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Nos lecteurs ont la parole

Le lamentable retour du crapaud

À la pleine lune,

Le crapaud se rengorgea.

Contre mauvaise fortune

De bon cœur, il se plia.

Réalisant qu’il ferait la une,

Entouré des autres malfrats,

Il reprit sans aucun regret

Le chemin du palais.

Rêvant de Morphée,

Et feignant d’écouter

Le crapaud tout agité

Lui lister ses priorités,

La hyène vautrée

Sous un peuplier

Aux corneilles bayait.

« Il me pompe ce niais »

Pensait-elle,

Assommée qu’elle était,

Après un repas

Bien arrosé.

Caché derrière un buisson,

Le putois écoutait

Avec intérêt

Les tirades du jeune premier.

Se grattant le croupion,

Il ricanait,

Et exultait

À l’idée

Que lui et ses alliés

Avaient à nouveau gagné,

Puisqu’ils reprendraient

Leurs fructueuses activités.

Il prévint tous ses amis

Qui, à l’écoute de ce qu’il leur dit,

Furent pris d’hystérie.

De joie, ils lancèrent des cris

Puis entamèrent

Tout guillerets,

Une rumba des plus enjouées.

La vipère se tortillait,

Le renard se déhanchait,

Le rat se trémoussait

Et le putois lâchait des pets,

Tout excités

Des opportunités

Qui, à nouveau, s’offraient.

Comme si de rien n’était,

Le jeu des chaises musicales reprit.

Chacun y trouva son parti,

« Ôte-toi d’ici

Pour que j’y colle mon fessier. »

De mémoire d’éléphant

La jungle n’avait connu

Un ramdam aussi bruyant,

Causant le désagrément

Des autres habitants,

Qui manifestèrent

Leur colère,

En dénonçant

Le peu de respect

Qu’on leur accordait.

Dans une clairière

Ils se rassemblèrent,

Et clamèrent en chœur

« Bonnet blanc et blanc bonnet,

De nos têtes vous vous êtes bien payés. »

Ils s’époumonèrent,

Se révoltèrent,

Puis exigèrent

Le départ de cette ménagerie,

Qui d’escroquerie

En tromperie,

Avait tout englouti.

Entouré de ses conseillers,

La hyène peu impressionnée

Par ce tohu-bohu

Grommela tout acérée,

« Après avoir tant croassé,

Le crapaud a baissé le caquet.

Quant aux autres,

Laissez-les braire,

C’est ce qu’ils savent faire.

Je suis la seule habilitée

À décider

De leur destinée. »

Refusant le fait accompli,

L’idéaliste zèbre

En mal-être,

Monta au créneau,

Et trouva un écho

Chez l’ambitieux corbeau

Qui lui dit :

« L’ennemi de mon ennemi

Est mon ami.

Unifions donc nos rangs

Dans ce cas précis. »

Le bigarré acquiesça.

Mais ce fut

Peine perdue,

Car la montagne accoucha

D’une souris.

Être les dindons de la farce nous est donc assigné ?

Sommes-nous alors condamnés

À les subir à perpétuité ?

C’est à nous seuls d’en décider.

En politique, il n’y a point de fatalité.

Le combat, ma foi, ne fait que commencer.

Refusons de nous plier à leur volonté.

Ils parient sur notre abattement,

Prouvons leur l’opposé,

Pour ne pas nous retrouver

Gros-Jean comme devant.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

À la pleine lune,Le crapaud se rengorgea.Contre mauvaise fortuneDe bon cœur, il se plia.Réalisant qu’il ferait la une,Entouré des autres malfrats,Il reprit sans aucun regretLe chemin du palais.Rêvant de Morphée,Et feignant d’écouterLe crapaud tout agitéLui lister ses priorités, La hyène vautrée Sous un peuplierAux corneilles bayait. « Il me pompe ce niais » Pensait-elle,Assommée qu’elle était,Après un repasBien arrosé. Caché derrière un buisson,Le putois écoutaitAvec intérêtLes tirades du jeune premier.Se grattant le croupion,Il ricanait,Et exultaitÀ l’idéeQue lui et ses alliésAvaient à nouveau gagné,Puisqu’ils reprendraientLeurs fructueuses activités. Il prévint tous ses amisQui, à l’écoute de ce qu’il leur dit,Furent pris d’hystérie.De joie, ils lancèrent des cris Puis...
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