Le vice-président, Mike Pence, et le secrétaire d’État, Mike Pompeo, lors d’une conférence de presse à l’ambassade américaine d’Ankara, en octobre 2019. Photo AFP
Les États-Unis ont imposé lundi des sanctions à la Direction des industries turques de la défense (SSB), son président et trois employés, pour punir l’acquisition par la Turquie, membre de l’OTAN, du système antimissile russe S-400. Ankara, qui a fait l’acquisition de ce système de défense antiaérienne et antimissile à la mi-2019, assure que cette arme ne représente aucune menace pour les alliés de l’Alliance atlantique. Washington ne partage pas cet avis et a exclu l’année dernière la Turquie d’un programme d’avions de combats F-35.
Les sanctions, publiées par le département du Trésor, prévoient d’interdire la délivrance aux États-Unis de toute licence d’exportation à la SSB. Elles prévoient aussi de geler les avoirs du président de l’agence gouvernementale turque, Ismail Denir, et de trois employés de la SSB, qui seront également interdits de séjour aux États-Unis. Le secrétaire d’État US Mike Pompeo a déclaré que l’acquisition des S-400 avait nui à la sécurité du personnel et de la technologie de l’armée américaine, et que Washington avait depuis longtemps alerté Ankara de cet état de fait, et ce « au plus haut niveau ». Il a exhorté la Turquie à régler ce problème en coordination avec les États-Unis, ajoutant qu’Ankara était un allié et un partenaire de sécurité important pour les États-Unis. Lundi, lors d’une réunion de son cabinet, le président turc Recep Tayyip Erdogan s’était déclaré choqué que Washington s’apprête à aller au bout de sa menace de sanctions. Il a assuré que ni les sanctions américaines ni les sanctions européennes ne dissuaderaient la Turquie de défendre ses droits.
Le ministère turc des Affaires étrangères a estimé que les sanctions nuiraient aux relations américano-turques et exhorté les États-Unis à corriger cette « grave erreur », ajoutant que la Turquie prendrait des mesures de rétorsion si nécessaire. À Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a pour sa part dénoncé des sanctions illégitimes prouvant le mépris des États-Unis à l’égard du droit international.
Source : Reuters


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine