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Économie - Commerce

« Dernière ligne droite » pour l’accord UE-Chine sur les investissements

« Dernière ligne droite » pour l’accord UE-Chine sur les investissements

Entamées en 2013, les négociations entre l’Union européenne et la Chine pour un accord sur les investissements vont bon train en cette fin d’année 2020. Sean Gallup/Getty Images/AFP

Les négociations entre la Chine et l’Union européenne pour un important accord sur les investissements, entamées il y a 7 ans, se sont subitement accélérées, au point que les deux parties croient à nouveau possible de le conclure avant la fin de l’année. Lancés en novembre 2013, ces pourparlers visent à protéger mutuellement les investissements européens en Chine et chinois dans l’UE. Les Européens, qui estiment avoir largement ouvert leur marché à Pékin, souhaitent voir leurs entreprises traitées de la même manière en Chine. Cela passe notamment par un meilleur respect de la propriété intellectuelle ainsi que par la fin des transferts de technologie imposés à leurs firmes et des subventions excessives accordées aux entreprises publiques chinoises.

Un compromis sino-européen permettrait en outre de cimenter les liens économiques entre les deux puissances juste avant l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, alors que Pékin est toujours en conflit commercial avec Washington. « Les négociations sont entrées dans la dernière ligne droite », a affirmé lors d’un point presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin. Elles ont, selon lui, fait d’« importants progrès » au cours des dix séances de tractations organisées courant 2020. « Nous n’y sommes pas encore, mais il est tout à fait possible que, si les choses avancent comme elles le font maintenant, nous puissions encore conclure cette année », a répondu en écho le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, à Bloomberg.

« Opportunité »

L’annonce d’un « accord politique » la semaine prochaine lors d’une visioconférence entre la présidente de Commission européenne Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen Charles Michel, le président chinois Xi Jinping et peut-être même la chancelière allemande Angela Merkel, ne peut être exclue. « Nous ne privilégierons pas la vitesse aux dépens du contenu », a cependant tempéré un porte-parole de la Commission. L’accord UE-Chine a été évoqué hier matin lors d’une réunion entre les États membres de l’UE. Selon des participants, la Commission européenne a confirmé à cette occasion que la quasi-totalité du traité, environ 95 %, était bouclée. « Il y a une opportunité en ce moment », explique un haut responsable européen. « Les Chinois ont envoyé des signaux laissant penser qu’ils veulent un accord avant que la nouvelle administration américaine ne soit en place », ajoute-t-il, estimant que Pékin est « plus flexible que jamais ». Interrogé par l’AFP, le président de la Chambre de commerce de l’UE en Chine, Joerg Wuttke, a dit espérer un accord « dans les prochains jours » si les États décident d’appuyer la négociation... Ce qui n’est pas encore fait.

Travail forcé

L’Allemagne, principale puissance commerciale de l’UE et qui occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, pousse pour un accord, qui constituait même l’une des priorités de sa présidence. Berlin envisageait initialement un sommet à Leipzig (Est) en septembre réunissant les Vingt-Sept et la Chine pour conclure le traité. Mais à cause du coronavirus, la réunion s’était transformée en visioconférence, au cours de laquelle des progrès insuffisants avaient été constatés. Les Européens en avaient également profité pour exprimer leurs préoccupations sur Hong Kong et le sort de la minorité musulmane ouïghoure, deux enjeux qui participent aux réticences de certains États membres. Pour ces mêmes raisons, la nécessaire validation du traité au Parlement européen pourrait poser problème : l’hémicycle a encore approuvé massivement jeudi une résolution condamnant le système chinois de travail forcé mis en place contre les minorités ouïghoure, kazakhe et kirghize. Sur le fond, des États membres ont exprimé hier des interrogations, en particulier sur le droit du travail – et le travail forcé –, plusieurs conventions de l’Organisation internationale du travail n’ayant pas été ratifiées par la Chine.

Clément ZAMPA, avec

Patrick BAERT/AFP

Les négociations entre la Chine et l’Union européenne pour un important accord sur les investissements, entamées il y a 7 ans, se sont subitement accélérées, au point que les deux parties croient à nouveau possible de le conclure avant la fin de l’année. Lancés en novembre 2013, ces pourparlers visent à protéger mutuellement les investissements européens en Chine et chinois dans l’UE. Les Européens, qui estiment avoir largement ouvert leur marché à Pékin, souhaitent voir leurs entreprises traitées de la même manière en Chine. Cela passe notamment par un meilleur respect de la propriété intellectuelle ainsi que par la fin des transferts de technologie imposés à leurs firmes et des subventions excessives accordées aux entreprises publiques chinoises.Un compromis sino-européen permettrait en outre de cimenter...
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