Rechercher
Rechercher

Corruption

Abus de pouvoir, pots-de-vin, chantage... : un responsable de l’aéroport suspendu de ses fonctions

La procédure judiciaire avait été lancée en novembre 2019.

Abus de pouvoir, pots-de-vin, chantage... : un responsable de l’aéroport suspendu de ses fonctions

Omar Kaddouha, chef de la sécurité de l’aviation civile à l’AIB. Photo DR

La justice a mis mercredi sous les projecteurs un dossier de corruption ouvert en novembre 2019 par le procureur général financier, Ali Ibrahim, dans la foulée de son action anticorruption impulsée par le mouvement du 17 octobre. C’est donc un an plus tard que le dossier impliquant le chef de la sécurité de l’aviation civile à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), Omar Kaddouha, est parvenu au premier juge d’instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour. Faisant suite aux poursuites engagées à l’époque par le parquet contre M. Kaddouha, le juge a décidé de suspendre ce dernier de ses fonctions et de l’interdire de voyage. Motifs invoqués : abus de pouvoir, pots-de-vin, chantage contre plusieurs compagnies aériennes et gaspillage de fonds publics.

L’action en justice contre le fonctionnaire est intervenue suite à un arrêt du Conseil d’État, obligeant le gouvernement à payer des dommages-intérêts de plus de 50 millions de dollars à des compagnies d’aviation qui avaient porté plainte contre des agissements attribués à M. Kaddouha. Celles-ci l’accusent d’avoir « exercé contre elles des chantages », puis de les avoir « privées de leurs licences, empêchant leurs avions d’atterrir à l’aéroport et d’en décoller ». Des accusations que les proches du fonctionnaire rejettent.

Dans les faits, il est reproché à M. Kaddouha (en poste depuis 2008) d’avoir retiré les licences parce que les entreprises avaient « refusé de lui verser les sommes importantes qu’il réclamait en échange de l’ouverture de l’espace aérien ». La compagnie Imperial, appartenant à un Palestinien détenant la nationalité allemande, Abed Jaouni, aurait vu ainsi sa licence retirée en 2010, et la compagnie Bsat el-Rih, présidée par Mazen Bsat, aurait subi le même sort en 2014. Malgré la décision du Conseil d’État qui lui avait donné gain de cause, Imperial a porté un recours en arbitrage international à New York. Ce recours aurait eu lieu après l’échec d’un arrangement qu’aurait alors voulu conclure le chef du gouvernement Saad Hariri (dont M. Kaddouha est proche), pour réduire les indemnités dues par l’État. La décision de la juridiction internationale n’a pas encore été émise.

Le billet de Gaby NASR

L’art et la bananière

Dans les milieux proches de M. Kaddouha, on justifie la fermeture de l’espace aérien face à ces entreprises par leur « non-conformité aux lois internationales de la sécurité publique ».

« Après avoir en vain demandé aux compagnies de remédier à leurs failles, il aurait établi plusieurs rapports d’inspection qu’il aurait transférés aux directeurs généraux en charge à l’époque des faits », indique-t-on de mêmes sources, en précisant que les décisions de fermeture reviennent finalement aux ministres des Transports et des Travaux publics et que la justice devrait interroger les ministres qui étaient successivement à la tête de ce portefeuille. Ghazi Aridi et Ghazi Zeaïter étaient en charge du ministère, le premier au moment du retrait de l’autorisation à la compagnie Imperial, et le second lorsqu’il s’est agi de l’affaire Bsat el-Rih.

Toujours selon les mêmes sources, c’est suite à une dénonciation judiciaire présentée en 2018 par Fawaz Fawaz, propriétaire d’une agence de voyage, New Plaza Tours, que le parquet financier a intenté son action contre le fonctionnaire. M. Fawaz voulait « se venger du refus de M. Kaddouha de faire atterrir un avion dont il était propriétaire », selon cette source qui motive le refus par le fait que « l’engin était interdit de navigation par la Federal Administration Aviation » (FAA), une agence gouvernementale des États-Unis. En élargissant son enquête, le procureur financier Ali Ibrahim aurait entendu les dépositions de MM. Jaouni et Bsat, lesquelles auraient conduit à l’examen du gaspillage des fonds publics dans laquelle est impliqué M. Kaddouha.

À noter que Fawaz Fawaz est détenu en prison depuis l’été 2019, suite aux nombreuses fraudes qu’il a commises à l’encontre de voyageurs, de compagnies aériennes et de plates-formes de réservation d’hôtels.


La justice a mis mercredi sous les projecteurs un dossier de corruption ouvert en novembre 2019 par le procureur général financier, Ali Ibrahim, dans la foulée de son action anticorruption impulsée par le mouvement du 17 octobre. C’est donc un an plus tard que le dossier impliquant le chef de la sécurité de l’aviation civile à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), Omar...

commentaires (7)

C'est tellement inhabituel de citer en corruption quelqu'un au Liban que ca paraît peu crédible et incroyable. ou alors il a été lâché par un poisson plus gros que lui.

Citoyen

17 h 49, le 20 novembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • C'est tellement inhabituel de citer en corruption quelqu'un au Liban que ca paraît peu crédible et incroyable. ou alors il a été lâché par un poisson plus gros que lui.

    Citoyen

    17 h 49, le 20 novembre 2020

  • Welcome to Lebanon !!!

    JB El catalán

    10 h 17, le 20 novembre 2020

  • A travers eux on parviendra jespere a limoger leurs maitres qui les protegent. Kellon yaane kellon

    Elkhazen maud

    10 h 02, le 20 novembre 2020

  • S’il a été relevé de ses fonctions c’est qu’il y a des preuves accablantes contre lui. Alors pourquoi est il encore en liberté et non pas en détention préventive ou du moins en garde à vue

    Liberté de Penser

    09 h 57, le 20 novembre 2020

  • ce sont les gros bonnets qu'ils nous faut

    Le Phenicien

    08 h 39, le 20 novembre 2020

  • Aucune idée qui est ce monsieur et s'il est coupable ou pas, mais nous nous sommes habitués a voir des gens faire leur travail et être sanctionnés justement pour avoir refusé d'être corrompu. Finalement il sera peut être coupable et jugé alors que ceux qui ont dilapidé 100 milliards sont toujours libre et ayant toujours pleins pouvoirs de nuisance. Idem pour les responsables de l'explosion du port... etc... Ils accusent ce monsieur d'être un proche de Hariri, soit, mais personne ne nous dit de qui les Jaouni, Bsat et compagnie sont proche de ...?

    Pierre Hadjigeorgiou

    08 h 37, le 20 novembre 2020

  • Ce horrible déballage sans fin et sans fonds... Et tous archi innoncents et accusés à tort, bien sûr...

    NAUFAL SORAYA

    06 h 51, le 20 novembre 2020