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Politique - Liban

Une campagne du CPL contre les députés ayant voté en faveur de la loi d’amnistie passe mal

Des tracts anonymes, ressemblant à des extraits de casier judiciaire au nom de députés, ont été distribués notamment dans la région de Jezzine.

Une campagne du CPL contre les députés ayant voté en faveur de la loi d’amnistie passe mal

Des tracts contenant des messages ciblant plusieurs députés qui ont voté en faveur de la loi d’amnistie générale. Photo parvenue à notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak

Le secteur jeunesse du Courant patriotique libre (CPL) a revendiqué dimanche la distribution de tracts anonymes visant plusieurs députés ayant voté en faveur de la nouvelle loi d’amnistie générale adoptée le 12 août par le Parlement. Une campagne qui n'a pas été au goût de tout le monde, un député de la région de Jezzine (Sud) où des tracts ont notamment ayant été distribués, ayant dénoncé l'initiative des aounistes et réclamé une enquête.

Distribués tôt dimanche dans plusieurs villes et villages de la région de Jezzine, les tracts ressemblaient à des extraits de casiers judiciaires attribués à des députés de la région. Selon le CPL, cette initiative a été menée par son secteur jeunesse à travers le Liban « en signe de protestation contre la loi d’amnistie générale et les députés qui l’ont soutenue ». Les tracts portent notamment la mention « avec du sang », présentée par le parti comme « une référence symbolique au sang des martyrs de l'armée ». Par cette campagne, le CPL affirme vouloir demander des comptes sur le plan politique aux parlementaires ayant voté en faveur du texte, rejetant toute tentative de donner une dimension sécuritaire à son initiative. « Nous refusons que cette affaire soit déplacée de son cadre naturel – le débat politique et la reddition de comptes – vers le terrain sécuritaire, et qu’une campagne politique ouvertement assumée soit présentée comme une opération anonyme d’intimidation », a fait savoir la branche du CPL à Jezzine.

Le courant aouniste a précisé que les tracts constituaient « une contestation politique » contre la loi, adoptée après des mois de bataille politique et confessionnelle. Ce texte était particulièrement attendu dans la rue sunnite. Sa version finale, fruit d’un compromis entre plusieurs forces politiques, permet notamment la libération de 86 détenus islamistes. Elle bénéficie également à d’autres catégories de prisonniers, notamment à des auteurs de délits mineurs ou liés à un premier usage de stupéfiants, ainsi qu’aux Libanais ayant fui en Israël après son retrait du Liban-Sud en 2000. La loi a toutefois suscité une vive controverse, en particulier en raison des dispositions permettant à des personnes condamnées dans des affaires impliquant la mort de militaires ou d'agents des forces de sécurité de bénéficier de l’amnistie. L’armée libanaise s’était opposée à toute mesure de ce type, tout comme les familles de militaires tués. Les députés du Hezbollah et du CPL avaient finalement quitté l’hémicycle avant l’adoption du texte, en signe de protestation.

Le député Asmar réclame une enquête

En réaction, député Saïd el-Asmar, issu des Forces libanaises, rivales du CPL, avait annoncé avoir saisi les services de sécurité après avoir été informé de la distribution par des « personnes non identifiées » de tracts similaires à Jounieh.

« Nous avons contacté les services de sécurité compétents et mis à leur disposition les informations et les photographies disponibles, en leur demandant d’ouvrir une enquête afin d’identifier les personnes et la partie à l’origine de cette campagne, et d’en déterminer les objectifs et les motivations », a-t-il posté sur sa page sur Facebook. Le député a estimé que le contenu des documents et leur distribution « organisée et anonyme » dans plusieurs régions soulevaient de « sérieuses interrogations » qui ne pouvaient être ignorées. Tout en affirmant défendre le droit au désaccord politique et à la liberté d’expression, il a rejeté tout passage de la critique politique à « l’intimidation ou aux menaces, directes ou implicites ».

En réponse, le CPL a estimé que les députés étaient libres de contester le contenu des tracts et d’y répondre politiquement, mais que les citoyens et les partis politiques avaient, eux aussi, le droit de critiquer les parlementaires sur leur vote à la Chambre.

Le secteur jeunesse du Courant patriotique libre (CPL) a revendiqué dimanche la distribution de tracts anonymes visant plusieurs députés ayant voté en faveur de la nouvelle loi d’amnistie générale adoptée le 12 août par le Parlement. Une campagne qui n'a pas été au goût de tout le monde, un député de la région de Jezzine (Sud) où des tracts ont notamment ayant été distribués, ayant dénoncé l'initiative des aounistes et réclamé une enquête. Distribués tôt dimanche dans plusieurs villes et villages de la région de Jezzine, les tracts ressemblaient à des extraits de casiers judiciaires attribués à des députés de la région. Selon le CPL, cette initiative a été menée par son secteur jeunesse à travers le Liban « en signe de protestation contre la loi d’amnistie générale et les députés qui...
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