Le député Hadi Aboul Hosn a remis au procureur Ghassan Oueidate une demande d’ouverture d’une information judiciaire au sujet de la location de navires centrales. Photo ANI
Deux députés du groupe parlementaire du chef druze Walid Joumblatt, Hadi Aboul Hosn et Bilal Abdallah, ont présenté hier au procureur de la République Ghassan Oueidate, qui les a reçus au Palais de justice, une requête d’ouverture d’une information judiciaire au sujet des appels d’offres pour la location de navires centrales gérés par le ministère de l’Énergie et de l’Eau. Le magistrat a transmis le dossier au procureur général financier, Ali Ibrahim.
La démarche des deux parlementaires fait suite aux révélations du directeur de la direction des adjudications, Jean Ellieh, qui avait dénoncé il y a un mois lors d’une conférence de presse une série d’abus présumés au ministère de l’Énergie. M. Ellieh avait notamment fait état de l’élaboration d’appels d’offres « toujours » taillés à la mesure d’un même soumissionnaire, « ce qui contrevient à la loi sur les adjudications et aux règles établies pour préserver les deniers publics », selon Hadi Aboul Hosn.Le député a réclamé l’ouverture d’une enquête « urgente avec des anciens ministres, des conseillers et des fonctionnaires » et insisté sur la nécessité que les personnes qui se seraient rendues responsables de dilapidation de fonds publics et de faits de corruption dans le cadre de cette affaire soient jugés conformément aux dispositions de la loi sur l’enrichissement illicite et de celle sur la lutte contre la corruption, récemment votée au Parlement.
M. Aboul Hosn, qui a exposé à la presse les motivations de l’initiative de son groupe, a ensuite pris à partie implicitement le président Michel Aoun. « Nous misons dans ce Palais (de justice) sur les juges qui savent (…) préserver les deniers publics et rétablir la justice, alors que d’autres palais continuent de s’assombrir à cause de conseillers, de quelques privilégiés et héritiers gâtés », a-t-il dit, en allusion à Baabda, aux conseillers et au gendre du chef de l’État, l’ancien ministre Gebran Bassil, qu’il a accusés d’ « assujettir la justice à des fins politiques et sectaires ».
Évoquant l’enquête dans l’affaire de la double explosion au port de Beyrouth, il a vu dans « l’insurrection contre la justice libanaise le résultat des interférences dans la magistrature ». Le parlementaire faisait ainsi référence à la levée de boucliers politico-communautaire contre l’inculpation par le juge d’instruction près la cour de justice, Fady Sawan, du Premier ministre sortant Hassane Diab, ainsi que des anciens ministres des Finances Ali Hassan Khalil et des Travaux publics Ghazi Zeaïter (tous deux députés) et de Youssef Fenianos, dans le cadre de l’enquête sur la tragédie du port.


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06 h 41, le 16 décembre 2020