Rechercher
Rechercher

Société - Explosions au port de Beyrouth

Des élus britanniques veulent une enquête sur une société soupçonnée d'être impliquée dans le drame

Il s'agit de la compagnie Savaro Ltd qui n'a pas divulgué aux autorités britanniques les noms de ses bénéficiaires effectifs, rapporte l'agence Reuters.

Des élus britanniques veulent une enquête sur une société soupçonnée d'être impliquée dans le drame

Une épaisse fumée noir se dégage du port de Beyrouth, le 4 août 2020 après la gigantesque explosion d'un stock de nitrate d'ammonium. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Deux parlementaires britanniques ont appelé vendredi à une enquête sur une compagnie enregistrée au Royaume-uni, vraisemblablement fictive et probablement impliquée dans la gigantesque explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth, rapporte l'agence Reuters, dans un article daté de samedi et signé par Tom Bergin.

Reuters rappelle que la société en question, Savaro Ltd, enregistrée à une adresse britannique, n'avait pas divulgué les noms de ses propriétaires effectifs. "Comme toutes les sociétés britanniques, elle doit fournir au registre des sociétés britanniques, Companies House, les noms de ses propriétaires", écrit Reuters. "Dans un e-mail envoyé à Reuters cette semaine, la femme mentionnée comme la seule propriétaire de la société auprès de Companies House, Marina Psyllou, a affirmé agir en tant qu'agent au nom d'autres propriétaires effectifs dont elle n'a pas divulgué l'identité", précise l'agence. "La personne qui est et a toujours été l'ultime propriétaire bénéficiaire de la compagnie est toujours la même. Mais comme vous le savez, nous ne pouvons pas divulguer son nom", a expliqué Mme Psyllou à Reuters, sans se justifier. L'ultime propriétaire bénéficiaire d'une société est la personne qui reçoit les bénéfices des transactions d'une entité, et qui détient de manière générale un minimum de 25% du capital de la société en question, rappelle l'agence.

"Scandaleux"

"Margaret Hodge, députée britannique et ancienne ministre qui a dirigé la Commission parlementaire des Affaires publiques entre 2010 et 2015, qualifie de +scandaleux+ l'échec à identifier le bénéficiaire effectif de Savaro Ltd", rapporte Reuters. "Les autorités britanniques doivent enquêter sur cela, sachant qu'il semble que des informations imprécises ont été fournies (...)", plaide l'élue.

John Mann, membre de la Chambre des Lords britanniques (...), affirme que cette affaire montre le besoin d'un renforcement des lois sur l'enregistrement des compagnies britanniques. "C'est choquant et très nuisible pour la réputation du Royaume-uni que Companies House et notre système national d'enregistrement des sociétés puissent être si facilement exploités", a-t-il déploré.

Les élus Hodge et Mann ont ainsi appelé le ministère britannique des Affaires à enquêter sur ce qui paraît être une entorse aux lois sur l'enregistrement des sociétés. Le ministère en question a refusé de commenter cette affaire, précise Reuters.

Lire aussi

Ces trois hommes d’affaires syriens qui seraient impliqués dans l’acheminement du nitrate d’ammonium

Le juge libanais Fadi Sawan, en charge de l'enquête sur l'explosion causée par la présence de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium dans le port sans mesures de sécurité depuis 2014 et qui a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés, a déjà inculpé le Premier ministre sortant, Hassane Diab, et trois anciens ministres pour négligences. Mais l'enquête fait du surplace depuis plusieurs semaines, face aux ingérences de divers responsables politiques, au grand dam d'une large frange de la population qui réclame une enquête indépendante. Les appels à une enquête internationale ont été rejetés par les autorités libanaises qui ont toutefois été épaulées par des experts internationaux lors des premières investigations sur le terrain. Dernièrement, des informations de presse évoquent l’implication présumée d’hommes d’affaires syriens proches du régime de Bachar el-Assad dans l’importation du nitrate d’ammonium qui a explosé au port de Beyrouth, alors que la Syrie se trouve sous le coup de sanctions internationales et cherche à les contourner par tous les moyens, notamment à travers des trafics en tout genre via le Liban.

Lire aussi

« J’ai voulu savoir comment le stock de nitrate d'ammonium était arrivé au Liban » : Firas Hatoum revient sur son enquête

Selon le journaliste libanais d'investigation Firas Hatoum, c'est Savaro Ltd qui aurait fait la commande du nitrate d’ammonium et en avait payé le prix. Il affirme que Savaro Ltd s’avère fictive, et explique avoir tenté de trouver à quelle adresse elle se trouve. Le contrat de vente conclu avec une usine de fabrication de matières chimiques située en Géorgie indique que son siège social est à Chypre. Il finit par savoir que la société Hesco Engineering and Construction, appartenant à Georges Haswani, un homme d'affaire syrien proche du régime Assad, est à la même adresse. Le journaliste apprend ensuite que la société Savaro est domiciliée en Grande-Bretagne et cherche alors à s’enquérir de l’identité de la société qui partage cette même adresse pour identifier les parties impliquées. Il est finalement apparu que toutes sont fictives, à l’exception d’une seule, IK Petroleum Industrial Company Limited, appartenant à Imad Khouri (un autre homme d'affaire syrien proche d'Assad), fondée moins d’un mois avant l’émission du bordereau d’exportation de la cargaison d’ammonium vers le Liban, selon lui.

Compagnie restée "inactive"

"Marina Psyllou a démenti cette semaine que Savaro Ltd puisse avoir été liée à l'explosion au Liban, affirmant croire que la société n'a jamais eu d'activité à ce jour", rapporte Reuters. "À notre connaissance, la compagnie, depuis qu'elle s'est enregistrée, est restée inactive, sans aucune transaction ou autre activité, ni de comptes en banque, car le projet auquel elle était dédiée n'a jamais été réalisé", explique Mme Psyllou, sans toutefois fournir des informations sur le but de la société.

Lire aussi

Au port de Beyrouth, un cocktail effarant de polluants à haut risque

Reuters rappelle que dans le cadre d'une enquête qu'elle a menée l'année dernière sur l'explosion de Beyrouth, il s'est avéré que l'immense stock d'engrais de nitrate d'ammonium qui a explosé, était destiné au Mozambique, avant d'être confisqué et stocké à Beyrouth. L'acheteur mozambicain, FEM, affirme que la société à laquelle il a acheté cette cargaison n'est autre que Savaro Ltd.


Deux parlementaires britanniques ont appelé vendredi à une enquête sur une compagnie enregistrée au Royaume-uni, vraisemblablement fictive et probablement impliquée dans la gigantesque explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth, rapporte l'agence Reuters, dans un article daté de samedi et signé par Tom Bergin.Reuters rappelle que la société en question, Savaro Ltd,...

commentaires (9)

Si les journalistes ont découvert des tuyaux sur le nitrate, ça veut dire que les services secrets des grands pays savaient déjà depuis au moins août ou septembre. Ils n'attendent pas un mandat du Liban pour enquêter sur l'importation de la marchandise explosive et sur les mouvements du bateau dans les mers. Ce glorieux peuple libanais est comme d'habitude le dindon de la farce !

MGMTR

22 h 21, le 24 janvier 2021

Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • Si les journalistes ont découvert des tuyaux sur le nitrate, ça veut dire que les services secrets des grands pays savaient déjà depuis au moins août ou septembre. Ils n'attendent pas un mandat du Liban pour enquêter sur l'importation de la marchandise explosive et sur les mouvements du bateau dans les mers. Ce glorieux peuple libanais est comme d'habitude le dindon de la farce !

    MGMTR

    22 h 21, le 24 janvier 2021

  • Lisez ce roman à la OSS 117 , bon weekend et bonne semaine de confinement : dommage qu’il manque des photos d'action .

    aliosha

    12 h 47, le 24 janvier 2021

  • et voila ce qui resulte de ces lois pratiquees dans les pays "libres" nul doute pour raisons de liberte d'expression et autres droits de l'homme. des lois qui laissent le champ libre a des magouilles a buts criminels .

    gaby sioufi

    11 h 15, le 24 janvier 2021

  • Le jour où les noms des assassins de M. Hariri et de leurs alliés seront révélés et jugés, ainsi que ceux des auteurs de tous les assassinats perpétrés au Liban depuis des décennies, et la liste est longue, les attentats, assassinats et bloquage du pays cesseront et le Liban retrouvera sa souveraineté et son indépendance. En attendant le foutage de gueules continue et les assassinats aussi puisque leurs auteurs ont le permis de tuer sans être inquiétés. La lâcheté du monde fait que ces fossoyeurs traitres deviennent tous les jours plus barbares et se permettent toutes les exactions. Personne n’est là pour les rappeler à l’ordre. Même un tribunal international n’a pas osé révéler la vraie identité des assassins et s’est contenté de se cacher derrière des subterfuges tels que manque de preuves etc... il faut crever l’abcès

    Sissi zayyat

    11 h 14, le 24 janvier 2021

  • DES COMBINES A GOGO. MAIS QUI EST LE VRAI PROPRIETAIRE DU NITRATE AU LIBAN ?

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 10, le 24 janvier 2021

  • Madame Psyllou semble avoir un bon cœur, ya mesquina !

    MGMTR

    17 h 40, le 23 janvier 2021

  • Salade russe???

    Eleni Caridopoulou

    16 h 45, le 23 janvier 2021

  • Hello, Suite à votre reportage il me semble utopique de trouver une solution.C'est un vrai panier de crabes qui n'aime pas leur pays.En tant qu'Ami de beaucoup de Libanaises et Libanaise je suis dans la peine de voir une situation aussi dramatique. God bless Lebanon Raymond MORET SWITZERLAND

    MORET Raymond

    16 h 15, le 23 janvier 2021

  • Hello, Je doute que vous trouviez la vérité dans ce tissu de mensonges,.C'est un vrai panier de crabes.Dommage pour le Liban qui est mon pays de coeur. Raymond Moret Ami de toutes les Libanaises et Libanais Switzerland God bless Lebanon

    MORET Raymond

    16 h 10, le 23 janvier 2021

Retour en haut