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Économie - Finance

Racheter des entreprises sans se voir ? Le défi relevé des fusions-acquisitions en 2020

Racheter des entreprises sans se voir ? Le défi relevé des fusions-acquisitions en 2020

La pandémie de Covid-19 a chamboulé la manière de faire des affaires sur le marché des fusions-acquisitions en 2020. Photo Rido81/Bigstock

Le marché des fusions-acquisitions a été chamboulé par les restrictions sanitaires liées à la pandémie, mais les affaires en France ont surtout été affectées au premier semestre 2020. « Cette année, un de nos clients a investi dans sept entreprises, dont il n’a jamais rencontré physiquement les dirigeants », raconte à l’AFP Jérôme Pottier, un directeur des ventes de la plate-forme Datasite, qui propose des services en ligne pour accompagner des fusions et acquisitions. « Qui aurait cru ça il y a un an ? »

Difficultés de déplacement, environnement et avenir incertains, entreprises soudainement sous pression financière avec l’impact économique des restrictions sanitaires : la pandémie a porté un coup d’arrêt brutal aux négociations d’affaires après un bon début d’année 2020. En mars, avec le début du confinement national, le nombre d’accords annoncés pour des fusions ou acquisitions impliquant un acteur français ne représentait que les deux tiers du même mois en 2019, selon les données du fournisseur de données et d’analyses financières Refinitiv. Un autre tiers s’est évaporé en avril, avec seulement 97 opérations, un plus bas depuis août 2014.

Reprise forte mais contrastée

« Finalement, l’année a été moins angoissante que ce que l’on craignait au 15 mars », relativise auprès de l’AFP Isabelle Xoual, associé gérant de Lazard. Au cours de l’année, le nombre d’accords annoncés impliquant un acteur français a baissé de près d’un tiers par rapport à 2019. Mais le montant global est supérieur de 7 % à 2019 et correspond à la troisième année la plus faste de la décennie, après 2017 et 2014, selon Refinitiv. « Il y a eu une forte reprise à partir de juillet qui ne s’est toujours pas essoufflée », à laquelle s’ajoutent quelques opérations d’ampleur exceptionnelle, remarque Frédéric Jungels, associé du cabinet Allen & Overy.

Parmi les plus grosses opérations recensées pour 2020, celle lancée sur Altice Europe par son fondateur Patrick Drahi ou encore le raid de Veolia sur Suez. « Il y a beaucoup de liquidité disponible sur le marché », explique Mme Xoual, notamment grâce aux possibilités de financement accrues venant des États et des banques centrales. Toutefois, cette reprise a été hétérogène : au niveau mondial, lors du 4e trimestre, la valeur des opérations a progressé de près d’un tiers dans les domaines liés aux technologies et à la consommation, alors qu’elle a chuté d’autant dans l’immobilier et le secteur énergie/infrastructures, selon le rapport M&A d’Allen & Overy.

Changements durables dans la pratique

La crise sanitaire pourrait dans tous les cas avoir un impact durable. « J’ai l’impression qu’on a fait un saut quantique en termes de méthode et de dialogue avec les clients », analyse Mme Xoual, notamment dans les « due diligences », les audits approfondis menés sur les comptes d’une entreprise ciblée par une offre de rachat, qui sont désormais plus efficaces, assure-t-elle. Si les équipes travaillent à distance, « elles sont aussi mieux impliquées dans les visioconférences. Les plus jeunes peuvent participer ou écouter des réunions auxquelles ils n’auraient pas participé avant d’avoir quatre ou cinq ans d’expérience. C’est un accélérateur », estime-t-elle.

Des pans entiers du processus de fusions et acquisitions nés des confinements vont « perdurer », prédit M. Jungels, notamment « dans la partie exécution », comme la signature des contrats. « On ne va plus déplacer 35 personnes à l’autre bout du monde pour signer trois documents », juge-t-il par exemple. Même si « les réunions physiques permettent de faire passer des messages plus efficacement. Et le décorum pour une grande signature est important, je doute que cela disparaisse ».

Florian SOENEN/AFP


Le marché des fusions-acquisitions a été chamboulé par les restrictions sanitaires liées à la pandémie, mais les affaires en France ont surtout été affectées au premier semestre 2020. « Cette année, un de nos clients a investi dans sept entreprises, dont il n’a jamais rencontré physiquement les dirigeants », raconte à l’AFP Jérôme Pottier, un directeur des ventes...

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