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Société - Explosions de Beyrouth

« Aujourd’hui commence la vraie bataille pour la justice », lancent les parents des victimes

Quatre mois après la catastrophe, « un manque de sérieux » au niveau de l’enquête et des « protections politiques » sont dénoncés.

« Aujourd’hui commence la vraie bataille pour la justice », lancent les parents des victimes

Des manifestants allumant des bougies en hommage aux victimes de la double explosion du port de Beyrouth, le 4 décembre 2020. Photo ANI

Quatre mois après la gigantesque double explosion au port de Beyrouth, le 4 août, les Libanais restent dans le noir absolu pour ce qui est des circonstances qui ont conduit à une déflagration ayant détruit la moitié de la ville, fait plus de 200 tués, des milliers de blessés dont plusieurs sont restés handicapés et des centaines de milliers de sans-abri. Une opacité qui fait craindre des tentatives de dissimulation de la vérité, d’autant que le 8 août, un responsable de l’Élysée devait révéler à la presse qu’il y avait « suffisamment d’éléments objectifs pour supposer que le hangar a explosé pour des raisons accidentelles ». La thèse d’une négligence était avancée, mais sans éléments concrets pour l’étayer.

C’est pour dénoncer cette opacité et mettre en garde contre des atermoiements que plusieurs dizaines d’activistes et de parents de victimes de l’explosion se sont rassemblés vendredi devant le Palais de justice avant de marcher jusqu’au port où ils ont organisé un sit-in. Après avoir allumé des bougies en mémoire des personnes décédées des suites de la déflagration, une porte-parole des proches de victimes a donné lecture d’un communiqué dans lequel elle a d’emblée assuré que « le déroulement de l’enquête judiciaire n’est pas rassurant à cause d’un manque de sérieux que nous constatons et parce que les protections politiques semblent entrer en jeu ». Elle a ensuite lancé : « Aujourd’hui commence la vraie bataille pour la justice », avant de rappeler que le premier juge d’instruction, Fadi Sawan, « avait reconnu que des hommes politiques pouvaient être impliqués » et avait demandé au Parlement – dont un organe (la Haute Cour de justice, NDLR) est habilité à poursuivre les membres du gouvernement – l’ouverture d’une enquête sur trois ministres au sein du gouvernement sortant.

La porte-parole a appelé à ce que le juge Sawan « puisse jouir de prérogatives lui permettant de poursuivre des Premiers ministres, ministres et responsables sécuritaires », et qu’il puisse les interroger en tant qu’« accusés et non témoins », sans aucune immunité. Elle a encore invité « tous les partis et responsables politiques à laisser la justice faire son travail » et annoncé que, maintenant que la revendication des proches de victimes concernant l’assimilation des personnes décédées lors de l’explosion aux « martyrs de l’armée » avait été entendue, ils allaient « continuer à lutter » pour que les droits des personnes blessées soient respectés.

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Les participants à cette mobilisation avaient sillonné les rues de la capitale pour se rendre devant le port. Ils avaient brandi des drapeaux libanais, appelant les citoyens à descendre dans la rue contre « la corruption, l’oppression, le confessionnalisme, le clientélisme », scandant des « Thaoura » (révolution). En tête du convoi, certains d’entre eux tenaient une banderole sur laquelle on pouvait lire « Gouvernez au nom du peuple, plutôt que de gouverner le peuple ».

Quatre mois après le drame, le gouvernement n'a toujours pas annoncé les résultats de l'enquête. Les autorités ont refusé qu'une enquête internationale soit diligentée. Une grande partie de l'opinion publique accuse les dirigeants et les politiciens, au pouvoir depuis des décennies, d'être responsables de la tragédie, en raison de leur corruption et leur incompétence. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées, dont des hauts fonctionnaires du port et des douanes mais aussi des responsables de la sécurité du port.

Le plus grave étant que la plupart des dirigeants étaient au courant des dangers que posait le stockage d'une énorme de nitrate d'ammonium au port de Beyrouth, à quelques centaines de mètres seulement des quartiers résidentiels de Beyrouth, déplorent des proches de victimes et des militants. Le président Michel Aoun, le Premier ministre sortant Hassane Diab, des membres de son gouvernement mais aussi des responsables des services de sécurité avaient été avertis du danger.


Quatre mois après la gigantesque double explosion au port de Beyrouth, le 4 août, les Libanais restent dans le noir absolu pour ce qui est des circonstances qui ont conduit à une déflagration ayant détruit la moitié de la ville, fait plus de 200 tués, des milliers de blessés dont plusieurs sont restés handicapés et des centaines de milliers de sans-abri. Une opacité qui fait craindre...
commentaires (1)

Et s'il se posait, simplement, un problème de compétence de la part des responsables chargés de l'enquête ? Il est incroyable que, plusieurs mois après ce tragique "accident", l'on ait seulement quelques sous fifres à être mis en cause . Ces ridicules avancées , intolérables et injustifiables démontrent simplement l'enchevêtrement et la connivence, en haut lieu de ces gens qui ne souhaitent absolument pas que la vérité éclate . Un simple enquêteur de quatrième zone aurait des avancées plus significatives...

C…

22 h 29, le 04 décembre 2020

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Commentaires (1)

  • Et s'il se posait, simplement, un problème de compétence de la part des responsables chargés de l'enquête ? Il est incroyable que, plusieurs mois après ce tragique "accident", l'on ait seulement quelques sous fifres à être mis en cause . Ces ridicules avancées , intolérables et injustifiables démontrent simplement l'enchevêtrement et la connivence, en haut lieu de ces gens qui ne souhaitent absolument pas que la vérité éclate . Un simple enquêteur de quatrième zone aurait des avancées plus significatives...

    C…

    22 h 29, le 04 décembre 2020

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