Vautrée sous un muscadet,
La vieille hyène vitupérait,
Grommelait et se morfondait,
Désemparée et accablée
Par la peste qui avait frappé
La terre en entier,
Sans faire de quartier.
Comme il se doit,
De notre jungle aux abois
S’élevèrent des voix,
Pour protester
Contre l’incapacité
De nos scélérats
Qui se réunissaient,
Et en vain jacassaient
Sans résultat concret,
Laissant leurs sujets
Seuls se démener,
Pour subsister.
Faisant feu de tout bois,
Le putois narquois
Souffrant de paranoïa,
Dans son orgueil persista,
À coups de fla-flas,
Et de grosses faussetés,
Que ses quelques laquais
Encore idolâtraient.
Le crapaud boudait,
Frustré qu’il était
D’être sous-estimé,
Par le monde entier.
Mangeant à tous les râteliers,
On l’envoya pourtant promener.
Mais il s’entêta,
Croyant en sa destinée
De chef incontesté,
Malgré les conseils prodigués
Par le serpent son allié,
De tout laisser tomber.
Alors que la situation empirait,
Et que la peste progressait
À grandes enjambées,
Que victimes telles mouches tombaient,
Et que solutions la faune exigeait,
Deux ennemis jurés,
Le zèbre d’un côté,
Au corbeau opposé,
Se querellaient
Comme des chiffonniers,
Pour récupérer
Ce qui restait
De miettes à bouffer.
L’éléphant époustouflé
Par ce qu’il entendait,
Se demandait
Ce qui le retenait
De leur flanquer
De sa trompe une raclée,
Qu’ils ne seraient pas
Prêts d’oublier.
Et de leur rappeler :
« Mettez de l’eau dans vos moulins
Et travaillez main dans la main,
Pour un meilleur lendemain. »
Mais ce fut
Peine perdue.
Au fond d’un trou terré,
Par la peste, apeuré,
Le rat se faisait discret
Se laissant chatouiller
Par des fourmis affairées,
À remplir leurs greniers.
Le renard qui jubilait
Du chaos qui sévissait
Dans la jungle diminuée,
Y voyait l’opportunité,
À l’horizon qui pointait
De faire taire à jamais,
Toute voix qui s’opposerait
À ses fumeux intérêts.
Et en simultané,
Les vautours qui survolaient
Cette terre anémiée
À longueur de journée
Sans être inquiétés,
Ne faisaient qu’ajouter,
Peur et anxiété,
À toute la faune traumatisée.
De Charybde en Scylla
Nous sommes ballottés.
Mais advienne que pourra,
Le jour arrivera
Où la peste disparaîtra.
Alors il nous faudra
Par la force chasser,
Cette bande de malfrats
Dont nous sommes accablés,
Ce maudit choléra
Qu’il nous faut extirper,
Pour enfin récupérer
Tous nos droits spoliés.
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La vieille hyène vitupérait,
Grommelait et se morfondait,
Désemparée et accablée
Par la peste qui avait frappé
La terre en entier,
Sans faire de quartier.Comme il se doit,
De notre jungle aux abois
S’élevèrent des voix,
Pour protester
Contre l’incapacité
De nos scélérats
Qui se réunissaient,
Et en vain jacassaient
Sans résultat concret,
Laissant leurs sujets
Seuls se démener,
Pour subsister. Faisant feu de tout bois,
Le putois narquois
Souffrant de paranoïa,
Dans son orgueil persista,
À coups de fla-flas,
Et de grosses faussetés,
Que ses quelques laquais
Encore idolâtraient. Le crapaud boudait,
Frustré qu’il était
D’être sous-estimé,
Par le monde entier.
Mangeant à tous les râteliers,
On l’envoya pourtant promener.
Mais il...

