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Biden à la Blair House la veille de son investiture

C’est le département d’État qui a convié le président élu Joe Biden à passer la nuit d’hier, précédant son investiture aujourd’hui, à la Blair House, une tâche qui incombait normalement au président sortant. Ce qu’a refusé Donald Trump qui aura tout fait pour rater sa sortie.

Biden à la Blair House la veille de son investiture

La Blair House où, comme le veut la tradition, Joe Biden et son épouse ont passé la nuit d’hier. Photo sous licence creative commons

Si, depuis qu’il a perdu l’élection présidentielle, Donald Trump a refusé d’établir tout contact avec son successeur, Joe Biden, qui sera intronisé officiellement aujourd’hui 46e président des États-Unis, son administration s’est pliée aux usages pour la passation des pouvoirs. Notamment en invitant le président élu à passer la nuit précédant son investiture à la Blair House, la Guest House de la Maison-Blanche, comme le veut une coutume datant de 1977. C’est dans cette résidence surnommée The world’s most exclusive hotel, accueillant les grands de ce monde, que Joe Biden et son épouse Jill, comme leurs prédécesseurs, devaient se réveiller ce matin. Comme le veut l’usage, ils devaient y prendre leur petit déjeuner en compagnie de leur proche famille et de plusieurs responsables. En principe, pour se conformer aux traditions, Joe Biden n’aura qu’à traverser la rue pour se rendre à la Maison-Blanche, juste en face de la Blair House, où le président sortant, Donald Trump, aurait dû le recevoir autour d’un café avant qu’il ne se rende à la cérémonie d’investiture qui se déroule au Congrès. Mais cette fois encore, Donald Trump a dérogé à ses obligations et refusé de recevoir Biden qui devrait se rendre directement de la Blair House au Capitole, pour y prêter serment, la main posée sur la Bible. Après quoi, le nouveau locataire du Bureau ovale aurait dû descendre une avenue à pied jusqu’à la Maison-Blanche, acclamé par la foule. Un rendez-vous annulé pour des raisons sécuritaires afin d’éviter une déferlante des partisans de Trump voulant récidiver la tentative de prise du Capitole, le 6 janvier courant.

Capture d’écran de Salwa Roosevelt en 2014. Photo tirée de la page Facebook Arab America

Blair House restaurée par Salwa Roosevelt, née Choucair

Construite en 1824, la Blair House avait été acquise et aménagée par l’État pour y recevoir ses hôtes de marque étrangers en visite officielle. Elle a subi une grande restauration, confiée à Salwa Roosevelt qui avait été nommée chef de protocole par le président Reagan de 1982 à 1989, et qui connaissait bien la maison de par ses contacts avec les leaders mondiaux. Sous sa supervision, le relooking de la Blair House s’est achevé en 1988 après six ans de travaux. Deux décennies plus tard, Mme Roosevelt est en charge de la direction générale de cette maison d’hôtes de marque de tout le gouvernement américain. La liste des invités prestigieux compte notamment la reine Elizabeth, le roi Juan Carlos et Vladimir Poutine, Aung San Suu Kyi, leader birmane et Prix Nobel de la paix 1991 et d’autres célébrités politiques, choyés selon un rituel réglé par Salwa Roosevelt. Pour la récompenser de ses importantes initiatives dans ce domaine, le président Barack Obama lui a remis, en 2012, une haute décoration lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche. Âgée aujourd’hui de 92 ans et affichant toujours la grande forme, Salwa Roosevelt, que ses prestigieux amis surnomment Lucky, entretient d’excellentes relations avec le pays du Cèdre, non pas diplomatiques mais affectives en raison de ses origines libanaises, comme elle l’avait révélé dans une interview à L’Orient- Le Jour.

Originaire du Chouf

« Si je suis là, avait-elle confié lors de cet entretien paru le 3 décembre 2012 dans nos colonnes, c’est parce qu’à 16 ans mon père, Salim Choucair, s’est embarqué clandestinement sur un bateau qui l’a amené aux États-Unis. Arrivé de son village natal de Arsoun (Chouf), il s’installe à Kingsport (Tennessee), y fait sa vie, se marie avec une Libanaise et a deux filles. Comment je suis arrivée à la Maison-Blanche ? Grâce à ma mère Najla Choucair qui, en devenant veuve à 40 ans, s’est inscrite à l’Université de Georgetown où elle a obtenu un PhD. Nous n’avions qu’à suivre son exemple. » Salwa Roosevelt s’exécute en commençant par s’inscrire à la prestigieuse université de Vassar, notamment fréquentée par Jacqueline Bouvier, future Mme John F. Kennedy.

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Son diplôme en poche, elle postule pour un travail au département d’État, où elle se retrouve face à un responsable nommé Archibald B. Roosevelt qui n’est autre que le petit-fils du président américain Théodore Roosevelt. Entre eux, c’est le coup de foudre immédiat, ils se marient. Son époux était aussi un brillant linguiste, fasciné par le monde arabe dont il parlait couramment la langue. Salwa Roosevelt entame ensuite une carrière de journaliste au Washington Post avant d’être pressentie par le président Ronald Reagan pour le poste de chef de protocole. Son rôle : préparer notamment les rencontres du président américain avec les grands de ce monde, en mettant en place les meilleures conditions pour ces réunions. Elle accompagnera Reagan à Moscou, puis l’aidera à recevoir à la Maison-Blanche Mikhael Gorbatchev, Margaret Thatcher ainsi que les Premiers ministres japonais et chinois.

La Blair House en 1919. Photo sous licence creative commons

La faute à Churchill

Autre nom historique, et non des moindres, à être attaché à la Blair House, celui de Winston Churchill qui a été à l’origine de sa création. Le légendaire Premier ministre britannique visitait souvent le président de l’époque, Franklin Roosevelt, qui le recevait à la Maison-Blanche. Grand insomniaque, l’homme à l’éternel cigare ne se gênait pas pour réveiller ses hôtes en pleine nuit pour un brin de causette. Excédée par ces visites nocturnes impromptues, la First Lady Eleanore Roosevelt avait décidé de trouver un autre gîte pour ses hôtes. Elle optera pour une demeure de leurs voisins et amis, les Blair, située juste en face de la Maison-Blanche et proposée à la vente.


Si, depuis qu’il a perdu l’élection présidentielle, Donald Trump a refusé d’établir tout contact avec son successeur, Joe Biden, qui sera intronisé officiellement aujourd’hui 46e président des États-Unis, son administration s’est pliée aux usages pour la passation des pouvoirs. Notamment en invitant le président élu à passer la nuit précédant son investiture à la Blair...

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