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Nos lecteurs ont la parole

Le putois arrosé

« À quelques-uns, l’arrogance tient lieu de grandeur ; ... et la fourberie, d’esprit. » (La Bruyère)

Branle-bas de combat

Dans la jungle ici-bas,

Où le petit putois

Ses affidés, il convoqua.

Il rouspéta,

Contesta,

Philosopha

Puis leur parla,

En grand mytho qu’il était,

De l’infamie qui l’avait frappé

De plein fouet.

« Souillée

Est mon intégrité

Par des benêts

Qui ont le toupet

De m’accuser

De duplicité,

De cupidité,

Et de me dépouiller,

De ce que j’ai pu assembler

Ces quinze dernières années.

Mais telle est la fatalité

Et ma croix je porterai.

Quant aux traîtres locaux

Qui veulent ma peau,

De quel bois je me chauffe,

Je leur montrerai. »

Au fil de ses logorrhées,

Il omit de mentionner

Qu’il était fin prêt

À déserter

Son meilleur allié.

La puanteur augmenta

Et importuna

Toute l’assemblée.

Certains, tremblant à l’idée

Que leur tour viendrait,

Se demandaient

S’il n’était pas temps

De quitter la forêt.

Le rat se terra,

Le renard se barra,

La belette décampa

Et le serpent s’esquiva,

Laissant seul le crapaud

S’emmêler les pinceaux.

Le zèbre monta sur ses ergots.

« Je n’en crois pas un mot

Et lui trouve bien du culot,

À ce grand margoulin

Qui se croit très fin.

Ce charlatan à la langue fourchue

Et à l’esprit obtus,

Par ses fabulations,

Nous met tous en perdition. »

Perché sur un acacia,

Le corbeau se dauba

Devant un tel tableau.

« Advienne que pourra,

J’en tirerai mon lot.

Je garde le bec clos

Et laisse ce putois émoussé

Creuser son propre fossé.

Ma route vers le palais

Semble toute tracée. »

La hyène s’insurgea

Contre les calomnies

Envers son dauphin chéri.

« Face à cette tyrannie,

Je rendrai

Mon tablier

Si ces accusations

S’avèrent être vraies. »

« Quand les poules auront des dents »,

Répliquèrent les récalcitrants,

Qui en avaient assez

De tous ces boniments.

Quoi qu’il en soit,

Souviens-toi,

Petit putois,

Qu’à vouloir jouer au plus malin,

On finit par se brûler les doigts.

Savoir se taire

Reste la meilleure affaire.

Toute ta surenchère

Est du pipeau.

Seuls tes moutons

Sont acquéreurs,

Et les flatteurs

T’abandonneront

À la première occasion.

Rappelle-toi,

Petit putois,

Qu’à plus fort que soi se frotter

Est une gageure de trop.

D’autres t’ayant précédé

En ont payé le prix gros.

Ouvre donc grands les yeux.

Le peuple n’oublie jamais

Le mal qu’on lui a fait,

Ni les souffrances infligées

Par vous autres mafieux.

Un jour, vous payerez

Pour vos actes odieux.

L’histoire de l’humanité

Est forgée

Par de grands esprits

Dont tu ne feras jamais partie.

Elle sera à jamais entachée

Par l’ignominie

Dont vous avez tous accablé

Ce petit pays tourmenté

Qui n’aspire qu’à un brin de paix.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

« À quelques-uns, l’arrogance tient lieu de grandeur ; ... et la fourberie, d’esprit. » (La Bruyère)Branle-bas de combatDans la jungle ici-bas,Où le petit putoisSes affidés, il convoqua.Il rouspéta, Contesta,Philosopha Puis leur parla,En grand mytho qu’il était,De l’infamie qui l’avait frappéDe plein fouet. « SouilléeEst mon intégritéPar des benêtsQui ont le toupetDe m’accuserDe duplicité,De cupidité,Et de me dépouiller,De ce que j’ai pu assemblerCes quinze dernières années. Mais telle est la fatalité Et ma croix je porterai.Quant aux traîtres locauxQui veulent ma peau,De quel bois je me chauffe,Je leur montrerai. »Au fil de ses logorrhées,Il omit de mentionnerQu’il était fin prêtÀ déserterSon meilleur allié.La puanteur augmentaEt importunaToute l’assemblée.Certains,...
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