en amont et vu la dépréciation de la livre (près de 9 000 livres pour un dollar hier), il n’est évidemment pas acceptable que des aides en devises soient converties au taux officiel de 1 507,5 livres. Les organisations peuvent soit choisir de distribuer leurs aides en dollars, soit en livres à un taux plus proche du marché », explique la source précitée. Elle rappelle que le prêt de 246 millions de dollars accordé en janvier par la Banque mondiale au Liban pour financer un ensemble de mesures de protection sociale, avec un volet prévoyant des transferts d’argent à 786 000 Libanais vivant dans la pauvreté, prévoit que les montants déboursés soient versés en livres à un taux de change équivalent à 1,6 fois celui de 3 900 livres pour un dollar imposé par la BDL aux agents de change via l’application Sayrafa, soit 6 240 livres pour un dollar.Si la nouvelle circulaire de la BDL n’a rien de choquant en soi, le fait est qu’elle n’est émise que maintenant, alors que de nombreuses organisations au chevet du pays multiplient les programmes d’aide, surtout depuis la terrible double explosion meurtrière qui a détruit le port de Beyrouth ainsi qu’une partie de la capitale, et dont les responsables n’ont toujours pas été identifiés. « Soit ils n’y ont pensé que maintenant, soit ils essayent de dissuader les banques de prendre trop de libertés avec l’argent des aides, dont elles captent indûment une partie au passage, ce qui s’apparente ni plus ni moins à du vol », souligne-t-on de même source. Le secteur financier libanais traverse une grave crise de liquidités en devises depuis plus d’un an et a restreint l’accès des déposants à leurs comptes. Des limites imposées sans obtenir l’autorisation d’un Parlement coupable par son absentéisme, un an et trois mois après la décision de l’Association des banques de tenter de les harmoniser. Face à cette situation, une partie des organisations tentent autant que possible de court-circuiter banques et institutions libanaises pour faire parvenir leurs aides jusqu’à leurs bénéficiaires désignés.


Dans une décision du 29 janvier dernier – mais qui n’a été transmise à certaines banques que cette semaine –, la Banque du Liban (BDL) a annoncé la mise en place d’un mécanisme de suivi de la redistribution des aides financières accordées par les différentes organisations, gouvernementales ou non, qui ont déployé des dispositifs de soutien dans le pays, ciblant les réfugiés...

commentaires (2)

Il ne faut surtout pas que les aides tombent sous la coupe de la BDL et des banquiers. Sinon ils vont, comme d'habitude, se les approprier. Il n'y a pas de petits profits....

Michel Trad

23 h 16, le 05 février 2021

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Commentaires (2)

  • Il ne faut surtout pas que les aides tombent sous la coupe de la BDL et des banquiers. Sinon ils vont, comme d'habitude, se les approprier. Il n'y a pas de petits profits....

    Michel Trad

    23 h 16, le 05 février 2021

  • Les aides seraient t entrain d'être volées selon les pays donateurs. Tout semble être retardé jusqu'à disparition de cette classe au pouvoir.

    Esber

    16 h 17, le 05 février 2021

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