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Cet été 2006, quand Nadine Abou Zaki est entrée dans « La chambre d’Alberto »...

L’auteure-philosophe et sculptrice vient de publier aux éditions L’Harmattan un roman aux forts accents de vécu, où le ressenti intime, la réflexion et l’imagination se conjuguent pour interroger les liens souterrains entre les êtres, mais aussi l’impact de leurs choix de vie...

Cet été 2006, quand Nadine Abou Zaki est entrée dans « La chambre d’Alberto »...

Nadine Abou Zaki, une romancière qui s’interroge sur les liens entre les êtres et les choix de vie qui façonnent leurs destinées. Photo DR

Septembre 2006. Une Libanaise débarque à Paris pour fuir la souffrance et l’anxiété qui la rongent depuis le déclenchement de la guerre de juillet. Dans le logement qu’elle loue pour la durée de son séjour, le regard « d’un homme dans un cadre photo » la secoue. Qui est donc cet individu qui s’est instantanément emparé de son inconscient ? Pourquoi a-t-elle cette impression lancinante, « cette intuition », qu’il ne lui est pas totalement étranger ? Qu’il parle à son âme profonde ? Troublée, fascinée, elle se met en quête de ce qui pourrait les lier.

Une quête dans laquelle elle embarque le lecteur, happé par son récit à l’écriture nerveuse et intimiste, mêlant réalité et fiction, mémoire d’un vécu collectif et ressenti personnel. Un récit aux accents de vérité, frôlant par moments le journal intime, reprenant aussitôt les rênes d’un certain suspense et réussissant au final à tenir la curiosité en haleine. Celle qui naît de la projection. Car ce livre, qui accrochera totalement certains et fera buter d’autres dès la toute première page – assez singulière, il faut le reconnaître –, fait incontestablement partie de ces ouvrages qui font écho à la vérité profonde des êtres. « Écrire pour militer. (…) Pour rendre compte. (…) Comprendre ton existence. Non pas changer le monde. Juste le comprendre. Tout simplement. Comprendre ses contradictions. Sa vérité », énonce, d’ailleurs, dans un dialogue avec elle-même, la narratrice de La chambre d’Alberto, ce tout récent opus de Nadine Abou Zaki qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan.

« La chambre d’Alberto » (L’Harmattan) est également disponible en version numérique, confinement oblige...


L’auteure et son double

Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existé est « non entièrement » fortuite. Car, vous l’aurez deviné, derrière la figure féminine centrale de ce roman est tapie la romancière avec sa vie intérieure de femme, ses fragilités, ses peurs et ses questionnements autant existentiels et ésotériques que quotidiens. Ces fameux choix quotidiens qui, subrepticement, façonnent notre destinée…

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Nadine Abou Zaki partage d'ailleurs avec Linda, le personnage central de son roman, la même pluridisciplinarité artistique et le même bouillonnement professionnel. À la fois sculptrice, écrivaine et philosophe, comme son héroïne (ou son double ? ), Abou Zaki cisèle autant les mots et les idées que la pierre. Ex-rédactrice en chef d’un magazine arabophone, cette actuelle professeure de philosophie à l’AUB peut se targuer d’être à l’origine de multiples projets, aussi divers que l’écriture d’essais, la conception de performances scéniques, des actions de sensibilisation des écoliers à l’environnement ou encore la création d’une ONG, Red Oak, très investie, ces derniers temps, dans le support psycho-social des personnes affectées par la double explosion du port de Beyrouth et par la succession de crises.

Il y avait là un esprit, une âme

Ce roman est né des affres de la guerre de juillet 2006. C’est son impact psychologique sur l’auteure qui en a été le déclencheur. « À partir de juillet 2006, j’ai passé une année entière à observer et enregistrer mes impressions, mais aussi celles des personnes qui m’entouraient pour écrire ce livre. Je l’avais, depuis le début, presque entièrement élaboré dans ma tête. Même si j’ai mis des années avant de l’achever en 2019. En fait, je m’en éloignais et j’y revenais pour de multiples raisons, dont la publication de 4 autres ouvrages entre-temps. Et puis, j’ai croisé Alberto », dit-elle dans un murmure… Alberto dont elle a « inventé l’histoire », insiste-t-elle, à partir de la figure d’un homme, Roberto Silvi, qui a réellement existé. Et qu’elle pourrait avoir rencontré dans les mêmes conditions que celles de son héroïne. « Dès que je suis rentrée dans cet appartement, j’ai été submergée par cette curiosité bizarre que je décris », confie Nadine Abou Zaki. « Il y avait un esprit et une âme présents qui ont provoqué en moi un tas d’interrogations. À partir de là et en ajoutant tout ce que j’ai pu voir, savoir, observer et sentir, j’ai bâti l’ensemble de ce récit », indique-t-elle, sibylline. On ne vous en dira pas plus pour ne pas dénaturer les arcanes de ce livre. Que son auteure souhaite garder « ouvert aux interprétations et aux projections des lecteurs ».

*Disponible à la librairie Antoine, mais également en version numérique sur le site en ligne des éditions L’Harmattan (191 pages).

Carte de visite de l’auteure

Titulaire d’un doctorat en philosophie de l’Université Paris IV-Sorbonne, Nadine Abou Zaki enseigne la philosophie à l’Université américaine de Beyrouth. Elle a à son actif plusieurs ouvrages, tous publiés aux éditions L’Harmattan Paris, dont : L’homme terrible de la ville (consacré au critique d’art Nazih Khater) ; De femme à homme ; Le lieu et le corps ; Introduction aux Épîtres de la sagesse et Le journal d’un mûrier. Écrivaine et sculptrice, elle a été nommée chevalier dans l’ordre des Palmes académiques par le ministère de l’Éducation nationale française en 2016 et a reçu le Prix international de la laïcité du Comité de la laïcité républicaine (Paris, 2009).


Septembre 2006. Une Libanaise débarque à Paris pour fuir la souffrance et l’anxiété qui la rongent depuis le déclenchement de la guerre de juillet. Dans le logement qu’elle loue pour la durée de son séjour, le regard « d’un homme dans un cadre photo » la secoue. Qui est donc cet individu qui s’est instantanément emparé de son inconscient ? Pourquoi a-t-elle cette...

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