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Sit-in devant la LAU à Beyrouth "contre les vols commis par les universités privées"


Sit-in devant la LAU à Beyrouth

"Mon éducation n'est pas une monnaie d'échange", peut-on lire sur cette pancarte tenue par une étudiante lors d'un sit-in devant la LAU, à Koraytem, le 10 décembre 2020. Photo ANI

Des étudiants de la Lebanese American University (LAU) ont manifesté jeudi devant le bâtiment principal de l'établissement à Beyrouth, dans le quartier de Koraytem, contre la décision annoncée la veille d'indexer les frais de scolarité au taux de 3.900 livres libanaises pour un dollar, au lieu du taux officiel de 1.500 livres, comme c'était le cas jusqu'à présent. 

Le taux de 3.900 livres est observé par les banques pour certaines transactions, ainsi que chez les changeurs agréés, sur un nombre très limité d'opérations de change, tandis que le taux, officiel, de 1.500 livres, est devenu quasiment virtuel, sauf par exemple pour les versements de la majorité des salaires. 

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L'appel à manifester avait rapidement été lancé mercredi après l'annonce de l'indexation des frais de scolarité au taux de 3.900 livres libanaises pour un dollar, sous le slogan "Nous ne paierons pas, l'éducation n'est pas un produit de consommation". Près d'une centaine d'étudiants et de membres du personnel enseignant de la LAU y ont répondu. "Contre les vols commis par les universités privées", ont encore scandé les universitaires, qui ont appelé les étudiants de tous les établissements à "se serrer les coudes" face à la crise.

Un porte-parole des étudiants a déclaré que "le conseil étudiant au sein de l'université rejette" la décision de l'administration. "L'enseignement est un droit, mais il devient un luxe si les frais de scolarité augmentent", a-t-il lancé. La lutte contre la dollarisation des frais de scolarité est pourtant une des principales batailles des représentants indépendants aux élections estudiantines à la LAU, qui ont remporté la majorité des sièges dans les deux campus de l'établissement universitaire. 

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Réagissant à cette manifestation, le doyen en charge des affaires estudiantines de l'université, Raëd Mohsen, a souligné que l'établissement avait été "obligé" d'augmenter ses tarifs, ses dépenses étant calculées selon le taux de change sur le marché noir (qui dépasse depuis plusieurs jours les 8.000 livres). Il a fait porter la responsabilité de cette hausse "aux autorités, aux gouvernements successifs et à la politique de la Banque du Liban", appelant les étudiants à organiser plutôt leur sit-in devant les différents sièges du pouvoir et non devant l'université. "Manifestez devant le Parlement et la BDL afin qu'ils trouvent des solutions à la question des frais universitaires", a-t-il déclaré. 

L'Université américaine de Beyrouth (AUB) avait également indexé, mardi, ses frais de scolarité au taux de 3.900 livres. 

Depuis le début de la crise financière et économique au Liban, il y a plus d'un an, les banques ont imposé des restrictions aussi drastiques qu'illégales sur les retraits des dépôts. La monnaie nationale, indexée sur le dollar, a connu une forte dévaluation. Il faut ces derniers jours plus de 8 000 livres pour un dollar au taux du marché noir. Toutefois, le taux de change officiel, en vigueur avant la crise, n'a pas bougé et demeure de 1 515 livres pour un dollar. C'est à ce taux que sont par exemple payés les salaires des employés du secteur public, ce qui a engendré un effondrement conséquent de leur pouvoir d'achat. De son côté, la Banque du Liban a mis en place un taux de 3 900 livres pour un dollar pour les retraits d'argent à partir de comptes en devises.

Des étudiants de la Lebanese American University (LAU) ont manifesté jeudi devant le bâtiment principal de l'établissement à Beyrouth, dans le quartier de Koraytem, contre la décision annoncée la veille d'indexer les frais de scolarité au taux de 3.900 livres libanaises pour un dollar, au lieu du taux officiel de 1.500 livres, comme c'était le cas jusqu'à présent. Le taux de 3.900 livres est observé par les banques pour certaines transactions, ainsi que chez les changeurs agréés, sur un nombre très limité d'opérations de change, tandis que le taux, officiel, de 1.500 livres, est devenu quasiment virtuel, sauf par exemple pour les versements de la majorité des salaires.  Lire aussi Au Liban, les universités privées en mode survie L'appel à manifester avait rapidement été lancé mercredi après...