L’Arabie saoudite a annoncé hier son intention d’assouplir à partir de mars 2021 les principales restrictions du système Kafala imposé à des millions de travailleurs étrangers, dans le cadre d’un plan visant à réformer sa législation du travail, longtemps critiquée. Les réformes pourraient avoir un impact important pour les travailleurs étrangers qui vivent dans des logements surpeuplés et n’ont aucune possibilité de recours contre des employeurs abusant de leur situation. Les organisations de défense des droits humains ne cessent d’appeler l’Arabie saoudite à abolir le système de Kafala, qui met l’employé étranger à la merci de son employeur et qui est assimilé à une forme d’esclavage moderne.
Selon Sattam Alharbi, ministre adjoint des Ressources humaines, la réforme des visas de sortie et de retour, qui permet aux travailleurs expatriés de voyager, abolira de fait la disposition consistant à déclarer l’employé en fuite, ce qui lui fait risquer la prison ou l’expulsion. « Nous voulons attirer les talents, améliorer les conditions de travail et rendre le marché du travail saoudien plus dynamique et plus productif », a-t-il ajouté. Les nouvelles réglementations ne s’appliqueront pas aux quelque 3,7 millions employés de maison sur 10 millions d’immigrés, a-t-il cependant souligné.
Ces réformes sont loin de démanteler complètement le système de Kafala, les employeurs pouvant toujours annuler le séjour des travailleurs à tout moment, a estimé Rothna Begum, chercheuse à l’ONG Human Rights Watch (HRW).
L’exclusion des employés de maison des réformes est aussi problématique, étant donné que beaucoup d’entre eux sont contraints de travailler de longues heures, souffrent de rétention de salaires, et sont même victimes de sévices physiques et d’abus sexuels, a-t-elle déclaré.


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