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ÉCLAIRAGE

La nomination remarquée de Rima Dudin, une Américaine d’origine palestinienne, à la Maison-Blanche

Joe Biden annonçait, lundi, la désignation de la jeune Américano-Palestinienne au poste de directrice adjointe du Bureau des affaires légales au sein de la nouvelle administration.

La nomination remarquée de Rima Dudin, une Américaine d’origine palestinienne, à la Maison-Blanche

Rima Dudin. Photo tirée des réseaux sociaux

Sa nomination est un symbole, bien plus qu’un véritable changement de fond. Rima Dudin sera la première Américaine d’origine palestinienne à faire son entrée à la Maison-Blanche à un poste de haut niveau, a annoncé lundi le nouveau président élu. À l’occasion de la préparation de la transition politique et de l’annonce d’une série de nominations, Joe Biden a en effet surpris par son choix de nommer la jeune femme au poste de directrice adjointe du Bureau des affaires légales. Une première en politique américaine.

Née en Californie, cette ancienne de Berkeley et de l’Université de l’Illinois devrait prendre ses fonctions à partir du 20 janvier, date officielle du début du nouveau mandat présidentiel.

Les informations concernant son parcours se limitent à l’essentiel : ses études en sciences politiques et en droit, les étapes de sa carrière au Sénat puis la publication d’un livre sur les procédures parlementaires.

Un itinéraire d’activiste se lit également, en filigrane, depuis les années étudiantes où elle devient membre du mouvement propalestinien Boycott, Divestment, Sanctions (BDS) et « organisait des rassemblements anti-israéliens à l’Université de Californie », rappelle la chaîne israélienne i24. L’empreinte de son engagement politique se retrouve, plus tard, à travers sa proximité avec la Jenkins Hill Society, un mouvement de soutien aux femmes en politique, ou encore le New Leaders Council, qui vise à « former la prochaine génération d’entrepreneurs progressistes ».

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Mais difficile de savoir qui est Rima Dudin au-delà des grandes étapes qui ont jalonné ce parcours initié par la grande porte, et préambule d’une carrière ascendante. En ligne, sa présence est bien plus discrète que la plupart des individus de sa génération engagés en politique. « Son compte Twitter est mystérieusement passé en mode privé », ironise la chaîne israélienne i24. Peut-être parce que Rima Dudin, contrairement à d’autres, n’est ni une élue ni une femme publique. Elle est, au contraire, passée par les étroits couloirs de la technocratie d’élite.

Les observateurs, jusqu’aux plus critiques, s’accordent pourtant sur une chose : la jeune femme dispose d’un crédit politique certain dans les cercles démocrates, où elle a fait ses armes en travaillant auprès du comité judiciaire pour les droits de l’homme du Sénat, au sein de l’équipe de campagne de Barack Obama puis en tant que directrice adjointe du cabinet du sénateur démocrate Dick Durbin. « Elle est intelligente, fiable et bénéficie du respect des membres des deux côtés du spectre politique : Rima est le soutien dont notre nouveau président a besoin au Sénat », s’enthousiasme ce dernier sur son compte Twitter.

Un entrain largement partagé par la presse palestinienne et arabe, pour qui Rima Dudin, première femme arabe à intégrer un poste hiérarchiquement élevé au sein de l’administration fédérale, représente une victoire riche en symboles. Celle du retour des voix palestiniennes dans les hautes sphères de l’administration américaine après quatre années dominées par une mise au ban systématique. « Félicitations à la brillante Rima, fille de Samia et Bajis Dudin ! » se réjouit sur Twitter un membre de la famille Dudin.

Une affaire de symboles

Alors que cette nomination est le signe d’une volonté d’ouverture, elle marque également la fin d’une politique intraitable à l’égard des interlocuteurs palestiniens. Un des piliers de la politique étrangère de Donald

Trump, le soutien sans conditions à l’État hébreu, a été abondamment dénoncé par Ramallah.

Joe Biden, de son côté, a été clair sur le fait qu’il ne reviendrait pas sur certains choix de l’administration précédente, comme par exemple le déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem. Mais le nouveau président devrait se montrer plus conciliant à l’égard des Palestiniens, en concédant certains gestes symboliques comme le rétablissement des subventions à l’Unrwa ou la reprise de liens diplomatiques avec l’Autorité palestinienne Rima Dudin pourrait représenter le premier pas en direction de cette politique de la main tendue.

Mais pour certains observateurs, sa nomination s’inscrit également dans une tendance plus large, celle de la progression de la représentation palestinienne au sein des institutions américaines – après l’élection d’Athena Salman, élue en 2016 à la Chambre des représentants de l’Arizona ; de Rashida Tlaib, première Palestino-Américaine à faire son entrée au Congrès en 2019 ; ou bien encore d’Iman Jodeh, élue en 2020 à la Chambre des représentants de l’État du Colorado.

Une évolution qui n’est évidemment pas du goût de tous. Incarnation pour les uns d’un espoir retrouvé, Rima Dudin représente, pour d’autres, une menace. La chaîne israélienne i24 rappelle ainsi que cette militante propalestinienne « prenait la parole en 2002, au plus fort de la frénésie terroriste palestinienne qui tuait des Israéliens quotidiennement, pour défendre les attaques en disant que les kamikazes étaient les derniers recours d’un peuple désespéré ». Rima Dudin est « connue et reconnue pour justifier les attaques contre les juifs », estime la chaîne qui prétend également que la jeune femme serait en lien avec une organisation américaine pro-islamique – une information que L’OLJ n’a pas été en mesure de vérifier. Difficile pourtant d’imaginer Joe Biden, sioniste autoproclamé et considéré comme proche de certains lobbys pro-israéliens tels que l’Aipac, faire un choix aussi marqué politiquement.

Les critiques s’étendent également à certaines voix arabes. Rima Dudin est originaire du village de Dura dans la région d’Hébron, en Cisjordanie occupée, et, comme beaucoup de Palestiniens, elle est détentrice du passeport jordanien. Mais certains, sur les réseaux sociaux, dénoncent une attitude complaisante qu’aurait eue la famille Dudin à l’égard des sionistes dans les premières années de l’État israélien. À l’instar de ce qu’écrit un internaute sur Twitter : « Joe Biden a engagé une Palestinienne issue d’une famille de collaborateurs sionistes. Son grand-père, Mustafa Dudin, a fondé les ligues de villages d’Hébron et était un ami de Yigal Carmon, le gouverneur militaire israélien en charge de la ville. »

S’il est peu probable que ce choix affecte la ligne politique annoncée par le candidat Biden, la nomination de Rima Dudin restera donc une affaire de symboles.


Sa nomination est un symbole, bien plus qu’un véritable changement de fond. Rima Dudin sera la première Américaine d’origine palestinienne à faire son entrée à la Maison-Blanche à un poste de haut niveau, a annoncé lundi le nouveau président élu. À l’occasion de la préparation de la transition politique et de l’annonce d’une série de nominations, Joe Biden a en effet...

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Bof.... Comme d’habitude, l’ingratitude étant le point fort , elle pourrait foutre le bordel au sein de l’administration US et ne fera pas long feu. Sauf si elle est intelligente et se comporte en citoyenne américaine laissant son militantisme au vestiaire. Ce sont les USA qui l’ont recruté et propulsé et non l’autorité palestinienne ou le hamas.

RadioSatellite.co

01 h 28, le 28 novembre 2020

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Commentaires (1)

  • Bof.... Comme d’habitude, l’ingratitude étant le point fort , elle pourrait foutre le bordel au sein de l’administration US et ne fera pas long feu. Sauf si elle est intelligente et se comporte en citoyenne américaine laissant son militantisme au vestiaire. Ce sont les USA qui l’ont recruté et propulsé et non l’autorité palestinienne ou le hamas.

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    01 h 28, le 28 novembre 2020