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Lifestyle - Un peu plus

« Celui qui se tait face à l’injustice est un démon muet »

« Celui qui se tait face à l’injustice est un démon muet »

Photo d’illustration Bigstock

« Btaarif min ana ? », « Ibn min ? », « Mart min ? » « Tu sais qui je

suis ? » « Le fils de qui ? » « La femme de qui ? » Tu sais avec qui tu parles ? Combien de fois a-t-on entendu quelques petits morveux, certains enfants ou épouses de ministres et de personnalités puissantes, alléguer cela face à un citoyen libanais, qu’ils considéraient comme appartenant à la plèbe ? Combien de fois ont-ils craché leur mépris à la figure d’une personne lambda, le sourire au coin des lèvres, et les menaces fusantes ? Combien de fois ont-ils utilisé leur filiation pour se sortir d’une bagarre, d’un coup fumeux ou d’une queue de poisson, se croyant au-dessus des lois; lois qu’ils n’ont jamais

respectées ?

Ces enfants-là ont profité du système. Ont joué des relations de leurs parents et de leur position. Aujourd’hui encore, il y a quelques sales gosses qui essaient de jouer de leur notoriété totalement factice. Sauf que le vent tourne. Et eux, comme leurs parents, sont devenus les cibles de la rage de cesdits citoyens libanais, écrasés par un effondrement économique et social sans précédent. Le vent tourne. «  Btaarif min ana ? », justement, on le sait et il est préférable pour toi qu’on ne s’en souvienne pas. Parce que voilà, chers fils, filles, épouses de, chers people et politiciens de pacotille, en tout cas certains d’entre vous, vos noms, vos fonctions et votre argent sont devenus les synonymes de la corruption, des crimes et autres exactions. Et vous l’avez mérité. Vous avez mérité qu’on vous interpelle dans les restaurants ou au bas de vos immeubles et résidences. Vous avez mérité d’être jetés en pâture sur les réseaux sociaux et dans les médias. Vous avez mérité que l’on enquête sur vous. Que l’on raconte ce que vous faites, comment vous célébrez vos anniversaires, où vous passez vos vacances, où vous vivez à l’étranger. Et ce n’est pas qu’une question d’argent volé. C’est à cause de vos actions et de votre attitude envers un peuple qui ne vous a rien fait.

D’aucuns ont usé de leur pouvoir et de leurs relations pour commettre l’inadmissible. Comme le mari de la propriétaire d’une banque qui, depuis le capital control, sort l’argent du pays pour ses connaissances (ou pas) moyennant une commission bien évidemment, s’enrichissant allègrement et sans scrupules, en se vantant à qui veut l’entendre qu’ils viennent d’acheter un appartement à Paris. Comme certains enfants et femmes de... qui s’en mettent plein la panse dans des restaurants haut de gamme, quand 60 % de la population libanaise (Wou l’kheir la eddem) vit sous le seuil de pauvreté et crie famine. Comme certains enfants de ministres qui dépensent des centaines de milliers de dollars pour convoler sous d’autres cieux. Vous le méritez et vos privilèges disparaissent jour après jour comme peau de chagrin.

Finis les khat aasskaré et les zammour khatar quand vous êtes coincés dans les embouteillages, parce que vous risquez d’être bouffés tout crus par vos concitoyens, exaspérés par votre arrogance, révoltés de vous voir vivre dans une indécence des plus abjectes. Le vent tourne et il risque fort probablement de mal tourner quand les subventions arriveront très prochainement à terme. Les Libanais ne vous veulent pas de mal. Ils n’en peuvent plus. Ils sont fatigués et désespérés d’avoir été jetés dans un gouffre sans fond. Et vous ne le voyez pas. Vous continuez à errer dans votre La La Land, coincés dans cette bulle qui vous empêche de voir le monde extérieur. Cette bulle qui n’a pas éveillé votre conscience. Mais cette bulle commence à éclater et nous, comme vous, serons impuissants face à la colère d’un peuple qui ne comprend pas pourquoi vous n’avez pas utilisé vos privilèges pour lui porter secours. Pourquoi vous ne lui avez pas tendu la main. Et ce ne sont pas quelques petits gestes à droite et à gauche qui pourraient ressembler au rachat d’une bonne conscience, qui vous exempteront de vos précédents actes. Ce n’est qu’une goutte dans l’océan de ce qui a été fait aux Libanais. Et le pire, c’est que vous faites souvent preuve de lâcheté quand vous êtes attaqués, et même si vous n’avez pas commis de crimes ni n’avez volé d’argent, on appelle ça de la complicité… Et comme il est dit dans les Hadith : « Celui qui se tait face à l’injustice est un démon muet. »


« Btaarif min ana ? », « Ibn min ? », « Mart min ? » « Tu sais qui je suis ? » « Le fils de qui ? » « La femme de qui ? » Tu sais avec qui tu parles ? Combien de fois a-t-on entendu quelques petits morveux, certains enfants ou épouses de ministres et de personnalités puissantes, alléguer cela face à un citoyen libanais,...

commentaires (1)

Très juste !

Brunet Odile

14 h 09, le 11 décembre 2020

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Commentaires (1)

  • Très juste !

    Brunet Odile

    14 h 09, le 11 décembre 2020

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