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Danse

Yara Boustany, une « Lumière (sauvage) dans le noir »

S’affranchir de la morosité ambiante pour découvrir, l’espace de deux représentations, au théâtre Tournesol, « Noctilūca », le nouveau spectacle de cette jeune danseuse et chorégraphe prometteuse.

Yara Boustany, une « Lumière (sauvage) dans le noir »

Yara Boustany chorégraphe et interprète solo de « Noctilūca ». Photo Racha Baroud

Elle a décidé de braver les appréhensions et limitations de sorties dues à la pandémie du Covid-19 pour présenter sur les planches du théâtre Tournesol, les 5 et 6 novembre (à 19h, couvre-feu oblige) Noctilūca, sa nouvelle création. Un solo de danse, d’une quarantaine de minutes, croisant performance et arts visuels, au travers duquel Yara Boustany explore le noyau sauvage de son être.

« J’avais besoin de remonter sur scène », confie l’interprète et conceptrice de ce spectacle. Une création « entamée, il y a près de deux ans, au cours d’une résidence à Athènes où j’ai travaillé en collaboration avec le compositeur grec Georgios Gargalas. Les représentations qui devaient débuter il y a un peu plus de six mois ont été annulées pour cause de confinement. Le remettre encore à plus tard aurait fini par émousser ma capacité d’interprétation », avoue-t-elle tout simplement.

La jeune artiste tient d’ailleurs à rassurer le public : « Toutes les mesures de précaution et de sécurité liées au Covid-19 ont été prises. Outre les prises de température à l’entrée et l’exigence du port d’un masque sanitaire, le théâtre fonctionnera à 45 % de sa capacité pour assurer la distanciation requise entre les spectateurs. »


L’affiche du spectacle. DR


Animalité perdue…

Noctilūca est une métaphorique tentative de réappropriation des forces primales enfouies en chacun d’entre nous. Cette animalité de l’être humain s’est perdue dans nos sociétés de plus en plus disciplinées et contrôlées. En la réveillant, on passe de l’apprivoisé à l’inconnu, et d’un ressenti émoussé a des étincelles de vie et de dynamisme retrouvés, indique la jeune danseuse et chorégraphe, dont le travail semble habité par une quête entêtante de la vérité profonde de l’être.

Ce questionnement existentiel, elle l’avait traité dans ēvolvō, une précédente performance, présentée il y a deux ans dans la même salle mais aussi à Londres, Paris et Berlin, où elle avait été largement applaudie. Une pièce élaborée comme une traversée poétique et sensorielle d’un monde aux métamorphoses constantes partant de la cellule marine pour aboutir à l’Homo sapiens puis à l’homme actuel.

Cette fois, dans Noctilūca, « qui désigne un animal luminescent que l’on trouve dans les profondeurs marines et qui signifie, également, en latin : lumière dans le noir », précise-t-elle, Yara Boustany évoque à rebrousse-poil ce thème de l’évolution. À travers la célébration d’un retour à une certaine animalité, elle aborde l’éternel dilemme entre corps et esprit. Et son corollaire, « ce sentiment d’aliénation auquel sont confrontés les humains du monde moderne. Car nous sommes tous tiraillés entre désir inné de liberté et formatage des manières, des attitudes, des réactions, inculqué par une société en constante évolution technologique, scientifique et philosophique », observe la jeune femme, qui transcrit ainsi ses idées en mouvements, projections visuelles et sons.

… Et scène libératoire

Diplômée en audiovisuel de l’ALBA, Yara Boustany a suivi des études à l’école de théâtre, de danse et de cirque CAU, à Grenade (Espagne), attirée, dit-elle, « par la liberté des clowns dans l’espace social, par leur dispensation des manières et des conventions sociales ».

Depuis 2015, elle anime des sessions de poésie physique et d’improvisation dansée en studio. Celle qui affirme, non sans ironie, avoir « trouvé dans le théâtre et la danse un moyen d’arrêter de jouer un personnage tout le temps », poursuit sa quête de liberté à travers ses créations. Elle a à son actif trois précédents solos : Astroturf; One Day & One Night–Beirut (créé au Festival international Solotanz, en Allemagne, puis au Solo Dance Festival d’Ankara, en Turquie) et ēvolvō créé pour la première fois dans le cadre de BIPOD en 2018 avec le soutien d’AFAC (Fonds arabe pour les arts et la culture) qui lui réitère son support pour ce présent spectacle.

« Noctilūca » de Yara Boustany au théâtre Tournesol, les 5 et 6 novembre à 19h. Billets en vente sur place. Informations et réservations au 70-937422.

Fiche technique

Chorégraphie, interprétation, costume et visuels Yara Boustany; création son Georgios Gargalas ; création lumière Riccardo Clementi; collaboration artistique Racha Baroud ; support technique Farah Naboulsi.


Elle a décidé de braver les appréhensions et limitations de sorties dues à la pandémie du Covid-19 pour présenter sur les planches du théâtre Tournesol, les 5 et 6 novembre (à 19h, couvre-feu oblige) Noctilūca, sa nouvelle création. Un solo de danse, d’une quarantaine de minutes, croisant performance et arts visuels, au travers duquel Yara Boustany explore le noyau sauvage de son...

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