Le président du syndicat des importateurs de produits alimentaires au Liban, Hani Bohsali, a mis en garde hier contre toute restriction imposée par les banques sur les retraits en livres, estimant que de telles mesures risquaient d’avoir des « répercussions dangereuses sur la sécurité alimentaire ». Dans un communiqué, le syndicaliste a déclaré que l’imposition de plafonds sur les retraits en livres risquait de « diminuer de moitié » les importations de vivres de l’étranger, soulignant l’importance de liquidités en monnaie nationale qui constituent « le seul moyen d’assurer des liquidités en devises étrangères pour financer les importations ». En effet, l’unique moyen d’obtenir des dollars actuellement dans le pays, sans qu’ils soient envoyés de l’étranger, est de les acheter chez un agent de change, qui n’accepte que de l’argent liquide, et non les autres moyens de paiement mis en place par les banques.
Hani Bohsali a également souligné que des restrictions sur les livres risquaient d’avoir des conséquences sur les paiements des consommateurs, « 50 % des clients payant leurs achats en espèces aux caisses des supermarchés ». Il a encore relevé l’impact, pour les commerçants comme pour les importateurs, sur les paiements par carte dont les fonds gagnés risquent d’être bloqués en banque. Il a donc appelé à ce que les importateurs puissent retirer l’intégralité des liquidités perçues, sans quoi « la prochaine phase va être caractérisée par une grave pénurie de produits alimentaires ».
Mi-octobre, la Banque du Liban (BDL) avait imposé aux banques libanaises des plafonds sur les retraits qu’elles effectuent à partir de leurs comptes courants au sein de la Banque centrale. Elle était ensuite partiellement revenue sur sa décision en fixant un montant de retrait, mais en autorisant les banques à retirer plus que ce plafond, à partir toutefois de leurs comptes bloqués à la BDL. Face à ces restrictions, certaines banques ont donc abaissé leurs plafonds sur les retraits en livres libanaises par les déposants.


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